Présumés anéantis en 2010 : les Enyele reviennent…

Au cours de son rendez-vous hebdomadaire avec la presse hier mercredi 8 septembre 2010, la Mission de l’Onu pour la Stabilisation de la RDC (Monusco) a rapporté des informations faisant état d’un possible regroupement des rebelles Enyele dans la région de Mobenga, en province de l’Equateur. Par souci de prévention, a indiqué son porte-parole Madnodje Mounoubai, la Force de la Monusco va envoyer une mission pour évaluer la situation. Entre-temps, renseigne-t-elle, l’unité « Riverine » poursuit ses patrouilles de contrôle de zone au Nord et au Sud de l’Oubangui. 

            Les responsables onusiens n’ont pas indiqué si des soldats congolais sont associés à cette équipe de patrouilleurs. Très réservée, pour des raisons évidentes, la Monusco s’est gardée de donner des détails. La « résurrection » des Enyele est une surprise pour le commun de Congolais, qui les croyait à jamais mis dans l’incapacité de nuire  à la sécurité de la province de l’Equateur.

            Il faut craindre, si des assurances ne sont pas rapidement données aux déplacés internes encore cachés dans les forêts et aux réfugiés présents dans des camps du HCR au Congo/Brazzaville, que la peur annihile en eux tout sentiment du retour au bercail.

            Ces récalcitrants Enyele, rappelons-le, ont écumé la partie Nord de l’Equateur entre septembre et novembre de l’année 2009, avant de tenter d’arracher l’aéroport et le port de Mbandaka aux forces loyalistes (FARDC). L’opération coûta la vie à de nombreux combattants tant Enyele que des FARDC, voire de la Monusco (ex Monuc).

            Faudrait-il encore noter, sur le plan humanitaire, que dans le groupement de Lobala-Sud (territoire de Dongo), les personnes déplacées internes retournant dans leur milieu d’origine sont confrontées aux besoins en abris et en biens non alimentaires (NFI). En effet, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies(Ocha), les problèmes d’abri, exacerbés par l’occupation des maisons par certains militaires FARDC, constituent un frein majeur aux mouvements de retour des déplacés.

            Pour sa part, l’Ong COOPI poursuit l’évaluation de la situation nutritionnelle dans la partie Sud de Dongo. A Monkoto, il est signalé une situation nutritionnelle alarmante avec un MAG évalué à 16%. Selon les humanitaires, cette situation donne l’image de la situation nutritionnelle dans beaucoup d’autres territoires du District de la Tshuapa. 

Tshieke Bukasa

 

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