Province Orientale : le Haut-Uélé menace de boycotter les élections de 2011

En colère, les acteurs non étatiques du district du Haut-Uélé (Province Orientale) viennent d’adresser, depuis la cité d’Isiro, une pétition aux autorités nationales et provinciales, en vue d’exprimer leur indignation sur la situation d’insécurité qui persiste dans le bassin de l’Uélé, malgré les « déclarations contradictoires des autorités, notamment du porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende ». En clair, soulignent-ils dans ce document daté du 12 février, les exactions des rebelles ougandais de la LRA (Lord Resistance Army), ainsi que celles des envahisseurs Mbororo se poursuivent inlassablement dans cette partie du pays. Pas plus tard qu’il y a cinq jours, confirme le Père Roger Gaise de l’Université de l’Uélé, des sœurs religieuses ont rapporté de nouveaux cas d’abus perpétrés par ces criminels et ont dû elles-mêmes se mettre à l’abri.

 

Région enclavée totalement, jusqu’à ce jour, constatent-ils, aucune mesure d’envergure n’est prise pour la réhabilitation du tronçon routier reliant Niania à Isiro (la Route nationale 25) ainsi que les autres tronçons. Face à la léthargie dans le processus de décentralisation, cas de l’érection de la cité d’Isiro en ville et des chefs-lieux des territoires en Communes, la Société civile du Haut-Uélé prévient que cela devrait avoir de l’incidence sur la révision du fichier électoral. Autre indignation exprimée, cette fois-ci à l’endroit de la Monusco et des autres agences du Système des Nations-Unies, c’est le rattachement du district du Haut-Uélé à celui de l’Ituri par rapport aux questions prioritaires d’interventions humanitaires et de l’information.

 

Le spectre du boycott

 

Réunis en séminaire de formation sur la nouvelle approche de la campagne de sensibilisation et du monitoring des libertés publiques du 9 au 11 février 2011, les acteurs non étatiques du District du Haut-Uélé ont pris unanimement la décision de ne pas participer aux prochaines élections si la sécurité n’est pas rétablie dans leur contrée.  « Que le gouvernement sécurise le bassin de l’Uélé. Autrement, impossible d’y commencer la Révision du fichier électoral : Echange élection contre la sécurité », ont-ils clamé. Autre recommandation : ils exhortent le gouvernement à proposer au parlement pour adoption, les textes légaux en souffrance par rapport aux questions liées à la décentralisation et leur promulgation par le Chef de l’Etat. Faisant appel au gouvernement de la République, la Société civile lui demande de rappeler à ses partenaires, notamment la Monusco et les agences de l’Onu, que le chef-lieu du district du Haut-Uélé est à Isiro et non pas à Dungu, moins encore à Bunia.

Tshieke Bukasa

 

Leave a Reply