Retrouvailles des ressortissants du diocèse de Matadi : Mgr Nlandu : « Notre diocèse se meurt ! N’attendez pas le miracle de l’extérieur ! Faites tout pour le sauver ! »

L’état impeccable de la Nationale n°1 entre Kinshasa et Matadi, et les beaux paysages des manguiers, des safoutiers et des  avocatiers et des brousses verdâtres, tout le long de son parcours, propres à inspirer bien des peintres et des poètes, cachent malheureusement le délabrement avancé qui affecte la plupart des infrastructures routières et sociales de nombreux villages du Bas-Congo. Ce constat amer est de Mgr Daniel Nlandu Mayi, évêque du Diocèse de Matadi, fait avec la grande franchise qu’on lui reconnaît. Dans son homélie prononcée le dimanche 30 mars 2014, au cours de la messe dite des retrouvailles, à l’église saint Raphaël de Limete, il s’est dit attristé par la décrépitude des routes, des écoles et des hôpitaux qui ne sont plus l’ombre d’eux-mêmes, avant d’exhorter les ressortissants du Diocèse de Matadi habitant Kinshasa, à se consacrer au développement de la province du Bas-Congo qui avait accueilli les premiers missionnaires.  

 Pour ce prince de l’église, tous les ressortissants du diocèse de Matadi doivent se rassembler pour leur implication dans la dynamique du renouveau, tel que recommandé par le synode diocésain tenu du 22 au 25 mai 2013, à Matadi. A ceux qui s’attendent au miracle, Mgr Daniel Nlandu leur a rassuré qu’aucune aide ne viendra de l’extérieur, si les chrétiens ne décident pas eux-mêmes de reconstruire les infrastructures de leur province. Partout, ce sont des ruines. C’est donc le moment d’unir nos efforts pour réfectionner les hôpitaux, les écoles et les routes, a-t-il conclu sur le plan de l’appel au développement du Bas-Congo.

Il a alors évoqué le choix du roi David, soutenant que dans ses choix, Dieu ne regarde pas les apparences, mais les cœurs. Voilà pourquoi nous devons nous conformer à sa volonté, au lieu de nous plier aux besoins et aux exigences de l’humanité. Dans la seconde lecture, Mgr Nlandu Mayi a mis un accent particulier sur l’épître de Saint Paul aux Ephésiens, sur la guérison d’un aveugle-né et dont la foi a pu arracher à Jésus-Christ, sa guérison, avant de nous inviter à reconnaître nos infirmités et d’aller vers le Seigneur.

Réagissant à ce message, le Vice-premier ministre et ministre du Budget, s’est réjoui de l’union des cœurs et des pensées qui sera bâtie autour du renouveau que Mgr Daniel Nlandu entend insuffler à l’issue du synode diocésain de Matadi. Le diocèse de Matadi étant plus étendu que la Belgique, Daniel Mukoko Samba regrette que les grands établissements scolaires qui ont fait la fierté de la province et produit l’élite de ce pays, soient en état de délabrement. Il a cité Mbanza-Mboma, Tumba, Kisantu, Mbanza-Ngungu, Kolo, et autres. Pour sa part, il a promis de faire ce qui est à son pouvoir pour que cet appel à la reconstruction de la province, puisse trouver un écho favorable.

Le président du comité d’organisation de cette messe, a pour sa part, remercié Mgr Nlandu d’avoir accepté de présider cette célébration eucharistique de retrouvailles, loin de son diocèse, à Kinshasa, pour susciter l’élan des chrétiens catholiques, ressortissants du diocèse de Matadi, à rebâtir le Bas-Congo qui dépérit à vue d’œil. Dieudonné Bifumanu Nsompi a émis le vœu de voir les résolutions prises lors du synode diocésain, mises en œuvre par le lancement de plusieurs projets. Il faut joindre l’acte à la parole, a-t-il plaidé, parce que c’est à partir des actions qui seront menées que l’on pourra léguer aux enfants de nos enfants, une province développée où la lutte contre la pauvreté deviendra une réalité.

Signalons que le gouverneur du Bas-Congo, Jacques Mbadu et le vice-gouverneur de cette province, ainsi que des notabilités dont des politiques, des membres du gouvernement, des députés et sénateurs et des opérateurs économiques, avaient assisté à cette célébration eucharistique dite des retrouvailles qui a permis la collecte de premiers fonds.

J.R.T.          

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