Questions Orales avec débat : Tshibanda et Kin-Kiey face aux députés

Deux ministres du gouvernement Matata ont subi leur baptême de feu lors de la plénière de mercredi 6 juin à l’Assemblée nationale, consacrée aux questions orales avec débat. La première, formulée par le député Germain Kambinga et portant sur l’opportunité de l’organisation  du Sommet de la Francophonie à Kinshasa, s’adressait au  ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération Internationale et de la Francophonie, Raymond Tshibanda. La seconde, signée Emery Ukunji, concernant  la non connexion de  la RDC  à la fibre optique, était destinée au ministre   de  Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication,  Tryphon Kin-key Mulumba.Premier à prendre la parole, le député du MLC Germain Kambinga a exigé des éclaircissements sur les dividendes que  le peuple congolais pourrait retirer de la tenue du Sommet de la Francophonie à Kinshasa. Selon cet élu du peuple, ce forum serait budgétivore. 

Il a tenu à connaître par ailleurs les mécanismes de contrôle interne et externe mis en place pour assurer une gestion transparente des ressources que l’Etat a déjà mises ou mettra à la disposition  du comité national d’organisation.
Kambinga est revenu sur l’incertitude de la participation du président français François Hollande, avant de s’interroger sur les bénéfices politiques que le chef de l’Etat congolais pourrait tirer d’un tel événement, compte tenu des circonstances particulières dans les quelles s’étaient déroulées les dernières élections présidentielle et législatives nationales. Pour finir, il a cherché à connaître la place de la diplomatie parlementaire dans l’organisation de ce sommet. 
Aussitôt après Kambinga, son collègue Emery Ukundji a pris la relève pour demander au ministre Tryphon Kin-Kiey d’éclairer sa religion sur la non connexion de la RDC à la fibre optique, une technologie de pointe, donnant accès à l’internet à haut débit et à moindre cout, lancée le lundi 14 mai en Afrique du Sud. Il a relevé les pertes enregistrées par le Trésor public à la suite du retard consécutif aux tergiversations dans la mise en service de la fibre optique dans notre pays.
A titre indicatif, l’élu de Lubefu a fustigé un manque à gagner actuel mensuel de plus de 20 millions USD.
 
 Tshibanda rassurant…
 
Raymond Tshibanda , ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération Internationale et de la Francophonie, tout en saluant l’initiative républicaine de l’auteur de la question orale sur l’organisation du Sommet de Francophonie, a fait savoir que le peuple congolais peut attendre de ce forum un meilleur rayonnement de l’image de marque du pays, qui vient d’organiser pour la deuxième fois une élection démocratique et de stabiliser son cadre macro-économique.
Plusieurs projets d’investissement  pourraient être ficelés à cette occasion, et donner un sérieux coup de pouce à la croissance qui reste un de défi prioritaire du gouvernement.
Raymond Tshibanda a souligné que l’organisation de ce sommet permettra aux artistes de RDC de valoriser notre diversité culturelle dans le cadre du village culturel prévu à cet effet.
 
Au plan financier, il a révélé que le pays hôte ne prend en charge que 40 délégations de 10 membres chacune, ce qui donne un total de 400 personnes, alors que 4000 à 5000 personnes prendront part à ce sommet, à leurs frais. Il y aura, entre autres effets d’entrainement, l’augmentions des chiffres d’affaires  des opérateurs économiques locaux.
Tshibanda a aussi fait remarquer que le pays aura comme autres gains la réhabilitation des infrastructures de base telles que l’aéroport international de N’Djili et les deux chambres du parlement congolais.
Au plan politique, le chef de la diplomatie congolaise a fait état de la montée de la RDC à la présidence de l’Organisation Mondiale de la Francophonie, en marge de ce sommet.
S’agissant de la présence ou de l’absence du Chef de l’Etat français, Tshibanda a affirmé qu’elle ne changera rien à la tenue de l’événement. Officiellement, la RDC n’est pas saisie de l’agenda de l’actuel locataire de l’Elysée.
 
La fibre optique opérationnelle pendant le Sommet de la Francophonie
 
Pour sa part, le ministre des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, après avoir brossé le tableau sombre de la gestion de ce dossier, a promis le lancement incessant de la fibre optique. Il a assuré la représentation nationale que la fibre optique sera opérationnelle avant la tenue du Sommet de la Francophonie. Kin-Kiey a pris l’engagement de faire finaliser la construction du point d’atterrage de Muanda d’ici mi –juillet.
Il a toutefois fustigé le caractère maffieux du contrat conclu au nom de la République avec un touriste indien. Il a annoncé des mesures spéciales pour sauver le secteur de la poste congolaise au terme des visites qu’il effectue sur le terrain pour palper du doigt les réalités de ce secteur.
Le ministre Kin-Kiey a réafirmé sa détermination à faire de la poste et des télécommunications un des poumons de l’économie congolaise engagée sur le chemin de la croissance, avant de promettre de redorer le blason en adaptant ce secteur au progrès technologique qui caractérise le monde actuel. 
 
Kambinga et Ukundji non satisfaits
 
Les auteurs des questions orales  sont remontés à la tribune pour ouvrir le débat. Germain Kambinga s’est dit non satisfait des réponses du ministre Tshibanda sur la question de la participation hypothétique du président français. Il a souligné que son absence à Kinshasa serait une première car les patrons de l’Elysée ont toujours répondu présents à tous les sommets de la Francophonie.
De son côté, Emery Ukundji a relevé que sa question orale ne consistait pas à connaître la date du lancement de la fibre optique mais plutôt les raisons qui ont provoque la non connexion de notre pays à cette nouvelle technologie le 14 mai en Afrique du Sud, alors  que des fonds conséquents étaient débloqués à ce sujet.
Il a profité de la circonstance pour dénoncer la magouillé qui a entouré ce dossier et qui a permis l’enrichissement sans cause de certains dignitaires du régime actuel.
 
Les députés de l’opposition ont, dans leur grande majorité, jugé inopportune la fête de la Francophonie à Kinshasa pendant que l’Est du pays brûle.
Concernant la fibre optique, l’opposition parlementaire a loué le courage du ministre des PTT et NTIC qui a dénoncé  le contrat maffieux passé avec un touriste indien. Il lui a été demandé aller plus loin en citant des acteurs du réseau maffieux.
Fayulu et Clément Kanku ont promis de mettre sur la place publique l’identité complète d’un membre du gouvernement impliqué dans cette maffia si Kin-Kiey ne peut le faire par devoir de réserve. 
José Makila, extremiste, a exigé la dissolution pure et simple de l’ARPTC (Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications), qui fait souffrir la population congolaise en faisant main basse sur les recettes d’exploitation du secteur de la téléphonie cellulaire et de la poste.
 
ERIC WEMBA 

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