Qui informe les malfaiteurs ?

            Les banques commerciales, tout comme les agences de transfert de fonds, les stations d’essence, et même des chambres froides, ou des dépôts de vente de produits alimentaires, ainsi que les bureaux de change, où se font des transactions financières importantes, et où l’odeur des billets de banque procure quelque vertige aux travailleurs, sont devenus depuis un certain temps, dans les grandes villes, les cibles privilégiées de la pègre.

 

Gombe, Lingwala, Kasa-Vubu, Matete, Ngaliema, Ndjili, Mont Ngafula, pour ne citer que ces quelques municipalités abritant des succursales de banques commerciales, des magasins et autres places de change, ont enregistré en moins de trois ans, un nombre élevé d’attaques de malfaiteurs.

Pourquoi la criminalité est -elle montée en flèche dans la ville de Kinshasa ? Et comment ces attaques réussissent pour la plupart à 90 % ?

Les raisons sont à déceler dans la crise qui ronge non seulement des chômeurs, mais surtout des éléments incontrôlés et même des éléments actifs. Voulant se faire beaucoup d’argent, les bandits ne rêvent que de frapper de grands coups. D’où ils ne ciblent que les coffres de sociétés commerciales et des établissements de crédit, et les cambistes solitaires.

Le choix des victimes ou des cibles, leur serait souvent communiqué par des complices. Ces derniers, comme il faudrait le relever, se recruteraient parmi les travailleurs de ces entreprises ou établissements.

A en croire un limier de la police criminelle, ces complices transmettent aux bandits, toutes les informations dont ils ont besoin, notamment les heures où les fourgons de convoyage des fonds quittent les banques ou les ramènent. Les montants convoyés, les marques de véhicules utilisés, le nombre des agents d’escorte et même les itinéraires de ces engins sont communiqués aux malfaiteurs, afin de leur permettre d’opérer avec succès et en temps record.

Pour l’exécution de ces braquages, interviennent alors des éléments incontrôlés qui s’équipent des armes de guerre à utiliser en cas de résistance.

Dans de nombreux cas d’attaques, on a vu des brigands neutraliser des policiers assurant la garde des banques ou de leurs succursales, et arracher des armes. Signe que le banditisme a pris d’autres proportions et requiert une thérapeutique appropriée de la police pour son éradication.

Pour le cas de la BIAC, une jeep Nissan Terrano sans plaques d’immatriculation, et couverte d’un rameau sur le pare-brise avant, était immobilisée au parking de cette banque commerciale depuis plus d’une heure. Capot ouvert, les passagers, nombreux selon des témoins, n’étaient pas descendus, pendant qu’un homme s’affairait comme pour réparer quelque panne mécanique.

Coïncidence malheureuse, c’était à proximité de la sortie des fourgons de convoyage des fonds. Ce mouvement suspect a intrigué les surveillants des bureaux situés en face de la banque qui ont tôt fait d’alerter les policiers commis à la garde de l’agence de BIAC.

La police a dépêché sur le lieu, une jeep avec une équipe d’agents armés, prêts à faire face à tout affrontement avec des suspects. Et des instructions ont été données pour que ne sorte plus aucun véhicule de convoi des fonds, jusqu’à ce que la sécurité soit entièrement assurée. Les occupants de la jeep Nissan Terrano seront surpris de voir leur engin encerclé par des policiers qui leur ont ordonné de ne pas bouger.  C’est ce qui explique que les suspects n’ont tiré aucun coup de feu. Ils ont été cueillis comme des lapins. Plus suspect est le fait que leur jeep ne portait pas de plaque d’immatriculation, lesquelles seront retrouvées cachées sous le siège.

Au moment où les suspects sont soumis à un interrogatoire serré, leur véhicule a été saisi.

Nous reviendrons en détails sur cette affaire de braquage dans nos prochaines éditions.

J.R.T.

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