La RDC veut éradiquer ses conflits par l’Ecole (D’UN DE NOS ENVOYES SPECIAUX A GOMA, SAKAZ)

Arriver absolument à conjurer les conflits à venir – aussi bien entre les communautés qu’entre les individus – en instaurant dans la société congolaise une culture de dialogue, de résolution pacifique des conflits se présente comme le défi majeur que s’est lancé le Gouvernement de la RDC, à travers son ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel (EPSP), appuyé les partenaires techniques et financiers (PTF). A cette fin, un « Atelier de lancement de la Stratégie Nationale de l’Education pour la Paix », tenu le 20 septembre 2014 à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, s’est clôturé par une déclaration baptisée : « Déclaration de Goma ». Aux termes de ce document, les participants ont recommandé l’intégration de l’éducation pour la paix dans la planification du développement du secteur de l’éducation, la distinction des réponses urgentes, pour lesquelles des mécanismes particuliers doivent être mis en œuvre, des réponses à long terme dans la perspective du développement et l’insertion des actions aux différents niveaux locaux dans la planification sectorielle de l’éducation.

         C’est ainsi que s’adressant au gouvernement, il lui ont demandé l’élaboration de la politique nationale de l’éducation pour la paix et le plan d’action y relatif, d’assurer son financement soutenable en allouant des ressources suffisantes sur le budget national, d’exercer un leadership  politique fort qui permette de donner corps à la politique nationale d’éducation pour la paix, de se donner des moyens d’assurer le leadership de la réponse humanitaire de la RDC, de prévoir des fonds de contingence dans chaque budget des programmes ou des projets et qui seront soumis à des modalités de gestion et de décaissement adapté et suffisamment flexible pour permettre une réponse rapide. Enfin, de donner des cadres flexibles permettant une contextualisation relative aux spécificités locales. Suite à cela, 5 actions spécifiques ont été assignées aux partenaires  techniques et financiers qui soutiennent l’éducation. Le document leur demande notamment d’appuyer la mise en œuvre de la priorité « éducation pour la paix » dans le Programme Intérimaire pour l’Education(PIE) et son intégration effective dans la « Stratégie Sectorielle Education et Formation », d’accompagner effectivement et efficacement l’élaboration de la politique nationale d’éducation pour la paix et les Plans de mise en œuvre y relatif, de renforcer le cadre de partenariat pour soutenir les activités de plaidoyer et de renforcement des capacités aux fins d’intégrer efficacement l’Education pour la paix  dans le secteur de l’éducation, d’appuyer la valorisation des comités sectorielles en lien avec la décentralisation et pour une meilleure coordination de l’action et son appropriation effective.

Satisfaction des politiques

            En clôturant cet atelier organisé à l’occasion de la journée internationale de la paix, Mme MaguyRwakabuba, vice-ministre de l’EPSP, a dit que le gouvernement a choisi cette date symbolique de la journée internationale de la paix pour procéder au lancement de la Stratégie nationale de l’éducation pour la paix. Elle a dit que, comme chacun le sait, à Goma plus qu’ailleurs, la paix est précieuse, et comme la paix concerne chacun de nous, le ministère de l’EPSP est en première ligne pour contribuer à l’établissement d’une paix durable dans notre pays. Car, en dépit de notre volonté commune et de nos efforts collectifs, une éducation de qualité ne peut être développée si les conditions de sérénité et de sécurité ne sont pas réunies. Mais, elle a aussi constaté, qu’un enseignement de qualité peut et doit à son tour, faire partie du chemin qui conduit à la paix, à la stabilité et au développement. C’’est ainsi qu’il est logique d’établir le lien direct naturel et évident entre l’éducation et la paix.

            Pour la représentante de l’EPSP, si l’éducation exacerbe les tensions entre les personnes ou les communautés, si l’éducation agit comme force plutôt d’exclusion que d’inclusion, si l’éducation ne respecte pas les différences de toute nature et si l’éducation ne permet pas à la jeunesse de s’insérer dans la société, alors l’éducation n’aura pas contribué à la paix. Bien au contraire. Voilà pourquoi, a-t-elle dit, les participants réunis à Goma ont lancé une réflexion qui a conduit à une définition d’une véritable stratégie de l’éducation pour la paix, une stratégie s’inscrivant, dans la volonté du gouvernement à la fois de respecter les engagements internationaux auxquels il a souscrit et de prendre en compte les recommandations issues de la première Revue conjointe du Plan Intérimaire pour l’Education (PIE). Partant de là, MaguyRwakabuba a conclu en soulignant que le temps était en effet venu de se pencher sur ce qui fera de notre école un véritable vecteur de paix sur toute l’étendue du territoire national. Et qu’il ne s’agissait alors plus de théories, mais bien de décisions à mettre en œuvre et d’actions à mener et qu’il s’agissait aussi d’une relation circulaire et complexe : pas d’éducation de qualité sans paix, et pas de paix durable sans éducation.

              Pour atteindre des objectifs visés par le lancement du processus de la Stratégie Nationale d’Education pour la Paix, le gouvernement n’a pas lésiné sur les invitations. C’est ainsi qu’on a retrouvé plusieurs partenaires éducatifs dans la capitale du Nord-Kivu.

Sakaz, envoyé spécial

à Goma

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