Questure de l’Assemblée nationale : la gaffe !

Les habitués du petit écran n’ont pas cru leurs yeux en voyant défiler hier jeudi 12 juillet, sur la chaîne de l’Assemblée Nationale, un message qu’on aurait pu épargner au grand public. Il s’agit d’un communiqué signé Questeur de la chambre basse du Parlement et libellé en ces termes : « Les honorables députés qui ne sont pas encore passés pour confirmer clairement la banque de leur choix, sont priés, endéans 48 heures, de passer  au Secrétariat de l’honorable Questeur quant à ce ».
Un telle annonce, par ce temps de guerre au Nord-Kivu, peut amener beaucoup de nos concitoyens à croire qu’au sein de cette institution de la République, les membres seraient plus préoccupés par leurs émoluments et avantages divers que par l’enfer que vivent des milliers de nos frères et sœurs au Nord-Kivu. Il est paradoxal qu’à l’heure où les forces vives de la Nation sont censées vibrer au rythme de la mobilisation générale contre les ennemis de la paix dans la partie Est de la République, la questure de l’Assemblée Nationale prenne un soin particulier à informer la Nation en guerre que le Trésor Public a déjà arrêté les dispositions utiles pour que les députés nationaux ne se tracassent pas pour leurs fins de mois. Quant on pense à l’incertitude qui plane ces derniers mois sur la libération des salaires des cadres et agents de l’administration publique ainsi qu’aux difficultés de trésorerie de la quasi-totalité d’entreprises publiques transformées en entreprises commerciales, on y comprend rien. La crise qui frappe le pays depuis des années ne toucherait-elle donc pas les membres de la Représentation nationale ?
 
La culture de la jouissance prendrait-elle le pas, au sein de l’hémicycle de Lingwala, sur le devoir de solidarité avec les frères et sœurs de l’Est en piteuse situation ?
On rappelle qu’il y a peu, un autre message avait fait tiquer les téléspectateurs : il annonçait un match de football-loisirs entre députés nationaux actuels et honoraires. La détente constitue-t-elle vraiment une nécessité pour des élus du peuple d’un pays en guerre?
Au regard de la situation sécuritaire préoccupante que connaît le Nord-Kivu, avec le grand risque de voir cette province être détachée de la RDC par la force, on aurait aimé par exemple apprendre que le débat sur les tenants et aboutissants de cette guerre est relancé à travers une nouvelle interpellation des ministres de la Défense, de l’Intérieur ou même du Premier ministre. Certes, les députés nationaux ont le droit de vivre décemment et de jouir des privilégiés liés à leurs fonctions, mais un maximum de discrétion sur leurs rémunérations, dans un pays où la majorité vit en-dessous du seuil de pauvreté, devrait être observé.
En France, le nouveau Chef de l’Etat, François Hollande, par solidarité avec son peuple frappé par la crise européenne, avait décidé le rabais de 30% de ses émoluments ainsi que de ceux des membres de son gouvernement. Au Japon, à l’époque du Tsunami, le Premier ministre avait renoncé à ses émoluments pendant un certain temps. Ailleurs, les bénéficiaires des mandats publics n’hésitent pas à s’imposer des sacrifices dès que les circonstances l’exigent.
 
Kimp

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