Présidents à vie : l’UNC salue la position de la France

kamerheLe pavé du chef de l’Etat français, François Hollande   contre la monarchie présidentielle en Afrique  lors du dernier sommet de la francophonie qui s’est tenu le weekend dernier à Dakar  réjouit l’opposition congolaise qui ne jure que par l’alternance au pouvoir en 2016.

Dans une déclaration rendue publique hier lundi 1er décembre 2014 à son siège,  dans la commune de Barumbu, à l’issue de  la réunion de son bureau politique présidée  par  son président Vital Kamerhe, l’Union pour Nation Congolaise  a pris  acte  de la disponibilité de la France ainsi que de l’Organisation Internationale de la Francophonie à aider les peuples qui se battent pour la démocratie et la liberté.

Son porte-parole, Jolino Makelele, a fait remarquer que l’Hexagone n’a fait que rejoindre la position de toutes les forces politiques et sociales de l’opposition, de la CENCO et des Etas-Unis,  telle qu’exprimée par le président Obama dont la position est demeurée  inchangée depuis son discours d’Accra.

A cet égard, le parti cher à Vital Kamerhe  rappelle que conformément à la constitution de la RDC, le deuxième et dernier mandat du président Kabila arrive à son terme le 19 décembre 2014 à minuit, ce qui implique impérativement l’organisation de l’élection présidentielle 90 jours avant cette échéance  qui arrive à pas de géant.

L’UNC a exigé de la CENI la publication du calendrier global devant conduire aux élections dans le délai constitutionnel, sans quoi elle rejettera sur elle la responsabilité et les conséquences de tout ce qui adviendrait de ses tergiversations partisanes.

Le deuxième parti de l’opposition redoute la mise en place l’Office National d’Identification de la Population (ONIP qu’il considère comme une institution créée de toutes pièces dans le but d’obtenir une prolongation de fait, étant donné que ce recensement  pourrait prendre 3 à 4 ans, comme l’ont d’ailleurs affirmé les responsables de cette nouvelle institution.

Tout en exigeant la tenue de l’élection des députés provinciaux au suffrage universel direct, conformément à l’article 197 de la constitution pour mettre un terme à l’illégitimité du Sénat, des Assemblées provinciales  et des gouverneurs des provinces, l’UNC juge inacceptable l’argument de manque d’argent évoqué par le pouvoir en place qui, selon elle, détourne et dilapide les deniers publics.

L’UNC rejette toute idée de transition politique cachant mal l’idée de la prolongation  du mandat du président Kabila, en prévenant qu’à l’échéance de 2016, le pouvoir portera seul la responsabilité de la situation qui  surviendrait si la situation du pays reste à l’état.
Elle s’inspire de la bravoure du peuple Burkinabé pour appeler les forces acquises au changement et aux valeurs républicaines à se mobiliser davantage et à faire taire leurs querelles intestines dans l’intérêt supérieur de la nation véritablement en danger.
L’UNC invite  le pouvoir en place, l’opposition politique, la société civile à tirer les leçons du printemps burkinabé, pour éviter de faire sombrer le pays dans le chaos.

Concernant la situation sécuritaire à l’Est du pays, l’UNC a déploré les tueries qui s’apparentent aux massacres des centaines de personnes à Beni dans la province du Nord-Kivu, à Mutarule en territoire d’Uvira,  dans la province du Sud-Kivu, et dénonce  les milices qui imposent la loi privée  au Nord-Katanga et dans la ville de Lubumbashi, sans que le gouvernement n’y apporte de solution.
Abordant le point relatif à l’opération Likofi, l’UNC appuie la position du bureau conjoint des Droits de l’homme des Nations Unies, celle de Human Rights  Watch  et des organisations nationales des Droits de l’homme  tout en réitérant sa condamnation du phénomène Kuluna, qui a causé tant des tords à plusieurs familles kinoises.
Eric WEMBA

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