RVA : écarter le comité Assice pour s’emparer de la cagnotte de 150 millions USD, don de la BAD

Depuis jeudi 12 août 2010, la Régie des voies Aériennes (RVA) est en proie à une crise qui continue de paralyser la bonne marche de l’entreprise. Les tireurs des ficelles se recrutent aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la RVA. Tous ne jurent que par le départ du comité Jean Assice en ayant pour objectif de s’emparer de la cagnotte de 150 millions de dollars américains, don de la Banque Africaine de Développement (BAD) destiné au financement de son vaste chantier de modernisation des équipements et des installations aéroportuaires congolais. 

Des revendications aux contours politiques 

            Le mot d’ordre de grève a été lancé à l’issue de la réunion dite de restitution organisée par la délégation syndicale nationale de la RVA, suite, selon elle, au constat de refus du comité de gestion de répondre favorablement aux revendications du personnel. Celles-ci portaient essentiellement sur les frais préscolaires, ainsi que sur l’application du deuxième palier du Smig. Sur les 500.000 Usd exigés à cette fin, la régie disponibilisait déjà 250.000 Usd, mais les syndicalistes, refusaient de toucher un quelconque acompte.  

            Samedi 14 août 2010, l’Adg Jean Assice s’était rendu à Tunis, capitale de la République de Tunisie, où il devait assister à la signature par le gouvernement congolais le lundi 16 et mardi 17 août 2010, pour le compte de la RVA, de la « Note du don » ainsi que de la « Lettre de décaissement des fonds » de l’ordre de 160 millions Usd, dont 150 millions Usd de la Banque Africaine de  Développement et 10 millions Usd de la Banque mondiale. La délégation congolaise était conduite par le ministre des Finances, Matata Ponyo Napon.

            La nouvelle de la signature de la « Note du don » avait réveillé les vautours et les requins. Les syndicalistes étaient chauffés à blanc  et leur grille de revendication revue et corrigée. Des frais préscolaires et l’application du 2ème pallier du Smig, les représentants des travailleurs passent à une nouvelle revendication. Ils exigent la résiliation pure et simple du contrat liant le gouvernement congolais à ADPI-KPMG, ainsi que le départ immédiat de l’Adg Jean Assice. Raison avancée : l’échec des objectifs assignés à ce contrat d’assistance technique. Selon le président de la délégation syndicale nationale, Martin Nsungi, « sur tous les plans (technique, financier, administratifs et même l’aspect humanitaire), le contrat n’a pas donné des résultats attendus ». Un mémo sera ainsi vite ficelé et déposé à la primature.

            La surfacturation des travaux de construction du pavillon présidentiel supplante, contre toute attente, toutes les revendications de la délégation syndicale. La presse est mobilisée, le Comité de gestion traîné dans la boue et l’opinion publique soumise à la manipulation.  

La surfacturation des travaux de construction du pavillon présidentiel : manque d’information ou intention  délibérée de nuire ! 

            Répondant à une question d’un confrère de la RTNC 2,  au cours d’un point de presse qu’il a tenu samedi, 21 août 2010, au salon Lubumbashi du Grand Hôtel Kinshasa, à son retour de Tunis, l’Adg Jean Assice a fait observer que ses détracteurs, dont le président de la délégation syndicale, n’avaient pas la vraie information sur le coût global des travaux de construction du pavillon présidentiel. Les 11 millions Usd ne concernent que le bâtiment. Or il y a eu plus de 14 contrats effectués : la Snel, la Regideso, l’Office de routes et l’OVD (pour la canalisation et évacuation de l’eau). D’autres entreprises se sont occupées du tarmac, du jardin, de la décoration intérieure, des mobiliers, la coupole, le système de sécurité…sans oublier les compagnies aériennes pour le transport de 120.000 tonnes d’acier en provenance de l’Afrique du Sud.

            Un ouvrage présidentiel, convient-il de retenir ne se construit pas comme un simple immeuble.  Les syndicalistes auraient mieux fait de s’adresser aux personnes autorisées pour connaître les dobnnées objectives sur les matériels sensibles utlisés et les coûts qui n’appellent aucune contestation. 

Agitation autour de la cagnotte de la BAD 

            Expliquant le bien-fondé de cette cagnotte de la BAD, Jean Assice a rappelé à la presse que l’espace aérien congolais était considéré jusqu’il y a peu, dans les annales de l’OACI (Organisation de l’Aviation Civile Internationale) et de l’IATA (Association Internationale des Transports Aériens), comme une « zone rouge», entendez un couloir à hauts risques pour les aéronefs. Cela tenait à la vétusté d’instruments d’aide à la navigation aérienne, à l’état désastreux des installations aéroportuaires, à la faiblesse du dispositif anti-incendie, ainsi qu’à l’expertise limitée du personnel technique. Plus d’une fois, des menaces d’embargo étaient brandies à l’endroit de notre pays, notamment par la suppression des escales des compagnies aériennes étrangères. Il a fallu ainsi faire une course contre la montre, en vue de remettre la RDC au diapason des standards internationaux. La signature de la « Note du don » ainsi que de la « Lettre de décaissement des fonds » de la Banque Africaine de  Développement est un pari gagné par son comité de gestion et par la RDC. 

             Bien plus, outre ce don de 150 millions Usd, la RVA a arraché une bagatelle de 10 millions Usd de la Banque mondiale. Elle vient également d’obtenir la main levée sur ses 2 millions Usd bloqués plusieurs mois en Afrique du Sud à cause du dossier des fonds vautours qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Elle va bénéficier dans les prochains jours d’un prêt de 75 millions Usd de la DBSA, une banque sud-africaine, pour la modernisation de l’aéroport international de N’Djili. 45 millions Usd seront affectés à la piste et le reste à la modernisation de l’aérogare. 

Michel  LUKA

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