Prison centrale de Makala : 150 enfants mineurs gratifiés d’une assistance judiciaire

Centre-Penitentiaire-MakalaUne trentaine d’avocats des barreaux de Kinshasa-Gombe et Kinshasa-Matete ont effectué lundi 14 octobre 2013, une descente au pavillon 10 de la Prison Centrale de Makala. Objectif : consulter gratuitement les enfants mineurs indigents, c’est-à-dire dont les parents sont dépourvus de moyens financiers conséquents pour bénéficier de l’assistance d’un avocat. Ainsi, 150 enfants mineurs, au moins, ont eu droit à des consultations gratuites, à une assistance judiciaire bénévole.

 Pour le président du bureau des consultations gratuites du barreau de Matete (BCG/Matete), Me Paul Nayaba Linuana, ces deux journées « Pro Deo » ont été initiées par le Bureau des consultations gratuites du Bureau près la Cour Suprême de Justice, en étroite collaboration avec les deux barreaux de la ville de Kinshasa, à savoir Kinshasa-Gombe et  Kinshasa-Matete, ainsi que les associations de défense des droits humains. Les deux barreaux ont dépêché chacun 15 avocats. Et chaque toge noire a consulté au moins 5 personnes détenues.

La journée du 16 septembre 2013 a été consacrée exclusivement aux adultes et celle du lundi 14 octobre 2013 aux enfants mineurs. Mais, certains avocats en ont profité pour faire le suivi des cas traités lors de la première journée.

         Au nombre de cas les plus récurrents retenus contre ces enfants en rupture avec la société, Me Paul Nayaba a énuméré entre autres le viol, le vol simple et les coups et blessures.

Assister les indigents, un devoir sacré et constitutionnel

         Les enfants, a indiqué le président du barreau de Kinshasa-Matete, Me Ndongo Madjadjo, ne savent pas se défendre. La plupart d’entre eux n’ont pas des parents qui ont des moyens pour pouvoir prendre en charge le devoir de la justice. D’où la nécessité des consultations gratuites.  Celles-ci consistent, d’après le bâtonnier Jean Joseph Mukendi wa Mulumba à « prendre la défense de ceux de nos compatriotes détenus et qui, en raison de leur situation d’indigence, n’ont pas de moyens financiers conséquents pour s’assurer les prestations d’un avocat. Et ce, conformément aux prescrits des articles 50 et 61 de la Constitution et sur base des articles 43 de l’Ordonnance-loi du 29 septembre 1979, portant organisation du Barreau du Corps des défenseurs judiciaires et du corps des mandataires de l’Etat et 63 du règlement intérieur des Barreaux du Congo ».

         Le bâtonnier Mukendi s’est réjoui de l’appui du ministère de la Justice et Droits Humains, ainsi que de l’OSISA pour leur participation à cette activité humanitaire. Son plus grand souhait, est de voir les deux institutions poursuivre cette coopération avec le bureau des consultations gratuites du bureau près la Cour Suprême de Justice pour l’intérêt supérieur de la nation et, plus particulièrement, des personnes indigentes. Car, elles ont également droit à une justice équitable.

De la nécessité de financer la défense des indigents

         Il convient de rappeler qu’il ne saurait exister une République équilibrée lorsque des milliers des citoyens indigents ne bénéficiait d’une justice de qualité comme les nantis. Pour les deux journées (lundi 16 septembre et lundi 14 octobre 2013), 300 pensionnaires de la Prison Centrale de Makala ont eu droit à des consultations gratuites dont 150 adultes et 150 enfants mineurs.

         En RDC, les différents Barreaux de consultations gratuites installés auprès des Conseils de l’Ordre des Barreaux ne sont pas équipés. Le personnel y affecté et le travail que celui-ci exécute sont toujours à charge des Conseils de l’Ordre qui sont obligés de grignoter sur leurs maigres ressources, à défaut d’être supportés par les avocats qui exécutent les désignations… Sous d’autres cieux, ce sont les pouvoirs publics qui financent la défense des indigents. Michel  LUKA

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