RD Congo : 8 femmes sur 10 ignorent la planification familiale

C’est dans le but de pallier l’insuffisance de nombreuses zones de santé en matière de planification familiale(PF), atteindre des milliers d’hommes et des femmes et enfin, fournir de méthodes ad hoc, selon les choix des uns comme des autres, que le Fonds de Nations Unies pour la population (UNFPA), en collaboration avec le gouvernement  congolais, a lancé la campagne de sensibilisation d’offre gratuite de services de la planification familiale.

Ce lancement a eu lieu le vendredi 20 juin 2014, à l’esplanade du terrain municipal de la commune de Bandalungwa.

Et ce, en présence de plusieurs personnalités à savoir : le  directeur de cabinet Shadrack Bayitsura du ministère de la Santé publique Keita Ohashi, représentant adjoint de l’UNFPA en RDC, docteur Kyungu Thérèse du Programme national de la santé de la reproduction (PNSR), ministre provincial de la Santé publique, représentant le gouverneur de la ville province de Kinshasa, bourgmestre de la commune de Bandalungwa.

Dans son mot de bienvenue, le bourgmestre de la commune de Bandalungwa, a dit sa joie de voir sa commune abriter le lancement de cette campagne.

Il a relevé que cette mobilisation témoigne à juste titre de l’engagement de tout un chacun à contribuer à la planification familiale.

Intervenant  au nom du ministre de la Santé publique en mission, son directeur de cabinet a estimé que les campagnes médiatiques ne pourront tout régler.

Shadrack Bayitshura a signalé que la continuité et l’enregistrement de nouveaux cas favorables importent le plus,  pour étendre les services de PF aux couches de la population les plus défavorisées. Et d’ajouter que la mobilisation des leaders religieux s’avère également nécessaire.

Pour sa part, la directrice du PNSR a estimé qu’il est  inadmissible que la RDC puisse demeurer davantage dans une situation alarmante due aux mortalités maternelles et infantiles.

Elle a déploré le fait que deux zones sur dix seulement, offrent des services de PF dans l’ensemble du pays, tandis que  8 femmes sur 10 n’ont jamais entendu parler de la planification familiale dans leur  vie.

Docteur Kyungu Thérèse a indiqué que la mission dévolue à son programme est d’user de tous les moyens pour permettre aux couples d’avoir le nombre d’enfants voulus.

Enfin pour elle, cette campagne nationale nous oblige à mobiliser des ressources humaines, afin d’assurer à la RDC un développement socio-économique meilleur.

De son côté, le représentant adjoint de l’UNFPA en RDC a rappelé que c’est depuis le 11 juillet 2012, qu’un partenariat avait été mis sur pied pour œuvrer en faveur de l’augmentation de la couverture et de l’accessibilité de services de PF de qualité en disposant de façon permanente des  contraceptifs et du monitoring des progrès, selon la stratégie du Secrétaire général des Nations Unies sur la santé de chaque femme et de chaque enfant.

Keita Ohashi a aussi salué l’engagement des autorités de la RDC de rendre disponibles les services de PF pour ceux qui le désirent en augmentant les ressources financières nécessaires.

Le représentant adjoint de l’UNFPA a fait état des efforts qui doivent être consentis, afin d’augmenter le taux de prévalence contraceptive moderne d’ici 2020. Mais, Il a tout de même reconnu que l’appui de l’offre des services de PF a été porté de 4 à 5 structures sanitaires dans une zone qui peut en compter 20 en moyenne.

Keita Ohashi a fait savoir que depuis 2013, l’UNFPA s’est engagée à augmenter ses ressources de 25 à 40 % pour une valeur de 380 millions de dollars, et d’ajouter que l’UNFPA a publié sa stratégie 2012-2020 « Oui aux choix, non au hasard » qui vise à accroître la disponibilité et la demande des services de PF de qualité.

A l’en croire, la stratégie de l’UNFPA se place dans le même cadre que le plan stratégique de la RDC pour la PF 2014-2020 qui vise à augmenter la prévalence contraceptive moderne estimée à 6,5 % en 2013 à 19 % en 2020, et assurer l’accès et l’utilisation de ses méthodes  contraceptives modernes par au moins 2,1 millions de femmes d’ici 2020.

En conclusion, il a indiqué que l’UNFPA a l’ambition d’appuyer 44 zones de santé supplémentaires, afin d’augmenter leur nombre estimé à ce jour à 17 pour 61 zones de santé à partir de 2015.

Melba Muzola

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