Quid de la sensibilisation sur le VIH/SIDA dans les Universités et Instituts supérieurs à Kinshasa

Plus de trois décennies depuis l’apparition du VIH/SIDA dans les années 1980 en République Démocratique du Congo et dans le monde, cette maladie très contagieuse et incurable continue à décimer la population congolaise.

Malgré le danger que représente cette pandémie pour l’espèce humain certains jeunes inconscients ou faute de connaissance sur le VIH/SIDA se livrent aux pratiques sexuelles irresponsables.

Même la jeunesse estudiantine n’est pas épargnée.

Pour conscientiser cette catégorie sociale très exposée au risque du VIH/SIDA, une vraie campagne de sensibilisation sur cette maladie qualifiée du reste d’épidémie généralisée par le docteur Aimé Mboyo, du Programme national multisectoriel de lutte contre le SIDA (PNMLS), dans notre pays, s’impose.

Dans ce reportage réalisé dans quelques établissements d’enseignement supérieur et universitaire de Kinshasa, les étudiants sont tout de même conscients du fléau qu’est le VIH/SIDA.

En effet, pour lutter contre le VIH/SIDA, le ministère de l’Enseignement Supérieur, Universitaire et Recherche Scientifique (ESURS), dispose d’une direction au secrétariat général sur le VIH/SIDA. On a introduit depuis l’année académique 2011/2012, les cours transversaux, notamment la lutte contre le VIH/SIDA, dans toutes les promotions de Graduat.

L’objectif est de sensibiliser la jeunesse estudiantine, une population à risque, et lui fournir des informations afin de la prémunir contre cette pandémie.

La loi cadre de l’enseignement national en République Démocratique du Congo promulguée le 11 février 2014, consacre certaines dispositions à ces cours transversaux.

Selon le directeur  de la commission permanente des études (CPE), Momfu Mulop, contacté en marge de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA : « Ce cours de lutte contre le VIH/SIDA doit être dispensé dans tous les instituts supérieurs et universités du pays».
«A l’Enseignement primaire et secondaire, les questions relatives au VIH/SIDA  sont introduites dans le cours de l’Education à la vie. Nous voulons briser le mythe», a-t-il dit, pour en parler à haute voix à l’université pour préserver les jeunes, et lutter contre certaines antivaleurs, notamment les points sexuellement transmissibles».

A l’Institut supérieur de commerce (ISC), un échantillon de 12 étudiants interrogés sur la connaissance du VIH/SIDA, salue l’instauration de ce cours de lutte contre le VIH/SIDA.  Parmi ces étudiants interrogés, six disent avoir déjà fait le dépistage dont cinq filles et un  garçon.  Ce dernier a même dit qu’il se fait dépister chaque fois que l’occasion de présente.

Ces chiffres montrent que sur les six étudiants qui se sont fait dépister, les filles sont majoritaires. Les étudiants interrogés disent être conscients du danger que représente le VIH/SIDA.
Ainsi pour se prémunir contre cette maladie incurable, ils évitent des relations sexuelles occasionnelles non protégées. Ceux qui ne peuvent pas se contenir, utilisent des préservatifs.
En dehors de cet échantillon, quatre autres étudiants approchés, nouvellement inscrits, ont avoué n’avoir jamais entendu parler du VIH/SIDA sur le site de l’ISC.
Le docteur Dan Mbayo, superviseur du centre médical de l’ISC et chargé de ce cours à la même institution, affirme avoir reçu l’année académique 2013/2014, plus de 1200 étudiants pour le dépistage volontaire. Quatre cas des personnes infectées ont été détectées.
L’importance du cours qu’il dispense, soutient Monsieur Mbayo, consiste à préparer les étudiants à accepter le résultat qu’il soit négatif ou positif.
Ce cours de lutte contre le VIH/SIDA est également dispensé à l’Université de Kinshasa à toutes les promotions du graduat, a affirmé le secrétaire général académique, le professeur Prosper Kanyankogote, indiquant que le comité de gestion de l’Unikin insiste sur l’importance  de ce cours transversal.
Par ailleurs,  à l’Institut facultaire des sciences de l’information et de communication (IFASIC), sur les  six étudiants interrogés dont trois garçons et trois filles, deux garçons se sont fait déjà dépister une fois dans leur vie. C’était un dépistage involontaire car fait quand ils étaient tombés malades.
C’est par peur qu’ils refusent de se faire dépister. Néanmoins, ils sont conscients du danger qu’est le  VIH/SIDA. Tous sont engagés et pour se protéger, ils utilisent comme mode de prévention le préservatif et l’abstinence.
Celui qui ne s’est jamais  fait dépister, c’est par sa propre volonté, pour ne pas être surchargé consciemment.
Quant aux filles, l’une d’elles se fait dépister régulièrement. Elle utilise comme méthode de prévention, l’abstinence. Les deux autres n’ont pas encore recouru au dépistage pour connaitre leur état sérologique. Du moins, elles sont engagées et ont pour mode de prévention la fidélité. Car leurs partenaires refusent le port des préservatifs.
Une certaine opinion  soutient que la jeunesse est la catégorie sociale la plus exposée au risque du VIH /SIDA. Le docteur Aimé Mboyo ne partage nullement cet avis. «Notre épidémie  est généralisée. Toutes les couches sont concernées, sont exposées, sont à risque. Dans l’enquête qu’on venait réaliser  avec l’ONUSIDA, on s’est posé la question de savoir d’où viendraient les 1000 nouvelles prochaines infections dans notre pays. Surprise, les 1000 prochaines infections à 63 % proviendraient des couples hétérosexuels stables. C’est-à-dire, des hommes et des femmes, des filles et des garçons mariés, ou qui vivraient dans des unions hétérosexuelles stables. Ça viendrait de là. Grosse surprise non! », a- t- il révélé.
Il estime que cela revient à  questionner  la fidélité. «  On questionne sérieusement la fidélité. Aujourd’hui, parmi  ceux qui recourent à cette pratique, il y a des mariés, qui deviennent transsexuels. Et donc, c’est un gros problème dans la société », a-t-il dit, avant d’affirmer qu’il  n’y a pas   une catégorie sociale  vraiment à risque. Mais il y en a qui du fait de leur  pratique quotidienne, s’exposent davantage.
« Vous faites allusion aux étudiants, mais alors les élèves, des points sexuellement transmissibles ? Mais  c’est compliqué,  parce que  ça les expose carrément au risque de transmission au VIH », a-t-il fait remarquer.
En fait,  la tranche d’âge la plus touchée, c’est celle entre 19 et 30 ans. Mais en termes de catégories spécifiques, il y en a pas. Toutes les catégories en fonction de leur comportement, de leur pratique, peuvent être infectées.
En RDC, il y a effectivement des structures de lutte contre le VIH. Il y a  d’abord le plan stratégique national de lutte contre le SIDA pour la période 2014 à 2017, qui prévoit des interventions par rapport aux jeunes. Et au-delà du plan stratégique national, il y a des programmes pour les adolescents. Donc il y a des programmes qui existent, donc le secteur de l’éducation lui-même a dans son plan sectoriel prévu la prévention contre la transmission du VIH.
Les personnes les plus sexuellement actives, a-t-il dit,  on les retrouve dans toutes les générations. Même si en termes de fréquence, c’est différent. Les jeunes sont plus actifs, plus vigoureux  que les autres. Toutes sont sexuellement actives. Mais plus on recourt au sexe de façon non protégée, on s’expose, qu’on soit jeune ou pas.

Dorcas Nsomue et
l’UCOFEM

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