Président du PPPC : Mabanga exige une enquête sur les pilleurs du Bas-Congo

Joseph Mabanga, président du PPPC (Parti du Peuple pour le Progrès du Congo (PPPC), est sorti de ses gongs le vendredi 28 juin 2013, dans l’enceinte du Faden House, face à la presse. Il a exigé, haut et fort, une enquête sur les pilleurs de la province du Bas-Congo, qui se recrutent parmi les animateurs de l’exécutif provincial sortant et les députés provinciaux en instance de rendre leurs tabliers. Cet acteur politique les accuse d’avoir, pendant cinq ans, pompé l’essentiel des recettes de la province, en les affectant à leurs émoluments ainsi qu’à ceux de leurs personnels politiques.

Au finish, le Bas-Congo s’est retrouvé non seulement les caisses vides mais pire, avec des dettes de l’ordre de cinq millions de dollars américains au niveau des banques, sans compter des arriérés salariaux de 600 millions de FC pour des individus qui s’étaient tapés 300 Fc d’indemnités de sortie. Il a fait aussi état de la disparition ou de la vente de 177 tracteurs affectés par le gouvernement central à cette province, ce qui représente plus de 11 millions de dollars américains. Toutes les Jeep Toyota achetées aux frais de la province ont été déclarées « déclassées » puis rachetées à vils prix par les ministres sortants et le gouverneur intérimaire, selon Mabanga.

            Après ce coup de colère, il en est arrivé au travail du nouveau gouvernement provincial conduit par Jacques Mbadu. A l’en croire, les finances provinciales se portent mieux. Pour l’attester, il a cité le cas du remboursement de 2 millions Usd sur un trou de 5 ainsi que l’apurement de la dette de 600 millions FC auprès de la BIC.

 Le nouveau patron de l’exécutif provincial a réussi à acheter 9 motos pompes (162.000 Usd/pièce) pour la desserte en eau potable dans la ville de Matadi et 43 transformateurs (120.000 Usd/pièce), sur fonds propres, pour la fourniture de l’énergie électrique. Les cités de Nkamba et Gombe-Matadi vont bientôt être électrifiées, grâce à un financement de 11 millions Usd. 44 écoles ont été réhabilitées et équipées. Bref, à son avis, le Bas-Congo se trouve entre de bonnes et sa population peut s’attendre à des lendemains meilleurs.

Opérateur agricole à temps plein au Plateau de Bateke, dans la banlieue de Kinshasa, Joseph Mabanga a dénoncé le fait que le secteur agricole est presque absent des débats politiques. A son avis, le gouvernement devrait réserver au moins 30 % du Budget national à l’agriculture, s’il tient réellement à sa mécanisation, à la disponibilité des semences améliorées, au financement des campagnes agricoles, à l’aménagement des routes de desserte agricole, à la création des usines de transformation agricoles, à l’e’ncadrement efficace des pays sous-développés, etc.

            Interpellé au sujet du caractère irréaliste d’une telle option, l’interlocuteur de la presse a démontré, chiffres à l’appui, que si chaque député et sénateur gagnait l’équivalent de 3.000 Usd au lieu de 10.000 Usd le mois, cela donnerait plus de 70 millions de dollars par an, de quoi financer des cultures telles l’arachide tous les trois mois. S’il l’on rabattais les émoluments des ministres et membres de leurs cabinets d’Etat économiserait plusieurs dizaines des dollars, si l’on défalquait un dollar Us pan mois sur 10 millions d’abonnés des sociétés de télécommunications, cela apporterait 7 millions Usd le mois… et si l’on dégageait quelque chose chaque mois sur les 18.000 véhicules qui payent le péage de Kasumbalesa…l’agriculture ne serait plus la parente pauvre de la République.

Parlant du Cameroun, il a révélé que ce pays exporte des « safous » et des feuilles de manioc vers les USA.

Au chapitre politique, il a déploré l’absence criante de l’autorité de l’Etat dans la partie Est. S’agissant des concertations politiques, il n’est pas d’accord avec leur leadership. Il faut une modération internationale neutre. Pour ce qui est de la Constitution, il a martelé que personne n’a le droit de la réviser. Et de lancer : « touchez pas à mon 220 ! ». Il pense que si les Congolais se lèvent tel un seul homme contre la révision constitutionnelle, celle-ci ne se fera jamais.

                                   Kimp

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