Relance de la production caféière : le miracle est toujours possible

Les guerres répétitives, les maladies, les taxes exorbitantes et la chute des cours mondiaux sont à la base de la chute des prix du café dans les provinces de l’Est de la RDC. Tel est le constat fait par le forum tenu depuis le lundi dernier à Goma par les ministres provinciaux de l’Agriculture et Développement Rural, des experts de l’Office National du Café et ceux de l’Ong internationale Eastern Congo Initiative et Elan.

Au sujet de ces guerres répétitives, les participants à ce forum ont constaté que la plupart des plantations du Café dans cette partie du territoire congolais avaient non seulement été ravagées mais en plus elles ont perdu l’appui des populations locales surtout des ouvriers ayant acquis une forte expérience dans ce domaine. Suite aux déplacements massifs leur imposés par les seigneurs de guerre et leurs complices locaux.

En clair le café congolais a perdu 80 % de son prix sur les marchés mondiaux, ce qui décourage des futurs investisseurs alors que des habitants des villages et des localités de cette partie ont toujours retiré l’essentiel de leurs moyens de vivre dans ce secteur de la vie nationale.

En plus des maladies, ont expliqué les participants au forum, la production du café a également fait face à la baisse des cours mondiaux.

La tonne de café est passée de 1 500 à 370 dollars américains entre la décennie 1980 et 2011. Une baisse du prix qui a eu comme effet néfaste de décourager les agriculteurs qui se sont tournés vers d’autres filières. Notamment les exploitations minières artisanales et le métier des armes pour survivre et se soumettre aux menaces des seigneurs de guerre.

Abordant la cause liée aux maladies qui affectent le café, il a été constaté que les rares planteurs du café étaient obligés de parcourir des centaines des milliers des kilomètres pour s’approvisionner en engrais et produits chimiques appropriés pour soigner le sol, avant et pendant la culture de ce produit agricole d’exportation qui constitue l’une des principales ressources des recettes du budget de certains Etats de l’Est. Les participants ont cité particulièrement la trachéomycose du caféier qui a ravagé plusieurs hectares des cultures entre 1985 et 2010. Cette maladie se caractérise par un dépérissement soudain de la plante qui peut être limité à un secteur de la plante, avant de se généraliser et d’aboutir à la mort du caféier.

M. Carly NZANZU Kasivita, ci devant ministre provincial de l’Agriculture du Nord-Kivu et président de ce forum, a préconisé des mesures de relance de la production du café. « On ne peut pas réfléchir comment vendre si on ne sait pas réfléchir comment produire. Au niveau du gouvernement provincial du Nord-Kivu, nous sommes en train de distribuer plus d’un million de plantules de café aux agriculteurs », a-t-il déclaré. Avant de déplorer que le climat de guerre, entretenu malicieusement par le Rwanda et l’Ouganda découragent encore les investisseurs extérieurs et nationaux.  D’autant plus que les prévisions scientifiques annoncent une embellie  dans ce domaine au regard de la demande qui ne cesse de grimper sur les marchés mondiaux. La RDC court le risque de ne pas profiter de cette aubaine à l’instar d’autres pays exportateurs de ce produit agricole.

C’est ainsi que parmi les recommandations, l’on retrouve un appel aux éléments des mouvements armés irréguliers nationaux de revenir au bon sens pour ne pas continuer à martyriser leurs compatriotes ne vivant que de l’agro pastoral. Le même appel est lancé au gouvernement central pour intensifier les opérations de ratissage des poches où se terrent encore ces mouvements armés pour redonner de l’espoir aux exploitants agropastoraux de ces régions en détresse. Ils ont aussi déploré les taxes administratives exorbitantes imposées aux agriculteurs en ces temps où la production congolaise n’a pas encore atteint le niveau de l’époque de l’âge d’or des années 1975-85.

                                               F.M.   

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