Présidentielle : douze candidats pour un fauteuil !

A l’échéance du dimanche 11 septembre 2011, des sources officieuses font état d’une douzaine de candidatures déposées à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). En attendant que cette institution d’appui à la démocratie publie la liste officielle et définitive des participants à la course présidentielle du 28 novembre 2011, on s’en tient donc à ces statistiques.
On cite, dans le lot, Joseph Kabila Kabange, président sortant encore en exercice, Etienne Tshisekedi (président national de l’UDPS), Léon Kengo wa Dondo (président du Sénat et président national de l’UFC), Vital Kamerhe (président honoraire de l’Assemblée Nationale et président national de l’UNC), François Joseph Nzanga Mobutu (Vice-premier ministre honoraire de l’Emploi, Travail et Prévoyance Sociale et « Autorité morale » de l’UDEMO», Antipas Mbusa Nyamwisi (ministre de la Décentralisation et président national du RCD-K-ML), Adam Bombole (député national et président de l’interfédéral du MLC/Kinshasa), Oscar Kashala (président national de l’UREC), Kakese, Djamba et Théodore Ngoy (pasteur en exil), etc.

Certains candidats, indique-t-on, ont fait déposer leurs dossiers de candidatures par le biais des tierces personnes porteuses des procurations signées par eux. En ce qui concerne les familles politiques, la Majorité Présidentielle aligne en principe deux représentants, à savoir Joseph Kabila et Antipas Mbusa. Le Chef de l’Etat, a-t-on constaté, a préféré s’afficher sous le label d’un indépendant.

Les autres candidats connus sont Etienne Tshisekedi, Vital Kemerhe, Léon Kengo wa Dondo, Oscar Kashala, François-Joseph Nzanga et Adam Bombole. La candidature de ce dernier suscite une petite controverse en raison du refus de son parti, le MLC (Mouvement de Libération du Congo), de l’endosser. L’opinion pense que ce paquet de candidatures aurait été suscité par ceux qui veulent accréditer la thèse d’une opposition divisée face au président sortant. Mais on sait que dans ce groupe, tout le monde n’est pas opposant. Il y a des Kabilistes et des néo-Kabilistes notoires qui tentent de se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas, mais l’opinion n’est pas dupe.

Par rapport à 2006, où on avait compté 30 candidats, les ambitions politiques des Congolais sont revues à la baisse. Parmi les candidats présidentiables de 2006 absents de la bataille présidentielle en 2011, il y a lieu de citer le patriarche Antoine Gizenga, les anciens Vice-présidents de la République Jean-Pierre Bemba, Azarias Ruberwa et Arthur Z’Ahidi Ngoma, l’ancien ministre des Mines Eugène Diomi Ndongala, l’ancien ministre des Sports Timothée Moleka Nzulama, Dr Anatole Matusila, les sœurs Wivine et Marie-Thérèse Nlandu, le pasteur Mukungubila, etc.

On croit savoir que la caution financière décidée par le législateur, à savoir 50.000 dollars américains, a refroidi l’enthousiasme de certains.
Au plan des pronostics pour cette présidentielle à tour unique, Joseph Kabila et Etienne Tshisekedi font figure de super favoris. Les Congolais, au lieu d’avoir l’embarras du choix, vont plutôt se prononcer en faveur de l’un ou de l’autre. D’où, certains observateurs s’interrogent sur le sens de certaines candidatures dont les auteurs paraissent n’avoir aucune chance de récolter ne serait-ce 1% de voix. Les acteurs politiques congolais seraient-ils si mal organisés qu’ils ne pourraient pas se rendre compte de l’échec certain qui les attend le 28 novembre 2011 ?

En principe, l’élection présidentielle est largement ouverte. Il reste à savoir si l’espace politique et les médias seront accessibles à tous ceux qui aimeraient bien sensibiliser les Congolais à leurs projets de société, pour le changement d’alternance politique. Dans l’hypothèse de l’impossibilité pour certains présidentiables de faire le tour du Congo et de parler partout où ils voudraient, à cause de l’insécurité, de l’intolérance politique ou des obstructions diverses émanant des agents de la territoriale, l’on devrait désespérer d’une élection présidentielle libre, démocratique, transparente et apaisée.
Pourtant, le pays a besoin d’un élu qui serait le plus méritant au niveau des urnes. Les Congolais seraient bien malheureux, comme en 2006, si on assistait aux violences préélectorales et post-électorales, avec des urnes brûlées, des bureaux de vote saccagés et des affrontements armés entre militaires ou milices des candidats.

Il faut saluer, dans ce contexte, ceux qui ont eu l’honnêteté de ne pas se taper une publicité négative à travers des scores ridicules. Curieusement, en dépit de l’agitation orchestrée autour de la parité et du « genre », aucune candidature féminine n’a été enregistrée pour la présidentielle. Signe des temps ? La Congolaise ne parait pas suffisamment outillée pour affronter une compétition aussi relevée.

Jacques KIMPOZO

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