Réactions des députés au Projet de Budget 2012 : Mbusa Nyamuisi pour le rejet

Le projet du budget 2012 soumis à la représentation nationale par le chef du gouvernement Matata Mponyo  n’a pas fait l’unanimité.
Contrairement à la majorité des députés qui ont recommandé sa recevabilité moyennant des amendements au niveau de la commission économique et financière de l’Assemblée Nationale, Antipas Mbusa Nyamuisi  est parmi les rares qui ont exigé  le rejet pur et simple de ce projet de loi des finances pour l’exercice 2012. 
Il a justifié sa prise de position par le fait que ce projet de loi des finances pour l’exercice 2012   est irréaliste, comme l’ont été les lois des finances des exercices précédents.
Il a rappelé que les recettes de l’Etat au 31 décembre 2011 ont été de 3.206.500.000.000 de francs congolais contre des prévisions de 6.296.600.000.000 fc, soit 51 % Le gouvernement aurait dû fixer le budget à 5 milliards des dollars et non le surévalu à 8 milliards. Mbusa Nyamwisi a également indiqué qu’il a privilégie la consommation institutionnelle au détriment des investissements porteurs de la croissance et de modernisation. 
 
Contrairement à la volonté proclamée, les investissements publics 2012 pour cet élu de Beni sont projetés paradoxalement sur  ressources propres à seulement 134.330.909.193 soit 3 % seulement. Il a ajouté que les investissements sont essentiellement tributaires des ressources extérieure dont les réalisations au cours des exercices antérieurs est de 15% soit 450.256.688.591 FC sur 3.0011.566.697.684 FC en 2011.
« Avec quelle formule magique le gouvernement va-t-il activer, en moins de 6 mois, les 2.860.525.664.237 FC qu’il projette pour l’exercice en cours» s’est-il interrogé avant de s’étonner sur la multiplication des crédits de 25.186.377.689 FC du ministère du Plan jusqu’à atteindre 149./ 661.200.812 Fc soit six fois plus en 2012, comme si le suivi de la mise en œuvre de la modernité devenait l’organe d’exécution de cette modernité.
 
Il a demandé à Matata d’éclairer sa religion sur  le fonctionnement des différentes institutions et administration qui consomme plus des crédits que les secteurs prioritaires tels que la défense, l’éducation, la santé.
Nyamwuisi s’est dit déçu de l’augmentation des crédits alloués à la Présidence de la République soit deux fois plus que la législature passée en dépit de la belle leçon de François Hollande qui réduit le train de vies des institutions françaises quelques jours après son investiture à l’Elysée.
L’ancien chef de la diplomatie congolaise a relèvé dans ce projet de budget le non respect par le gouvernement congolais de ses engagements internationaux au sein de la SADC et du COMESA qui appellent des crédits budgétaires d’au moins 10 % alors que ce secteur atteint à peine 4% dans le projet de budget.
 
En sa qualité du ministre honoraire de la Décentralisation, Antipas a fait remarquer le manque de volonté politique pour la décentralisation en dépit de la loi promulguée pour l’accélération de cette décentralisation qui devait se traduire par la mise en œuvre des 26 provinces ainsi que la caisse de  péréquation pendant que l’allocation de 40 % aux provinces sur les recettes à caractère national pose problème. 
Ce député du groupe parlementaire des libéraux, démocrate chrétiens et socialistes a jugé incompréhensible que le projet de loi de finances sous examen sous –estime gravement les recettes pétrolières la République Démocratique du Congo alors que le parlement congolais a ratifié depuis cinq ans l’accord signé en 2007 par les deux ministres du  secteur pour l’exploitation du pétrole dans la zone d’intérêt commun avec l’Angola.
Pour avoir signé cet accord au nom du gouvernement congolais  en tant que ministre des Affaires Etrangère, Mbusa  a indiqué que sur 600 .000 barils /jour de production estimée,  la RDC ne se contente que 25.000 barils/ jour traditionnels. Tout en démontrant que ce projet de lois est incomplet, Antipas Mbusa Nyamwuisi a appelé ses collègues députés à ne pas recevoir ce projet de budget
 
ERIC WEMBA

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