Promouvoir la santé de la femme pour préserver la vie

Dans toute société en générale, et dans celles des pays du tiers monde en particulier, la femme s’est toujours avérée être l’une des plus grandes victimes des dérèglements et problèmes économico-sociaux, politiques et sécuritaires. Par conséquent, la possibilité pour celle-ci, de jouir d’une bonne santé et de préserver son bien-être est réduite. Ce qui sous-entend que l’amélioration de la qualité de vie des femmes passe nécessairement par une transformation de la situation actuelle.

 C’est donc dans cette optique que la Journée d’action pour la santé des femmes a été créée au Costa Rica lors de la 5ème rencontre internationale sur la santé des femmes en 1987. Après huit années de campagne pour combattre la mortalité et la morbidité maternelles, les femmes ont estimé qu’il fallait recentrer la campagne autour du phénomène de privatisation dans un contexte néolibéral. C’est pour cette raison que la Journée internationale d’action de 1997 aura pour cible, les problèmes d’accès à des services de santé de qualité, accès considéré comme un droit des femmes.

Fort malheureusement pour la RDC, un certain nombre d’obstacles comme, l’absence d’infrastructures sanitaires appropriés, le manque ou la carence en information, l’absence de politique et de stratégies adéquates pour combattre certaines maladies, font en sorte que chaque année un nombre important de femmes perdent la vie. Cet état des choses révèle à cet effet, la nécessité qu’il y a, pour les décideurs ensemble avec les personnels de santé, à bien connaitre et bien comprendre les problèmes de santé auxquelles les femmes font face quotidiennement, à mieux cerner leurs causes, afin de prendre des résolutions qui s’imposent et mener des actions concrètes en faveur de la santé des femmes.

Problèmes de santé relatifs aux femmes.

Partant de sa nature, la femme est un être complexe, très souvent exposé à des maladies ou des problèmes de santé qui mettent constamment en danger sa vie. C’est le cas par exemple de la grossesse et de l’accouchement. En portant la vie en elle, celle-ci a non seulement la capacité de donner cette vie, mais elle court aussi le risque de perdre sa propre vie tout au long de l’évolution de la grossesse ou lors de l’accouchement. Selon les statistiques du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), quatre femmes meurent par heure des suites de complications liées à la grossesse ou l’accouchement. Les causes de ces complications sont généralement liées à l’hémorragie et l’éclampsie. A la base de cette situation, notent les experts de l’UNFPA, il y a ce qu’on appelle le 4 trop (les grossesses trop précoces, les grossesses trop tardives, les grossesses trop rapprochées et les grossesses trop nombreuses).

Selon l’UNFPA, environ 19% d’adolescentes de 15 à 19 ans ont déjà donné naissance à au moins 1 enfant, c’est ce qu’on appelle grossesses trop précoces, environ 7% des femmes de plus de 45 ans ayant plus de 7 enfants continuent de mettre au monde, ce sont les grossesses trop tardives. Dans 26% des cas, l’intervalle entre deux naissances est inférieur à deux ans, ce qu’on appelle grossesses trop rapprochées.

            Et une femme sur cinq a donné naissance à 10 enfants ou plus, c’est en ce moment qu’on appelle grossesse trop nombreuse.

C’est ainsi que les experts de l’UNFPA recommandent d’éviter les 4 trop par le recours aux services de planification familiale, d’accoucher en présence d’une accoucheuse ou d’un médecin, et de recevoir les soins obstétricaux d’urgence dans une formation sanitaire en cas de complication pendant la grossesse, lors de l’accouchement ou après celui-ci. En plus des 4 trop, on note également, les avortements à risque qui sont responsables de 13 % de l’ensemble des décès maternels au plan mondial et les femmes africaines ont le plus haut risque de décès liés à l’avortement au monde.

En dehors de ces problèmes liés à la maternité, la femme congolaise en particulier connait également la recrudescence d’un certain nombre de maladies telles que le cancer du col de l’utérus et de sein, le myome, le kyste, le fibrome, la dysménorrhée (règles douloureuses), l’endométriose, le goitre, les infections sexuellement transmissibles, l’endométriose, etc.

