La RDC exportatrice des oeufs

rdcLongtemps considéré comme un repas réservé aux bourses les plus nanties, l’omelette devient de plus en plus abordable pour les ménages kinois moyens. Il en sera bientôt de même pour d’autres produits vivriers, a indiqué au Phare des cadres de la Direction urbaine des Services Vétérinaires. En effet, Kinshasa n’importe plus les œufs comme il en était le cas depuis plus de deux décennies où l’on voyait des gros containers d’œufs débarquer des navires battant pavillon des Pays de l’Extrême Orient, notamment la Birmanie, l’Indonésie, la Thaïlande, le Vietnam, etc.
Selon ces spécialistes en médecine vétérinaire, Kinshasa a commencé à exporter des œufs vers les pays voisins tels le Congo-Brazzaville, l’Angola, la RCA et même le Gabon. Des agents affectés à la douane au Beach Ngobila et au poste frontalier de Lufu dans la Bas-Congo font état des cargaisons entières des œufs à destination de Brazzaville, du Gabon, de la RCA et de l’Angola.
Ces produits proviennent des éleveurs indépendants installés dans les quartiers périphériques de la capitale, ainsi que provinces du Bas-Congo et du Bandundu. Ils utilisent des aliments locaux et parfois produits par la MIDEMA pour nourrir les poules pondeuses. Certains d’entre eux ont travaillé pendant des décennies au sein du Domaine Agropastoral Industriel de Nsele où ils ont acquis une longue et riche expérience dans ce domaine d’élevage des poules pondeuses des œufs. D’autres, frappés par le chômage consécutif aux pillages historiques de 1991-93, se sont convertis en éleveurs indépendants pour pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles respectives.

Kinshasa encerclée par des fermes
Lorsque l’on prend un véhicule de transport en commun ou privé pour entrer ou sortir de la capitale, l’on est frappé par le nombre croissant des fermes tout au long ou à l’intérieur des contrées avoisinant la Nationale N°1 et 2. On croise des convois des véhicules de transport en commun pleins des vivres de tous genres, dont notamment le manioc, le maïs, l’arachide, les poissons frais et fumés, les haricots, les fruits, les produits de la volaille et surtout du bétail provenant des fermes avoisinantes et même du Bandundu et du Bas-Congo. Il en est de même sur les bateaux naviguant sur le fleuve Congo et ses affluents.
La production a progressé à cause de l’état satisfaisant de deux routes nationales menant vers le Bas-Congo et le Bandundu. Un autre élément à prendre en compte concerne la lutte de survie que mènent régulièrement les populations à la suite du chômage qui frappe 85 % des congolais. Les gens se sont donc convertis en agriculteurs, pêcheurs, éleveurs pour subvenir aux multiples besoins de leurs familles respectives. A Kinshasa, il existe des familles qui exploitent des poulaillers dans leurs propres parcelles.
Selon les chiffres provenant des services de la Direction Urbaine de l’Agriculture, Pêche et Elevage, des produits agricoles comme le manioc, le maïs, les haricots et l’arachide ne connaissent plus de rupture de stock car outre l’approvisionnement à partir de l’arrière-pays, les fermes agricoles avoisinantes produisent trois à quatre récoltes par an. D’où la stabilité des prix de ces produits vivriers sur tous les marchés de la ville. On observe même une baisse significative. Il est aussi établi que les pays voisins s’approvisionnent en produits vivriers à partir de Kinshasa et de Lufu dans le Bas-Congo.
A ce rythme-ci, les spécialistes sont d’avis que Kinshasa et le reste de la République vont parvenir dans un prochain avenir à l’autosuffisance alimentaire. Notamment pour les produits agropastoraux, tels les poissons, la viande, la volaille, le riz, le maïs, le manioc, les arachides et bien d’autres vivres que l’on importe encore des pays d’Asie, d’Amérique du Nord et Sud, de l’Europe. On rappelle à ce sujet qu’avant l’indépendance, le Congo était exportateur des produits agropastoraux et industriels tels l’huile de palme, le cacao, le café, le thé, le sisal, le coton et autres et avait atteint l’autosuffisance alimentaire. Celle-ci va connaitre une chute vertigineuse à cause des guerres civiles entre 1960 jusqu’en 1965 avant d’être victime ensuite d’agression de la part de ses voisins de l’Est.
Castro

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