Présidentielle en un seul tour : Lambert Mende : «Ce choix est moins coûteux…»

 « Notre religion est faite dans la Majorité et cela pour des raisons évidentes : le scrutin à deux tours tel que nous l’avons expérimenté en 2006 n’est pas conforme aux intérêts de notre peuple du point de vue économique, politique et sécuritaire ». Telle est la conclusion du ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende, le lundi 3 janvier 2011, en guise de réplique du gouvernement aux allégations d’inconstitutionnalité des propositions de révision de la Constitution et d’amendements de la loi électorale.

En effet, au cours de cette rencontre avec les professionnels des médias, il a justifié, sur le plan économique, le choix d’un seul tour car il s’agit d’un système électoral moins onéreux. En clair, a-t-il expliqué, le coût de l’élection à deux tours ayant été évalué à 700 millions Usd contre 350 millions Usd pour un scrutin à un tour, le choix est clair.
 
 Du point de vue politique et sécuritaire, le ministre s’appuie sur l’exemple de plusieurs pays africains dont le déroulement des élections sur le strict modèle occidental a abouti à des affrontements à caractère identitaire. « Qu’on se souvienne de la fracture entre Luo et Kikuyu au Kenya, entre Malinké et Peuls en Guinée, entre le Nord et le Sud en Côte d’Ivoire » a-t-il averti, avant de rappeler que chez nous, au lieu d’aboutir à la consolidation de l’unité du pays, le scrutin à deux tours avait engendré une dangereuse bipolarisation Est-Ouest en 2006 avec des affrontements qui « nous firent passer à deux doigts de la catastrophe ».
 Accusant les signataires de la Déclaration de l’opposition de se faire « avocats » d’une extension de la Monusco, au regard des matières sur lesquelles l’Etat congolais a déjà récupérer ses compétences régaliennes, Lambert Mende a fait remarquer que ces opposants sont véritablement « orphelins du fameux Comité International d’Accompagnement de la Transition qui régentait notre pays à un moment où n’existait aucune institution légale et légitime ». Pour le porte-parole du gouvernement, ce que l’opposition cherche n’est autre que le maintien de la RDC sous une tutelle étrangère inavouée sous le prétexte de la sécurisation du processus électoral. Quant à son gouvernement, à l’instar de la Majorité dont il est l’émanation, il s’inscrit en faux contre ce schéma rétrograde rappelant « la veulerie de quelques contemporains du Héros national Patrice Emery Lumumba qui créèrent tout un parti politique pour aider l’administration coloniale à freiner le mouvement d’émancipation de leur propre peuple ».

Tshieke Bukasa

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