Programme national de lutte contre la tuberculose : des agents se plaignent de la mégestion généralisée

Le torchon brûle actuellement entre le personnel et le directeur national du Programme national de lutte contre la tuberculose. A la base de la détérioration du climat de travail, la mauvaise gouvernance qui a élu domicile au sein de ce programme important du ministère de la Santé. Selon des échos qui nous parviennent, à Kinshasa, au siège de la direction nationale, tout comme à l’intérieur du pays, dans les coordinations provinciales, les travailleurs n’ont plus le cœur à l’ouvrage. 53 agents du PNLT, rapporte la Voix des sans voix pour les droits de l’homme ( VSV), accusent six mois d’arriérés d’impaiement des primes. Le problème ne date pas d’aujourd’hui, ont indiqué certains agents qui déplorent les retenues drastiques injustifiées opérées sur les primes dont on sait qu’elles compensent la modicité des salaires de fonctionnaires.

C’est d’ailleurs grâce au paiement de ces primes que des travailleurs, infirmiers, laboratins et autres, font fonctionner les divers services du programme depuis des années, à la satisfaction des partenaires extérieurs.
 
Si ces derniers continuent à soutenir le PNLT, c’est parce que le Programme national de lutte contre la tuberculose implanté dans les derniers foyers où sévit la pandémie, réalise jusqu’à présent, la plupart de ses objectifs dont entre autres, la campagne de sensibilisation, le dépistage volontaire, la prise en charge des malades et le suivi des soins médicaux. Selon des informations en provenance de l’intérieur du pays, on laisse entendre que les foyers de la lèpre et de la tuberculose sont sous contrôle grâce aux efforts déployés par les coordinations provinciales, notamment au Maniema, Katanga, Tshikapa et Kolwezi. 
Le cas le plus révoltant est celui d’un laborantin que le PNLT a abandonné à son triste sort, après qu’il ait contracté la tuberculose par le nettoyage des tubes ayant servi au prélèvement des crachats et autres échantillons auprès des malades. Ce garçon de salle du laboratoire privé de la prise en charge, est mourant. Il dépérit à vue d’œil, sans le soutien de son employeur, ni le réconfort de ses dirigeants, alors que pour ses précieux services rendus à la nation, il méritait beaucoup du PNLT.
 
Chose plus inquiétante est le fait que les agents du PNLT qui revendiquent leurs droits sont sous la menace de suspension, de renvoi ou de permutation. Des sanctions disciplinaires abusives sont distribuées au mépris des statuts du programme. On assiste là à une campagne de démotivation des travailleurs qui risque à terme, de dépouiller le PNLT de son personnel médical expérimenté. Faute d’agents dévoués à la cause de la lutte contre la lèpre et la tuberculose, les malades seront sacrifiés et délaissés, car ne pouvant plus être encadrés, suivis et pris en charge.
Ce qui se passe présentement au PNLT, relèvent plusieurs organisations syndicales, ne manquera pas d’inciter les partenaires extérieurs à suspendre leur soutien, étant donné que ce programme est géré comme une boîte privée sans souci de son objectif principal.
La Voix des sans voix pour les droits de l’homme qui craint de voir s’arrêter un jour, les activités du PNLT, invite le Premier ministre Matata Ponyo, le ministre de la Santé et les instances médicales congolaises, à diligenter une enquête indépendante au sein de ce programme tant à Kinshasa que dans les provinces, afin de faire toute la lumière sur la gestion du programme.
 
                                                         J.R.T. 

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