Révision constitutionnelle : Mende accuse Russel Feingold d’instrumentaliser les polémiques

mendeLe ministre des Médias et porte-parole du gouvernement a fait, le vendredi 8 août dernier, la restitution du sommet de Washington qui a réuni le président américain Barack Obama avec plusieurs chefs d’Etat africains. C’était au cours d’un point de presse organisé à ce sujet au studio de la Rtnc 2.

         D’abord, Lambert Mende Omalanga a tenu à lever l’équivoque en ce qui concerne l’objet dudit Sommet. « Les interprétations les plus diverses ont été entendues sur l’objet de cette conférence, sur son déroulement et su ses conclusions. A en croire certains, les cinquante leaders africains sont allés rencontrer le président Obama pour parler des inquiétudes des opposants au régime du président Kabila quant à la perspective de modifier la constitution du 18 février 2006 et de voir l’élu de 2006 et 2011 se représenter à l’élection présidentielle de 2016.

            Les propos de Russel Feingold, Envoyé spécial du gouvernement américain  dans la région des Grands Lacs dans ce sens ont alimenté les polémiques à ce sujet. C’est le lieu pour le gouvernement de clarifier les choses à cet égard », a déclaré le ministre porte-parole.

            Pour lui, le sommet se voulait une rencontre essentiellement économique. Les Etats-Unis s’étant rendu compte qu’ils étaient en recul en matière d’investissement en Afrique, par rapport aux Chinois et aux Européens, ont organisé ce sommet dans le but d’obtenir le maximum d’informations sur le continent qui présente beaucoup d’opportunités en vue de recadrer les tirs. Il n’y avait rien de politique, même si en marge de la réunion, des organisations non gouvernementales avaient également tenu des forums où la tribune était offerte aux acteurs politiques africains, représentants de la majorité et de l’opposition de chaque pays invité.

            Tout cela pour leur permettre d’avoir des informations plus ou moins objectives sur chaque Etat, de manière à mieux préparer l’éventuel retour des Etats-Unis en Afrique.

            Pour Lambert Mende, prétendre que le sommet USA-Afrique était axé sur les affaires de politique intérieure de la RDC relève de la mauvaise foi. « Monsieur Russel Feingold l’Envoyé spécial des Etats-Unis pour les Grands lacs, est de ceux-là. Pour la deuxième fois, il outrepasse son mandat de suivi de la mise en œuvre de l’Accord cadre régional signé à Addis-Abeba entre 11 pays membres de la CIRGL pour le rétablissement de la paix dans la région de Grands lacs et met le feu aux poudres dans notre pays avec ses plaidoyers en faveur des schémas institutionnels extralégaux, voire illégaux ».

            Avant d’indiquer que R. Feingold est un envoyé du gouvernement américain dans les Grands lacs. « Il n’est ni gouverneur général, ni proconsul et encore moins membre d’une institution politique de la RDC. Ses interférences intempestives dans les questions de politique intérieure relèvent d’une véritable usurpation de qualité que le gouvernement condamne ».

            Poursuivant ses critiques, le porte-parole du gouvernement congolais a dit que Russel Feingold est sur les traces de l’ancien ministre belge des Affaires étrangères Karel De Gucht, pour instrumentaliser les polémiques en vue de se donner, selon ses propres termes, plus d’épaisseur et de visibilité dans son pays.

    Conclusion de l’orateur : « …il faut résister à la tentation d’importer des schémas institutionnels prêt-à-porter dans un pays et toujours prendre en compte la corrélation qui existe entre un système politique et son environnement socioculturel. La méconnaissance de cette corrélation a déjà fait de nombreuses victimes en Afrique. La Libye, la Somalie et plus récemment le Sud-Soudan en sont quelques exemples ».

            Comme d’habitude, quelques préoccupations de l’actualité nationale ont été adressées au porte-parole du gouvernement. Dans la foulée, on peut citer la réaction du gouvernement à l’appel au dialogue lancé par l’opposition lors de son meeting du 4 août à Ndjili. Où en est-on avec l’enquête sur les évènements du camp Tshatshi ? Pourquoi Joseph Kabila tarde-t-il à se prononcer sur la présidentielle de 2016 ? Doutes du bureau de coordination des Nations unies pour les droits de l’homme concernant le verdict de la justice innocentant le général Amisi ; etc.

            C’est une bonne chose, une initiative louable que le gouvernement a accueilli positivement et pourra y réserver une suite favorable, a répondu le ministre pour l’appel au dialogue de l’opposition.

            Quant à l’attitude réservée de Joseph Kabila, il a dit que ce n’est pas encore le moment. Il se prononcera au moment opportun, surtout que la Ceni n’a pas encore annoncé l’élection présidentielle.

            Pour ce qui est de l’enquête sur les évènements du camp Tshatshi, il a fait savoir qu’elle se poursuit encore. Toutefois, a-t-il lâché, les premiers éléments indiquent qu’il s’agirait des éléments ex-FAZ venus du Congo- Brazzaville.                    Dom

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