Révision constitutionnelle : fléau ou épidémie ?

Le Président des Etats- Unis d’Amérique, par pitié pour son Continent d’origine, invite à la Maison Blanche, les Chefs d’Etat Africains, non pas pour les sermonner, ni les blâmer, mais plutôt pour les reconscientiser et les responsabiliser en rapport avec l’accomplissement des fonctions qu’ils exercent en tant que gérants des affaires de leurs peuples, gestion considérée aujourd’hui, dans certains cas, comme calamiteuse.

            L’opinion se demande si les dirigeants africains que le locataire de la Maison Blanche se prépare à accueillir, selon lui, pour partager les points de vue sur un service exclusivement consacré à la recherche du bien-être de leurs peuples qui leur incombe, auront abandonné la phobie fantasmagorique qui  semble gagner de jour en jour ceux d’entre eux acquis par l’incontournable envie de demeurer à l’abri de toute vicissitude lorsqu’ils pensent à l’après leur pouvoir absolu, pour écouter attentivement le message que va leur transmettre leur hôte, digne fils de leur Continent.

Quant à apprécier le contenu du message précité dont l’essentiel est connu, rien n’est moins sûr lorsqu’on entend de partout, en guise de justification de leur démarche, certains dirigeants africains avancer des arguments qui ne tiennent pas  la route, tels que « dans tel pays d’Europe (l’Allemagne est souvent citée) le Premier Ministre a été reconduit pour un troisième mandat » ; tel autre (on cite le Luxembourg) « le Premier Ministre est resté à son poste plus de 10 ans ».

La nuance de cette comparaison est de très grande taille.

En effet, dans les cas cités plus haut, ceux qui croient convaincre par ces

exemples asymétriques s’abstiennent de faire ressortir que les personnes auxquelles ils font référence ont été, en parfaite connaissance de cause, reconduites par leurs peuples, non pas au pouvoir mais plutôt au service de leurs pays.

Est-ce que parmi ceux qui revendiquent maladroitement le prolongement de leur séjour dans des forteresses dorées, il en existe qui peuvent se targuer de ce gabarit ? Il en existe certainement, mais ceux-ci demeurent encore sur un banc d’essai!

 

 

REFERENDUM POPULAIRE

 

De quoi faire rire et même faire frémir les naïfs.

L’oeuvre de félin, sans doute.

Après avoir accaparé, ce qui est souvent le cas, tous les rouages ainsi que toutes les structures du système électoral de la manière que l’on sait, et forts de l’instrumentalisation de l’électorat, réussie par le biais des agents commis à l’exécution de ce « sale boulot» qui se recrutent sur le marché du dénuement, on affirme que le peuple ou, en d’autres termes, le dindon de leur farce, les insatiables doublés de la qualité la plus répugnante qui soit, à savoir  l’égoïsme viscéral, croient, apparemment, dur comme fer, voir leur «faire-valoir» dégager le boulevard qui les conduira, au mieux, contre la multitude.

 

Le prétexte fallacieux de vouloir parachever ce qui avait été commencé – sans préciser malheureusement pourquoi si tardivement – élude le principe de la continuité de l’Etat, sous la direction d’un citoyen qui qu’il soit.

Ne dit-on pas : «Les irremplaçables sont pleins au cimetière»?

Barack OBAMA ne cherche pas seulement à laisser une marque  de son passage au premier rang de la gestion du Monde, mais sa démarche doit être perçue, à juste titre, comme un partage de ce qu’il est devenu, à l’appui de son  épouse qui, s’adressant à 500 jeunes entrepreneurs africains, leur dit : « le sang africain, comme vous, coule dans mes veines ».

Le Pasteur noir Américain, Martin Luther KING, au cours d’un discours pathétique contre la ségrégation raciale dans son pays avait lancé aux pratiquants de cette odieuse théorie : «Apprenons tous à vivre ensemble comme des frères, sinon, nous mourrons tous ensemble comme des idiots ».

Serait-il contraire à la vérité d’affirmer que le message du Célèbre Pasteur, combattant, jusqu’au prix de sa vie, de la liberté et pour la parfaite entente entre les races, a eu son couronnement avec l’accession de OBAMA à la magistrature suprême du plus puissant Etat du Monde? Nier cette réalité serait s’ériger en iconoclaste.

Vivre ensemble comme des frères a déjà amorcé son règne aux Etats-Unis d’Amérique. Chez nous en Afrique, nous devons donner des signes d’un vivre ensemble comme des frères, d’abord à l’intérieur de nos Etats et, ensuite au sein de notre Union Africaine balbutiante.

 

L’Amérique a eu son Martin Luther King et son Obama.

 

Nous, l’Afrique, avons eu notre Mandela, notre Monsieur Propre, et ensuite…qui ?

 

Si nous voulons traiter avec les autres sur un pied d’égalité, nous devons, au préalable, nous élever ou donner des signes d’élévation à leur hauteur, dans les domaines de nos relations. A défaut, nous ne pouvons que nous contenter de simples civilités.

 

Kinshasa, le 02 août 2014

 

Honoré KabengeleMuzemba

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