RDCongo-Rwanda : Top secret : la guerre du pétrole !

Le projet de balkanisation de la République Démocratique du Congo reste une fixation pour le régime de Kigali. Ce qui fait courir le régime de Kigali, en sus d’un nouvel espace physique et des minerais tels que le coltan, l’or, le diamant, la cassitérite…se trouve être le pétrole. En effet l’or noir, comme on l’appelle dans les milieux de la haute finance internationale, est signalé en quantité industrielle dans le Parc de Virunga.
 Pendant que Yoweri Museveni se débat pour devenir l’unique gestionnaire de la nappe pétrolière en veilleuse dans la partie congolaise du Lac Albert, dans le district de l’Ituri, Paul Kagame se débat, de son côté, pour faire main basse sur celle du Parc de Virunga. La « guerre » du Nord-Kivu, c’est aussi celle du pétrole.

 L’on ne devrait pas s’étonner, au vu de ce qui précède, de l’obsession du maître de Kigali à voir le CNDP, le M23 ou une nébuleuse Mai-Mai lui assurer le succès d’une mission hautement stratégique au Nord-Kivu. L’on comprend aussi pourquoi, en dépit des condamnations internationales voire de la décision des USA de lui couper l’assistance militaire pour l’exercice 2012, Paul Kagame se débat pour justifier l’injustifiable.

Aire protégée ?

 Selon les experts de l’environnement, le Parc de Virunga fait partie des aires mondiales protégées. En principe, ses réserves végétales et animales ne devraient, en aucun cas, faire l’objet d’un pillage, de la part de quiconque, fut-elle personne physique ou morale. Mais, dans le contexte actuel des safaris à répétition des groupes armés instrumentalisés par Kigali et de l’armée rwandaise dans cette partie de la RDC, que vaut cet interdit ?
 Lorsque l’on observe le massacre des Okapi, des gorilles de montagne, des rhinocéros blancs, des perroquets verts et d’autres espèces animales rares par les forces négatives congolaises et étrangères dans le Parc de Virunga, le constat à faire est la notion « d’aire protégée » ne veut rien dire dans le vocabulaire des maîtres de Kigali. Au contraire, ils sont tout contents de voir la population animale traverser la frontière commune, pour fuir, à l’image des humains, l’insécurité entretenue par les seigneurs de guerre.
 Selon des échos en provenance de l’autre côté de la frontière, les touristes se bousculent désormais au Rwanda, pour faire la découverte des espèces rarissimes échappées du territoire congolais : gorilles de montagnes, rhinocéros blancs, okapi, etc. Une lourde taxe leur est imposée : 500 dollars par visite.
 Si cette réserve naturelle se vide complètement des animaux et oiseaux qui lui confèrent son statut d’aire protégée, le régime de Kigali pourrait se frotter les mains. La voie devant conduire à l’exploitation du pétrole du Parc de Virunga serait largement ouverte. Dès lors, le débat qui fait rage autour de l’impératif de ne pas exploiter le pétrole dans cette réserve naturelle serait sans objet. Par conséquent, plus rien ne pourrait l’arrêter dans ses visées annexionnistes dans l’Est de la République Démocratique du Congo, et spécialement l’espace qui regorge du pétrole.

Mauvais temps pour le Rwanda

 La grande chance des Congolais dans le jeu malsain de Kigali au Nord-Kivu est que l’argumentaire rwandaise assise sur le génocide Tutsi depuis 18 ans est en train de fondre comme neige au soleil. Les instances internationales, les USA comme les puissances occidentales ont fini par se rendre compte que ce ne sont pas les populations d’origine rwandophone vivant au Congo qui sont menacées d’extermination, mais plutôt des civils congolais.
 L’histoire renseigne, aujourd’hui, que des millions d’innocents congolais sont massacrés par les forces négatives instrumentalisées par le Rwanda au Nord-Kivu. Pendant que la diplomatie rwandaise passe un mauvais temps, les officiels congolais ne devraient pas tomber dans la distraction. Comme relevé dans notre dernière édition, aucune possibilité de rebondissement diplomatique ne devrait être offerte au régime de Kigali.
 Pour ce, la RDC devrait éviter toute négociation ou accord compromettant avec le Rwanda ou les groupes armés à sa solde. Qu’on se souvienne du grand tort causé à la République par l’accord du 23 mars 2009 avec le CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple) de Bosco Ntaganda, avec l’intégration automatique de ses troupes au sein des FARDC, la montée gratuite de ses officiers en grades, l’effacement de leurs crimes de guerre à travers une amnistie générale. Une nouvelle prime de Kinshasa à une quelconque force négative serait la confirmation, aux yeux du monde entier, du plaidoyer du Rwanda selon lequel la crise politico-militaire du Nord-Kivu est congolo-congolaise. « Faux pas interdit ! » : telle doit être la consigne permanente.


        Kimp

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