Processus électoral 2010 – 2013: la société civile pose les problèmes de fond

Jean-Baptiste Ndundu, secrétaire exécutif du Réseau d’Organisation des Droits de l’Homme et d’Education Civique d’Inspiration Chrétienne « Rodhecic » a lu hier mercredi 13 juin 2012 à l’intention des médias les observateurs des acteurs sociaux sur le processus électoral 2010 -2013. Cela s’est passé au siège du Rodhecic à Lingwala.
Le travail réalisé par les acteurs sociaux est une synthèse de différents rapports produits dernièrement par les missions d’observation électorale.
Les principales préoccupations soulevées par les observateurs électoraux sont en réalité des problèmes que les acteurs sociaux ont toujours évoqués, a dit d’emblée Ndundu.

Et comme pesanteur identifiée, il y a :
– le faible niveau de confiance à l’endroit de la CENI. Les irrégularités observées lors des scrutins du 28 novembre 2011 ont terni l’image de la CENI. La politisation de cette institution citoyenne n’arrange pas souvent les choses. Il avait été demandé à la CENI de faire l’évaluation de son action. Et puis, tous les acteurs en matière électorale ont l’obligation d’évaluer leurs contributions au processus électoral en cours. Il avait aussi été demandé à la CENI d’opérationnaliser le cadre de concertation avec ses partenaires.
Il est nécessaire de mobiliser les différents acteurs de la société civile pour le suivi de la gestion transparente du processus électoral en RDC. Les acteurs sociaux entendent voir la CENI matérialiser les engagements pris lors de leur atelier de l’évaluation.
– la carence de la culture démocratique des acteurs au processus électoral, on devrait accentuer l’éducation civique sur l’ensemble du territoire national, mais aussi songer à vulgariser les textes relatifs aux élections.
– la faiblesse du pouvoir judiciaire montre que sur les 11 candidats à la présidentielle, un seul a introduit un recours en annulation de ce scrutin. La synthèse fait état de l’inaction du Procureur Général de la République, de l’utilisation illégale des biens et services publics par les partis politiques. Les capacités des magistrats en la matière devraient être renforcées.
– faible sécurisation du processus électoral :
la CENI n’a pas été en mesure d’assurer la sécurité du processus électoral. En réalité, cette tâche incombe au Commissaire Général de la Police.. Le matériel électoral est une donnée importante. De nombreux cas de violence ont été enregistrés pendant la période électorale, dans les bureaux de vote….
Avec ce scrutin, il y aura 6000 circonscriptions électorales et au moins 200000 candidats. Il est impérieux d’implanter 80 tribunaux de paix. L’organisation d’un recensement administratif est également nécessaire. C’est aussi le moment de se mettre d’accord sur le problème des circonscriptions électorales.
– Ils ont relevé la limitations sous diverses formes des libertés d’expressions et de manifestations ainsi que des intimidations à l’endroit des acteurs de l’opposition, des activistes des droits de l’homme, des journalistes.

L’exemple égyptien

Les magistrats égyptiens avaient été impliqués dans l’organisation des récentes élections qui ont eu lieu dans ce pays. N’est-il pas bon d’exporter cette expérience chez nous ?

L’exemple égyptien peut être tenté en RDC. Avoir des magistrats dans les bureaux de vote pour surveiller les différentes opérations électorales est une bonne chose. La Cour Suprême de Justice devrait récupérer les PV,
et s’adonner à un nouveau recomptage des voix, a souligné JB Ndundu.
Quant à l’éducation civique, le secrétaire exécutif a reconnu la difficulté de bien faire ce travail. Ils vont se serrer les coudes pour contourner cet obstacle. La réussite du processus électoral est l’affaire de tous, a-t-il indiqué.
Le secrétaire du Rodhecic a bénéficié du concours des membres du comité de suivi de la société civile de la RDC pour rédiger cette synthèse.


Jean- Pierre Nkutu

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