Règlements des comptes ou complot contre la nation ?

Chassez le naturel, il revient au galop ! Le comportement de certaines autorités semble affirmer cette assertion car au moment où la Nation est en danger de perdre une partie de son territoire, voilà le moment que choisissent certains concitoyens pour s’adonner à des règlements des comptes pour des motifs spécieux. Le plus étonnant, c’est que l’on s’attaque particulièrement aux personnalités de l’opposition pacifique en évoquant des motifs mensongers et qui ne résistent pas à la moindre critique.

 Au début de  l’année, Me Jacquemin SHABANI Lukoo, secrétaire général de l’UDPS avait été empêché de prendre son avion en direction de Berlin en Allemagne Fédérale pour participer à un séminaire d’un parti politique ami au sien. Il fut malmené, brutalisé, jeté dans un cachot de l’ANR sous des accusations de détention des documents séditieux trouvés dans ses bagages. Il fut remis en liberté une semaine après à la suite des protestations émanant des chancelleries occidentales et des Ong de défense des droits de l’homme. Le magistrat chargé de ce dossier fut confondu faute des preuves palpables et convaincantes. Depuis lors, l’on croyait que la leçon allait porter des fruits mais hélas, la réalité est toute autre aujourd’hui.


 Le cas de Tshisekedi est éloquent car voilà un leader qui est placé en résidence surveillée de fait et l’on ne sera pas étonné de le voir un jour jeté dans un cachot au motif qu’il détiendrait des armes et munitions de guerre pour prendre la ville de Kinshasa et renverser les institutions de la République. Ou, à l’instar du Bâtonnier National MBUY Mbiye Tanayi, on va l’accuser de connivence avec le M23 et pince-sans-rire le Parquet Général de la République pourrait dépêcher des inspecteurs de la Police Judiciaire des parquets munis d’un mandat de perquisition pour ensuite saisir les ordinateurs, matériels de travail, appareils de téléphonie cellulaire, disquettes, cassettes vidéo, etc.
 Guy-Eugène DIOMI Ndongala Nzomambu est porté disparu et l’on craint qu’il ne subisse le sort de feu Fidèle BAZANA, malheureux compagnon d’infortune de feu Floribert CHEBEYA. Tous les appels lancés en direction des autorités politiques et administratives pour cesser de le tracasser ou indiquer là où il se trouverait sont demeurés vains. Que lui reproche-t-on ? Rien de concret, un montage grossier pour lui faire subir des traitements inhumains et dégradants à cause de ses activités politiques qui semblent gêner le pouvoir en place.  Jean-Marie-Vianney KABUKANYI, secrétaire général Adjoint de l’UDPS et son petit-frère ont été enlevés du domicile familial par des hommes en tenue et en armes qui les ont emmenés vers l’ANR où ils ont subi des interrogatoires serrés durant toute la nuit du samedi au dimanche derniers avant de connaitre la même chose dans les locaux de la police d’intervention rapide. Que leur reproche-t-on ? Ils sont accusés de détenir des armes et munitions de guerre pour préparer la prise du pouvoir à Kinshasa. Reconnus finalement innocents, ils ont été relâchés hier. Le pays dispose pourtant des services spécialisés dans des enquêtes judiciaires qui auraient pu agir dans le plus grand secret pour remonter la filière jusqu’aux vrais commanditaires de ces « complots » en vue d’en finir une fois pour toutes. S’il est vrai que ces personnalités prépareraient un coup d’Etat, le fait de les arrêter constitue une faute dans la mesure où les véritables auteurs intellectuels vont en profiter pour prendre le large. 

La cinquième colonne….  


 Ce genre des tracasseries surviennent curieusement au moment où le pays est confronté à une guerre d’agression perpétrée par le Rwanda sous couvert d’une soit disant mutinerie. Sous d’autres cieux, les services de sécurité devraient se saisir de ces milieux qui s’amusent à inventer des « complots » de toute nature rien que pour des règlements des comptes personnels sans motif valable. Ce faisant, se sont-ils rendu compte que c’est le contraire de ce qu’ils recherchaient qui arrive ? N’est-ce pas la meilleure façon de distraire les services de sécurité en les détournant de leur véritable mission ? Ne jouent-ils pas pour le compte de l’ennemi ? En clair, ce sont ces milieux que l’on devrait accuser de travailler pour le M23 car ils posent des actes de nature à énerver la population, démobiliser l’opinion et l’éloigner du pouvoir.
 On rappelle à ce sujet que lorsque les forces de l’AFDL avançaient vers Kinshasa, des éléments de la Division Spéciale Présidentielle et de la Garde civile s’adonnaient à des tracasseries de ce genre : arrestations des opposants, invention des complots de coups d’Etat, chasses aux journalistes, etc. Résultats : les populations s’étaient détournées du pouvoir en place au profit des agresseurs et la chanson. Lorsqu’éclata en août 1998 la guerre contre le R.C.D., des actes de ce genre furent posés, notamment des arrestations arbitraires et des procès devant la fameuse Cour d’ordre Militaire de triste mémoire qui eut comme effet de remplir la prison de Makala avec même des enfants mineurs et des femmes mariées accusées d’avoir détenu des devises étrangères. Cette juridiction exceptionnelle renvoya à Makala des centaines d’innocents qui y passèrent de nombreuses années jusqu’à l’avènement du système de 1+4. En violation de la Constitution et des instruments juridiques internationaux, 315 magistrats de siège et des Parquets furent révoqués par le régime en place. Le Phare garde des séquelles ineffaçables d’arrestation de son Editeur, des traitements inhumains et dégradants qu’avait subi l’un de ses membres qui reçut 45 coups de fouet dans le bas du dos pour avoir été couvrir une conférence de presse d’Arthur ZAHIDI Ngoma. D’autres professionnels des médias connurent le même sort, notamment le directeur de la RTNC du Bas Congo qui passa deux ans à la prison de Makala, coupable d’avoir ouvert les installations de la chaîne aux agresseurs.

L’Union fait la force…  

 Voilà que certains milieux choisissent le moment où le pays est en proie à une guerre d’agression pour énerver les populations avec ces tracasseries insupportables, y a-t-il mieux pour démoraliser l’opinion ? N’est-on pas en face de ce que l’on appelle la 5ème colonne ? C’est le moment où l’on devrait mettre un bémol aux divisions idéologiques pour raviver la flamme de l’unité, de la concorde et du nationalisme pour bouter dehors ces agresseurs qui rêvent de prendre nos richesses de l’Est.

F.M.        

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