Revue annuelle conjointe entre le Gouvernement et les agences du système des Nations Unies : le cercle vicieux

Le ministre de la Coopération internationale et régionale, Raymond Tshibanda, a ouvert hier, dans la salle de conférence internationale du ministère des Affaires étrangères, les travaux de la revue annuelle conjointe du plan d’action 2011 des programmes de coopération entre le gouvernement de la Rd Congo et quatre agences du système des Nations Unies, à savoir le PNUD, le FNUAP, l’UNICEF et le PAM.

Dans son mot d’ouverture de ces travaux, le ministre de la Coopération internationale et régionale est pratiquement revenu sur les mêmes problèmes soulevés lors de la revue annuelle de l’année passée. Il se dégage alors un constat de cercle vicieux dans les différentes rencontres de revue annuelle conjointe entre le gouvernement et les quatre agences des Nations Unies. Tout a commencé avec cette déclaration de Raymond Tshibanda : « C’est le lieu pour moi de rappeler certaines recommandations du gouvernement que la partie nationale a déjà eu à émettre à l’occasion des concertations précédentes ».

L’une d’elles concerne, a dit le ministre, « le suivi rapproché que doivent réaliser les différents comités de coordination pour amener les bénéficiaires des ressources financières des programmes à s’acquitter effectivement de leur obligation de résultat et de celle de rendre compte des fonds reçus, dans les délais impartis et avec les justificatifs requis. » Auparavant, il a relevé le fait qu’ « à bien des endroits, les comités de coordination et de suivi ont pu récupérer des fonds non justifiés et les ont reversés au crédit des agences concernées. Notre vœu cependant est que tous les gestionnaires prennent le parti de s’astreindre aux règles de bonne gestion et que nous n’ayons donc plus jamais à saisir le ministère de la Justice des dossiers des gestionnaires indélicats, faute d’indélicatesses ». Ce problème soulevé lors de la revue de l’année dernière est revenu à celle de cette année.

Le ministre de la Coopération internationale et régionale est revenu aussi sur le recrutement des cadres étrangers au détriment des Congolais. « La dernière recommandation concerne la propension à recourir à l’expertise étrangère, africaine ou d’ailleurs, sans que cela ne se justifie par l’absence ou l’insuffisance des capacités nationales. Ces pratiques d’appel systématique aux cadres extérieurs, en lieu et place des cadres congolais à expertise avérée, contrecarrent notre volonté commune de matérialiser certains principes fondamentaux de la Déclaration de Paris, comme celui de l’appropriation. Aussi le gouvernement avait-il fait, en 2010, une recommandation importante, à savoir, l’élaboration conjointe d’un Plan de transfert des compétences assorti d’un calendrier précis de montée en puissance de l’expertise nationale ».

Comme l’année dernière, le ministre a eu aussi à soulever les lenteurs des décaissements au niveau des agences. Il a réitéré le souhait du gouvernement de voir ses partenaires trouver une solution au problème des procédures, de manière à concilier l’exigence de la bonne gestion et l’obligation de célérité. « Ceci implique inévitablement, pour les agences, la nécessité d’assouplir leurs mécanismes de décaissement et, pour les structures congolaises bénéficiaires des fonds extérieurs, le devoir de rendre compte des activités réalisées et de présenter, dans les délais requis, des justificatifs conformes aux règles et procédures », a dit le ministre.
L’allocution du coordonnateur résident du système des Nations Unies a été lue par le représentant du FNUAP, Richard Dackam-Ngotchou. Il a rappelé que cet atelier marquait la troisième édition d’une expérience initiée depuis 2009 par le ministère de la Coopération en collaboration avec les quatre agences. Il a signalé que cette initiative de revue annuelle visait à faire le point des progrès réalisés, tirer leçon de l’année écoulée et mieux élaborer les plans de travail annuels pour l’année 2012.

Quelques recommandations ont été formulées à l’issue de ces travaux comme celles consistant à compléter, mettre à jour et vitaliser la cartographie des interventions, d’évaluer la contrepartie nationale dans le budget du programme, à mettre en place un cadre unique de coordination des interventions, de renforcer le plaidoyer pour la mobilisation des ressources pour le deuxième recensement de la population congolaise.
Une conférence de presse animée par le secrétaire général du ministère de la coopération internationale et les représentants de quatre agences de l’ONU, a eu lieu à l’issue des travaux. Aucune réponse significative n’a été donnée à la question relative au constat selon lequel le gouvernement et ses quatre partenaires tournaient autour du pot dans la mesure où bien des problèmes soulevés l’année dernière étaient revenus cette année. Ngoy du FNUAP a seulement recommandé à la presse d’avoir une lecture positive du bilan présenté par le ministre.

En attendant que le gouvernement et ses partenaires sortent de leur cercle vicieux, le ministre a bien résumé la situation en déclarant que « il ressort de ces exercices d’évaluation/programmation que, dans l’ensemble, des résultats majeurs ont été obtenus. L’impact sur le terrain demeure cependant en-deçà des attentes… ». Or, seuls les résultats sur terrain comptent actuellement pour les Congolais.
Rappelons que cette revue annuelle porte sur la mise en œuvre des Programmes-Pays qui avaient été approuvés par les Conseils d’administration desdites agences en janvier 2008 à New York pour une période de cinq ans, soit de 2008 à 2012, et dont les plans d’actions avaient été signés à Kinshasa le 3 avril 2008 par le gouvernement congolais et les quatre agences de l’ONU.

Jean- René Bompolonga

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