RDC : pas de bâtiment pour les juges d’enfants

    Dans le cadre de son programme de lutte contre la corruption dans l’instruction des infractions relatives aux violences sexuelles, la Ligue de la Zone Afrique pour la Défense des Droits des Enfants et Elèves(Lizadeel) a organisé une conférence sur le même thème le vendredi 18 février 2011 dans l’enceinte du Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Matete. Deux orateurs, l’avocat général Kalambay Tshinkuku Stanislas, et le juge Elameji Tshiakampia, ont entretenu l’auditoire, respectivement autour des thèmes : « Justice et corruption : compatibilité ou incompatibilité » et « Evaluation de la loi portant protection de l’enfant ».

 

    En somme, un constat positif a été dégagé par le premier conférencier sur les avancées de la lutte contre les violences sexuelles, 4 ans après la promulgation de ses textes légaux. Entre autres avantages que relève l’avocat général Kalambay, il y a la nouvelle loi qui donne 1 mois à l’OPJ pour saisir le juge qui dispose de 3 mois pour convoquer l’audience. Cependant, ajoute-t-il, au regard de nos réalités socio-économiques actuelles, ce délai n’est pas normal à cause de plusieurs difficultés. Dans le lot des incommodités, il y a celles d’ordre communicationnel, insuffisance de collaboration des partenaires (médecins légistes par exemple car il y en a que 5 pour toute la ville de Kinshasa), la corruption, le doute sur l’âge des victimes, etc.

    Toutefois, il a recommandé à tous les acteurs impliqués dans cette lutte de sensibiliser davantage et suffisamment les opérateurs judiciaires ; une vulgarisation plus accrue de la loi sur les violences sexuelles, etc. Aux juges eux-mêmes, il a recommandé d’agir sans atermoiement.

    Pour sa part, le juge du Tribunal de paix de N’Djili a fait noter l’ignorance généralisée de l’opinion sur la loi portant protection de l’enfant. Même s’il a salué l’institution, pour la première fois en RDC, du tribunal d’enfants, voire l’installation et l’affectation de ses collègues, le juge Elameji a néanmoins exprimé le regret de ne pas voir un seul bâtiment pour les abriter !

    Il faudrait noter que ces tribunaux d’enfants qui vont bientôt fonctionner après l’affectation de 12 premiers juges de ces juridictions dans sept des onze provinces, permettront qu’il y ait le respect d’un régime approprié à cette catégorie de personnes.

Appuyée lors de cette session par l’ambassade britannique, la Lizadeel est devenue une structure de référence dans la promotion et la protection des droits de l’enfant et de la femme victime d’abus.

Tshieke Bukasa

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