RDC-Sénégal (2-4) : le cauchemard de Lubumbashi

Mamadou Niang et ses coéquipiers ont effectué hier dimanche 05 septembre 2010 une promenade de santé sur la pelouse synthétique du stade Kibassa Maliba de Lubumbashi, dans le cadre de la première journée des éliminatoires de la 28me coupe d’Afrique des Nations. Les Lions de la Teranga ont littéralement marché sur les Léopards (4 buts à 2). L’ex-Marseillais, aujourd’hui sociétaire de Fenerbache, en Turquie, a évolué comme s’il se trouvait dans son jardin, passant trois buts au malheureux gardien Kidiaba. 

            Les Sénégalais ont rencontré une équipe sans âme, constituée d’un conglomérat de professionnels douteux et des locaux à la forme approximative. Les deux buts réussis par Patou Kabangu semblent relever de la divine providence. Hier à Lubumbashi, il n’y avait qu’une équipe sur le terrain, celle du Sénégal. Hormis Mbokani qui joue en première division française dans une équipe de Monaco qui ne tient plus le haut du pavé, la plupart des joueurs congolais évoluant à l’étranger se recrutent dans des clubs de seconde ou troisième division, quand ils ne proviennent pas d’obscurs clubs du Moyen Orient.

Côté sénégalais, des professionnels, de vrais, ont fait étalage de leur classe, devant des Congolais errant comme des âmes en peine. Le match était tué en première mi-temps, avec un insolent 3-0 atténué par le but de Patou Kabangu avant la pause. L’illusion du miracle a été rapidement cassée par Mamadou Niang, qui s’est moqué de la défense congolaise dix minutes après la reprise, avant de se faire faucher par Kidiaba, qu’il s’est chargé d’exécuter lui-même sur penalty. A 4-1, la messe était dite. Même si le score a été réduit à 4-2, la défaite était acceptée longtemps avant le dernier coup de sifflet.

            De mémoire de Congolais, il faut remonter très loin, plus précisément à 1966, avec les Black Stars du Ghana de Mfum, Ossei Koffi, Malick Jabir, Olivera Aqua, qui avait ridiculisé les Lions devant Mobutu (3-0) au stade Roi Baudouin de Kinshasa, pour retrouver encore les traces d’une humiliante défaite de notre onze national à domicile. Hier, les Congolais de Lubumbashi, de Kinshasa et d’ailleurs affichaient le profil bas. 

La traditionnelle impréparation

            A dire vrai, les sportifs congolais ne sont pas surpris par l’hécatombe de Lubumbashi. Car, notre football a respecté le schéma habituel de ses entrées en compétition : l’impréparation. Comme de coutume, ceux qui avaient la charge administrative et technique des Léopards ont misé sur des noms pour rêver d’une victoire devant le Sénégal. Ils ont cru qu’en faisant atterrir un jeudi à Lubumbashi Mbokani, Matumona, Mazowa, Kundimbani, Ilunga Herita, Yves Diba, pour les associer à Kaluyikadio,  Patou Kabangu, Kulukuta, Bedi Mbenza et Joël Kimuaka en deux séances d’entraînement, le match était joué.

            Pourtant, la gifle reçue devant l’Egypte (3-6), il y a deux semaines, aurait  dû servir d’alerte aussi bien au staff technique qu’à la Fédération Congolaise de Football et au Ministère des Sports, pour penser à dégager une ossature de fortune, en misant notamment sur un compartiment donné (défense, milieu ou attaque) d’une équipe locale. Certes, l’on a compté plusieurs joueurs de Mazembe mais alignés en désordre sur le terrain.

            Des questions se posent sur le niveau de l’entraîneur Robert Nouzaret, que la RDC a choisi sur une longue liste d’une trentaine de prétendants, alors qu’il avait été remercié par les Ivoiriens et les Guinéens pour insuffisance de résultats. C’est peut-être trop tôt de le juger, en raison de la signature tardive de son contrat et du fait qu’il n’a pas encore commencé à entraîner l’équipe. Mais dès lors qu’il ne connaît pas ses joueurs, on aurait dû lui épargner la corvée de « cocher » le match.

Au fait, le banc des Léopards était occupé par des techniciens (Nouzaret, Santos Muntubile et Mukeba) qui n’ont pas eu le temps matériel nécessaire pour amorcer un brin de préparation.

            L’avenir s’annonce fort sombre, dans un groupe de la mort où la RDC, mal partie, est appelée à se disputer l’unique place qualificative du Groupe 5 avec le Sénégal, le Cameroun et l’Ile Maurice. Absents cette année en Angola et en Afrique du Sud (Can et Mundial 2010), nos fauves ne rassurent personne quant à leurs chances de qualification. Une élimination précoce serait peut-être la meilleure leçon pour nous contraindre de réfléchir à la planification des succès futurs.

                                   Jacques Kimpozo

 

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