Cancer du col de l’utérus et de sein

Le col de l’utérus fait parti de l’appareil reproducteur féminin. Il produit le mucus qui, à un certain moment, peut faciliter le déplacement des spermatozoïdes entre le vagin et l’utérus, et à d’autres, les empêcher d’entrer dans l’utérus. Avant de devenir cancéreuses, les cellules du col de l’utérus subissent des changements et deviennent anormales. Il s’agit d’un état précancéreux, appelé dysplasie du col de l’utérus, qui peut toute fois évoluer vers un cancer en l’absence de traitement.  Le cancer de sein  par contre, est une tumeur maligne qui touche la glande mammaire, qui peut propager des cellules cancéreuses dans tout l’organisme.

Le cancer du sein tient le triste palmarès de 1ère cause de cancers féminins et 1ère cause de décès féminins par cancer avec 11 900 décès estimés en 2012, selon les dernières recherches. Et une femme sur 9 développe un cancer du sein au cours de sa vie. Dans deux tiers des cas, les femmes atteintes de cette maladie ont plus de 50 ans et plus.

Selon les mêmes recherches, Les femmes ayant déjà eu un cancer du sein présentent un risque 5 à 6 fois plus important que la moyenne de développer un cancer dans l’autre sein.

En plus, Les femmes ayant déjà eu un cancer ont un risque 2 fois plus important de développer un cancer du sein.

 Hormis cela, 5 à 10 % des cancers du sein sont des formes héréditaires, c’est-à-dire attribuables à une mutation génétique transmise par un parent. Le risque de cancer du sein est nettement augmenté chez les femmes porteuses d’une mutation et l’âge d’apparition du cancer est souvent précoce (avant 40 ans).

Myomes, fibromes et kyste de l’ovaire

 Les fibromes, les myomes  et les kystes sont des tumeurs  formées de tissus musculaires de l’utérus, de graisses  et parfois de déchets organiques.

 Rien n’est certain au sujet de leur origine et il y a beaucoup de spéculation et de supposition. Selon certains chercheurs, la mauvaise alimentation,  l’absence de rapport sexuel quand la femme en a bien l’âge, l’obésité, l’absence de grossesse serait des facteurs favorisants.  Les gros myomes peuvent s’appuyer sur la vessie, comprimer les intestins, déformer l’utérus, donc causer une infécondité ou entraîner des fausses couches.

Par contre, le kyste de l’ovaire est une tumeur le plus souvent bénigne relativement fréquente dont les causes sont variées. Il se caractérise par une poche remplie de liquide. Une échographie au bout de 3 mois permet de vérifier sa disparition. Si le kyste ovarien ne disparait pas, et en cas de doute, une intervention chirurgicale peut s’avérer nécessaire.

L’endométriose et le goitre

L’endométriose est une affection fréquente dans laquelle de petits morceaux de la muqueuse utérine (endomètre) se développent à l’extérieur de l’utérus. Cela peut se situer dans les trompes de Fallope, les ovaires, la vessie, l’intestin, le vagin ou le rectum. Cette maladie se manifeste souvent par une douleur atroce pendant les règles. Selon les statistiques, 10 à 15% des femmes en âge de procréer sont concernées par cette maladie.

Pour le goitre,  9 femmes sur 1 homme en RDC souffrent du goitre, selon le Dr Bidingija Mabika de cliniques universitaires de Kinshasa. Le goitre est le gonflement de la glande thyroïde située au niveau du cou dans la fosse sus-sternale. Parmi les facteurs favorisants, on a la génétique, l’alimentation (le cyanure contenu dans les tubercules et les céréales) et certains médicaments.

Par ailleurs, dans tous ces cas de figure, la femme doit savoir que la première action en faveur de sa santé doit être menée avant tout par elle-même à travers le dépistage volontaire, afin d’éviter les conséquences d’un dépistage tardif.

Myriam Iragi et Perside Diawaku

Leave a Reply