Révision constitutionnelle : c’est le rejet catégorique

 

Après le complexe commercial GB le vendredi 7 janvier, l’Opposition politique congolaise (institutionnelle et extra institutionnelle) s’est vue encore une fois interdite de parole hier dimanche 9 janvier au GHK (Grand Hôtel Kinshasa). En effet, après le report de vendredi 7 janvier 2011 dû au quadrillage de tout le périmètre GB par les forces de l’ordre qui y étaient déployés en grand nombre, l’opposition politique s’était donné rendez-vous où elle devait tenir une conférence de presse. Hélas, tous les frais de location de la salle et cocktail payés selon les affirmations de ses membres, l’opposition n’a pas compris que l’accès à la salle lui soit interdit !

D’abord le premier mauvais signal est cette coupure d’électricité dans tout le complexe hôtelier. Ce qui présageait déjà, pour les observateurs avertis, ce qui allait suivre. Puis, l’accès à la salle où devait se déroulait le face-à-face avec la presse devenait problématique.

 

Véritable démonstration de force

C’était l’occasion pour l’opposition politique au régime de Joseph Kabila Kabange de démontrer sa popularité, même si l’événement du jour s’appelait conférence de presse et non le meeting populaire.

Du parking jusqu’à l’entrée du côté de casino, toute la surface était bondée de mondes. Si ce n’est pas, du moins la quasi-totalité des partis politiques qui se réclament de l’opposition étaient présents au GHK pour soutenir leurs leaders.

Idem pour les personnalités. En dehors des chefs des partis et présidents des groupes parlementaires de l’opposition, la plupart des députés de l’opposition étaient sur le lieu.

Dans la foulée, on a remarqué la présence de l’UDPS d’Etienne Tshisekedi, MLC de Jean-Pierre Bemba (représenté par le SG François Muamba), UNC de Vital Kamerhe, RCD avec Hubert Efole et consorts, RCD/N de Roger Lumbala, MPCR de Jean Claude Vuemba, ECIDE de Martin Fayulu, etc.

Du côté des groupes parlementaires de l’opposition, tous les trois étaient présents. A savoir : le Mouvement de libération du Congo avec son président Thomas Luhaka, l’Ordre des démocrates républicains avec son président Roger Lumbala et les Chrétiens démocrates dont le président Gilbert Kiakwama était représenté par l’honorable Lumeya.

L’ambiance était totale ! Des slogans et autres chants en signe de soutien et encouragement à leurs leaders étaient scandés par les combattants qui hissaient les drapelets de leurs partis respectifs.

A l’issue de cette rencontre, Etienne Tshisekedi a prévenu : «Si le pouvoir s’entête dans sa démarche de la révision constitutionnelle et de la Loi électorale, nous allons prendre nos responsabilités». Le message est sans équivoque et laisse présager une lutte au couteau pour la préservation des principes de transparence de l’ensemble du processus électoral et surtout, de l’égalité des chances de tous les candidats.

Visiblement, l’opposition affiche sa détermination à faire bloc pour ne pas se laisser dribbler. Elle est décidée à contrer tous les « tirs » de la majorité qui déclarait jusqu’il y a peu «qu’il n’y a pas match, la victoire étant assurée dès le premier tour ». Ou encore : «qu’elle jouait contre une équipe qui n’a pas de gardien» !

Ce sont ces cris de victoire avant le match que l’opposition est occupée depuis quelques semaines à démentir avec panache.

 

Obstacle bravé, passage en force réussi !

 

Apparemment, l’interdiction d’accès au cadre où se déroulait l’événement n’a rien changé à la détermination des membres de l’opposition qui ont réussi à faire passer leur message, danbs des conditions difficiles.

Tous les autres leaders et chefs ou représentants des partis étaient là, à l’heure convenue. Comme le veut la tradition africaine, il fallait le sphinx en sa qualité de doyen pour que la déclaration soit faite. Car, c’est lui qui devait la lire, selon le programme établi.

Pendant qu’on l’attendait, à la surprise de tout le monde sauf de ses compères peut-être, l’homme était déjà à l’intérieur du GHK.

Les cameramen et photographes ont dû se faufiler entre les combattants pour avoir l’image d’Etienne Tshisekedi en compagnie de ses collègues membres de l’opposition.

La bataille était rude, mais grâce au professionnalisme, ils sont parvienus à obtenir les vues des leaders de l’opposition qui ne cachent pas leur détermination à prendre le pouvoir par la voie démocratique.

C’est dans ces conditions que la déclaration commune de l’opposition sera lue devant la presse tant nationale qu’internationale.

Comme prévu, c’est le lider maximo qui l’a lue, entouré de ses collègues de tous les courants de l’opposition.

Elle est une réaction à la proposition de la Majorité présidentielle de changer le mode de scrutin de l’élection présidentielle en le ramenant à un tour.

Dominique Mukenza

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