Recentrage de l’activité sur le terrain et ciblage des secteurs prioritaires

Les nouvelles stratégies de la Banque mondiale pour la RDC en 2010, ont été dévoilées à la presse, vendredi dernier au siège de cette institution bancaire internationale de développement sur avenue Wagenia, commune de la Gombe.

C’était à l’occasion de la cérémonie d’échanges de vœux entre la directrice des opérations pour la RDC et la République du Congo, Marie Françoise Marie-Nelly, et des représentants de la presse tant locale qu’étrangère.
Pour la Banque mondiale, 2010 est une année déterminante pour notre pays, non seulement avec l’organisation des manifestations du Cinquantenaire de son accession à la souveraineté internationale, mais aussi parce qu’il s’apprête à atteindre le point d’achèvement de l’Initiative PPTE. Cette étape importante ne peut être franchie que si notre pays parvient à réaliser des critères quantitatifs fixés par le Conseil d’administration du FMI et de la Banque mondiale.
La dette extérieure de la RDC, on le sait, s’élève à 12 milliards de dollars. Et le gouvernement congolais s’emploie avec l’aide de ses partenaires, dans le cadre de C.A.S. à mettre en œuvre toutes les réformes inscrites dans le programme économique conclu avec les Institutions de Bretton Woods pour aboutir enfin au fameux point d’achèvement de l’Initiative PPTE avec comme conséquence bénéfique, l’effacement d’une grande partie de sa dette extérieure.
Pour ce faire, l’examen de passage interviendra le 4 mars prochain à Kinshasa, avec l’évaluation des experts du FMI et les consultations avec des partenaires tels la BAD et l’U.E.     

Marie Françoise Marie-Nelly a indiqué que si dans le passé, son institution était trop sollicitée et devait intervenir dans 15 secteurs en 2009, la Banque mondiale entend changer de stratégie pour la RDC en 2010.  Ce changement touchera deux axes principaux, à savoir le recentrage de l’intervention et le ciblage des secteurs prioritaires.
L’année 2009 a été une année difficile. Il y a eu la crise globale qui avait secoué la RDC. On se rappellera que le gouvernement n’avait plus que quelques semaines de réserves de change. Il avait pu bénéficier de l’intervention de ses partenaires extérieurs, le FMI avec 100 millions de dollars, la BAD avec 100 millions de dollars, ainsi que d’autres. Cette crise a été exacerbée en RDC par des conflits à l’Est.
Cette année, le contexte est favorable et l’on est en droit d’être optimiste.
Dans un bilan sommaire des interventions de la Banque mondiale en RDC, la directrice des opérations a cité la réhabilitation des tronçons qu’elle a eu à visiter en compagnie des députés.
Aujourd’hui, son institution s’est engagée dans la multimodalité et dans le transport avec la réhabilitation des chemins de fer. La plupart des locomotives en panne, des tronçons de rail ont été emportés. La grande société des chemins de fer qui a d’énormes difficultés, aligne 37 mois d’arriérés de salaires. Cette situation préoccupe la Banque mondiale qui intervient pour qu’avec les projets d’autres partenaires, la voie ferrée puisse relier sept provinces et résoudre le problème de transport.

 

Nouvelle stratégie : implication des ministères, provinces et société civile

Dans le secteur de l’éducation, sur le budget alloué au ministère de l’EPSP, 90 % sont affectés à la paie des enseignants, au point qu’il ne reste plus rien pour engager d’autres dépenses. Dans son intervention, la Banque mondiale a décidé d’intervenir à hauteur de 1.000 dollars par école pour permettre l’achat des craies et de certains manuels scolaires. Ce n’est pas assez, mais un effort a été fourni pour assurer un niveau minimum de qualité.
Beaucoup de choses restent à faire. Marie Françoise Marie-Nelly s’est réjouie de constater que s’agissant des réformes, de nombreux projets de lois attendent leur validation à l’Assemblée nationale, notamment la loi sur la transformation des entreprises publiques appelées à devenir des entreprises commerciales, avant la privatisation de quelques-unes. Le processus de transformation est en cours, avec la mise en œuvre des contrats de partenariat avec des sociétés ou des groupes d’entreprises possédant une grande expertise dans le domaine. Le risque est fort, a avoué la directrice des opérations qui a cité le cas de l’Onatra où l’on essaie de reconstruire le modèle de l’entreprise commerciale.
Pour elle, si les entreprises étaient bien gérées, elles pourraient assurer leur propre développement et se déployer en provinces.
Des réformes sont certes difficiles à mener, mais c’est la voie, a-t-elle indiqué, pour parvenir à garantir leur viabilité.  
Revenant sur le changement de stratégie à la Banque mondiale, Marie Françoise Marie Nelly a dit qu’il vise à renforcer la présence de son institution sur le terrain, afin d’être plus proche du client.
C’est dans ce cadre que des équipes ont été renforcées dans les domaines du développement humain, développement durable, changement climatique, énergie, santé et infrastructures. Ceci pour voir sa capacité d’intervention sur le terrain renforcée.
Ainsi les projets d’urgence seront remplacés par des projets sectoriels. A ce sujet, elle a annoncé qu’elle dressera un rapport d’achèvement sur les projets déjà réalisés.
Dans le secteur de l’énergie, la directrice des opérations a indiqué que la Banque mondiale entend mobiliser 760 millions de dollars qui pourront entre autres projets, assurer la modernisation de la Snel et la réhabilitation d’Inga. Pour les télécommunications, l’institution bancaire internationale de développement prévoit la construction d’une ligne à fibre optique à côté de la ligne à haute tension. Le gouvernement congolais a obtenu de ses partenaires chinois, la construction d’une ligne à fibre optique entre Inga et Moanda.
Dans le secteur de l’électricité qui pourrait requérir 1 milliard de dollars, il y a de gros contrats. Ces contrats sont trop lourds, quand on sait que les groupes n’ont jamais été réhabilités depuis leur installation et qu’on ne peut pas réparer deux groupes à la fois.
Aujourd’hui, elle note une prise de conscience générale qui prend en compte les autres aspects du dossier électricité dont le projet d’extension du réseau de distribution de Kinshasa.     
Sur base de l’expérience du passé, la Banque mondiale tient surtout à la dimension relation avec le gouvernement, afin que les programmes soient intégrés dans les ministères. Elle souhaite également une plus grande participation des provinces et de la société civile pour assurer la traçabilité des fonds qui doivent impérativement arriver à destination et, surtout, être correctement utlisés. C’est ce souci de transparence et d’efficacité qui guide le changement de stratégie de la Banque mondiale pour 2010. Tel est le dossier de réhabilitation de 40 Km de voirie urbaine dans la ville de Kinshasa.
Trois provinces-pilotes sont déjà ciblées pour cette nouvelle expérience. Il s’agit de Katanga, Bandundu et Sud-Kivu. Il ne restera plus qu’à attendre les résultats du terrain.

 J.R.T.

One Comment

  1. Merci enormement pour cette veritable source d info.

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