Retombées des Concertations nationales : la CVD accuse Kabila de vouloir prolonger son mandat

ad9aa8c80b928a6ba9f3de819fd25489Le discours du président de la République, Joseph Kabila, devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès, continue de provoquer des réactions diverses dans la classe  politique congolaise,  selon que l’on est dans un camp ou dans un autre. Dans le camp des anti-Concertations nationales , la « Coalition pour le Vrai Dialogue» (CVD), avec l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) en tête, parle d’un flou artistique, savamment entretenu. Cela est fait, selon cette plateforme, dans le but de conduire tout le monde à la révision de la Constitution et à la prolongation de tous les mandats de 2011, à l’instar de ceux des Assemblées provinciales et du Sénat élu en 2006 -2007 ou encore de contourner astucieusement  l’article 220 de la Constitution, en instaurant une transition politique qui va remettre le compteur à zéro et arriver en 2020 sans organiser les élections .

 Au cours d’un point de presse animé samedi 27 octobre dans la salle des conférences de la paroisse Notre Dame de Fatima, le Coordonateur de la Coalition pour le Vrai Dialogue et Secrétaire national de l’UNC, Jean Bertrand Ewanga, a affirmé que le mandat de Joseph Kabila se termine le 19 décembre 2016 et que l’élection pour sa succession  devrait être organisée 90 jours avant cette échéance, conformément à la Constitution.

Il a invité le peuple congolais à y veiller de manière particulière et, le cas échéant, à faire application de l’article 64 de la Constitution. Ewanga a réitéré la position de sa famille politique en matière électorale, laquelle consiste à poursuivre le cycle commencé en 2011 par l’organisation et la tenue des élections provinciales et sénatoriale sainsi que celle des gouverneurs des provinces dans le courant de 2014, avant de finir par les autres élections.

Au lieu du scrutin indirect comme le suggère le président Kabila, le coordonateur de CVD se prononce, par rapport à la réforme de la loi électorale, pour le scrutin au suffrage universel direct tant pour les députés provinciaux, les sénateurs que pour les gouverneurs des provinces.

Cela, poursuit-il, c’est pour donner à tous les élus une base de légitimité suffisante et éviter que des personnes viennent siéger dans les institutions à la faveur de l’argent, après avoir obtenu une seule voix ou après avoir acheté, à coups de billets des dollars, un nombre calculé des voix.

La CVD est pour le maintien de la proportionnelle qui garantit la représentation d’un plus grand nombre et s’est engagée à œuvrer, avec les autres forces politiques et sociales, pour qu’il en soit ainsi.

Parlant du gouvernement de cohésion nationale annoncé par le Chef de l’Etat, Ewanga  a fait savoir clairement que la Coalition pour le Vrai Dialogue (CVD) ne sera pas partie prenante et continuera à évoluer dans l’opposition. On croit savoir que l’UNC a tenu à lever toute équivoque au sujet de son refus de participer au gouvernement, de manière à prévenir tout débauchage de ses membres. C’est aussi là un avertissement pour ceux-ci.

                  ERIC WEMBA

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