Provinces : les 5 chantiers à la recherche de la visibilité

 


Les gouverneurs de provinces étaient à Kinshasa le dernier week-end. A en croire plusieurs sources, une des raisons de leur présence dans la capitale était de faire le point, autour du ministre des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction, de l’état d’avancement des « 5 chantiers de la République », mais aussi d’examiner les voies et moyens de les rendre davantage visibles.

    On laisse entendre que dans cercles politiques proches de la famille politique du Chef de l’Etat, l’on s’inquiète sérieusement de la manière dont est exécuté le vaste programme devant conduire au désenclavement du pays, notamment à travers la construction et la modernisation des infrastructures de base : routes, ponts, ports, aéroports, bâtiments administratifs, chemins de fer, écoles, hôpitaux, universités, installations sportives, centres culturels, etc. La crainte de beaucoup est de voir la majorité actuellement au pouvoir essuyer de sévères critiques de la part des populations du Congo profond à la fin de la législature en cours.
    Aussi, est-il explicitement demandé aux gouverneurs de province de se montrer plus engagés qu’avant dans la conduite des travaux liés aux «  5 chantiers de la République ». A première vue, l’idée de recadrer l’aménagement ou la réhabilitation des infrastructures de base à travers le pays n’est pas mauvaise. En effet, il se pose un problème réel de leur visibilité, au point que dans certaines contrées de la RDC, des concitoyens se demandent si les « 5 chantiers » ont effectivement démarré, tant ils ne voient rien bouger.
    Même à Kinshasa, les rares artères ayant réellement fait peau neuve sont le boulevard du 30 Juin, le boulevard Triomphal, l’avenue du 24 novembre, l’avenue des Huileries, la route des Caravanes, la partie de la Nationale 1 comprise entre Binza/Ozone et l’UPN. Mais, pour le reste, la ville souffre d’un grave enclavement, à tel point que les embouteillages constituent le lot quotidien des automobilistes. Par ailleurs, des communes et quartiers entiers sont inaccessibles car dépourvus de toute voie de communication.
    Ainsi, le réveil du gouvernement, à travers le ministère des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction, même s’il parait tardif, devrait être réellement porteur d’une nouvelle manière d’agir dans la gestion du dossier des « 5 chantiers ». D’aucuns se rappellent que dans leurs interventions antérieures devant le Parlement réuni en Congrès pour le Chef de l’Etat et le Parlement en session budgétaire pour le Premier ministre, ces deux personnalités avaient décliné des feuilles de route précises à exécuter dans le cadre la construction et la modernisation des infrastructures de base, dont les unes se trouvaient en phase de réalisation, et d’autres en phase de finalisation.
    Mais, qu’est-ce qui fait qu’en cette année électorale, l’on se rendre brutalement compte que les gouverneurs de province ne seraient pas totalement en phase avec le canevas arrêté au niveau de l’exécutif national ? En attendant d’obtenir une réponse à cette question, il est à espérer que le coup de pouce destiné aux 5 chantiers n’est pas lié aux calculs électoraux.
L’autre vœu qu’émettent les Congolais de Kinshasa et de l’arrière-pays est que la rigueur soit de mise dans les travaux d’infrastructures.
    Il ne faut pas que le désir de faire à tout prix plaisir à l’électorat ne dilue la qualité du travail dans des opérations de saupoudrage. S’il y a des autoroutes, des routes et des voies secondaires à construire ou à réaménager, l’on devrait respecter les normes requises en matière de construction des chaussées. Le goudron par exemple devrait tenir au-delà des l’élection et non pas disparaître dès la tombée de la première averse, comme cela arrive le plus souvent pour les routes de Kinshasa. La visibilité des 5 chantiers est une demande collective. Quel est ce Congolais qui n’aimerait pas voir son village ou son quartier sortir de l’enclavement ?

Jacques Kimpozo

 

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