Polydor Muboyayi, président de l’OMEC : «Force est de constater que les dérives ont la dent dure…»

muboyayi_polydor_le_phare (1)C’est avec une joie immense que l’Observatoire des Médias  Congolais, OMEC en sigle, vous souhaite la bienvenue dans ce magnifique cadre de Fleuve Congo Hôtel.

Joie immense parce que la manifestation à laquelle vous êtes conviés ce   jour marque le début d’une nouvelle ère pour la presse congolaise avec le lancement officiel d’un site spécial pour le monitoring de l’Omec.

Baptisé « Allo Omec », ce site présente une grande particularité, celle d’impliquer les consommateurs des médias dans le processus d’amélioration des contenus de la presse nationale. Vous pouvez le consulter à tout moment en allant à l’adresse www.alloomec.net

Pourquoi impliquer les consommateurs ? La réponse est simple. Depuis mars 2004, l’OMEC a mené plusieurs actions destinées à combattre les violations des règles fondatrices du métier d’informer dans notre pays. Nous avons diffusé le Code de déontologie du journaliste congolais, le Guide pratique du journaliste en période électorale, des affiches murales etc. Nous avons mené une campagne vigoureuse de vulgarisation des règles d’éthique et de déontologie qui nous a conduits dans tous les chefs-lieux des provinces. Nous avons fait de l’autorégulation in situ en nous rendant dans certaines salles de rédaction et en discutant directement avec les journalistes sur les dérives récurrentes relevées dans leurs productions.

Mais en dépit de tous ces efforts, force est de constater que les dérives ont la dent dure. On en connaît certes les raisons mais en attendant d’y trouver des réponses, l’instance nationale d’autorégulation des médias en RD Congo a jugé nécessaire d’utiliser la stratégie de lampe-témoin en intégrant le public dans le processus d’autorégulation où il est appelé à jouer le rôle de surveillant.

Grâce à cette lampe-témoin, l’Omec complète ainsi la gamme de ses moyens d’action obtenus avec le concours du Programme Interbailleurs Médias pour la Démocratie et la Transparence en République Démocratique du Congo.

Ainsi donc, trois jours après la réactivation du site officiel de l’Omec, accessible aussi à tous 24 heures sur 24, sous le label www.omecrdc.net, un double monitoring électronique est désormais opérationnel au niveau de l’instance d’autorégulation des médias en République Démocratique du Congo.

            S’agissant particulièrement du site qui va être lancé tout à l’heure, il nous faut préciser qu’il comporte deux volets, l’un réservé au public, et l’autre aux membres de l’Omec. En attendant que les techniciens vous fournissent les détails sur le fonctionnement de ce système, nous pouvons d’ores et déjà affirmer que les consommateurs des médias et les journalistes, ont désormais la possibilité de porter à la connaissance de l’Omec les cas présumés d’atteinte à l’éthique et à la déontologie, les menaces diverses dont seraient l’objet les journalistes dans l’exercice de leur métier, les cas d’arrestation ou condamnations judiciaires des journalistes, les messages de solidarité entre membres de la corporation, etc.

            Disons, en termes simples, que pour faire parvenir à l’Omec une plainte en rapport avec l’éthique et la déontologie ou une alerte concernant un journaliste en danger, il n’est plus nécessaire de parcourir des kilomètres à pieds ou en voiture de sa maison ou son bureau pour notre siège de la Gombe. Les Congolais résidant à Kinshasa comme ceux des provinces ont la même opportunité de contact avec l’Omec, grâce à ce nouveau site internet.

            Dans le souci d’une claire identification de différents correspondants de l’Omec, une fiche électronique sera automatiquement mise à leur disposition dès qu’ils cliqueront sur l’onglet « Soumettre un cas » ou « Alerte ». Cela permettra l’authentification des cas à examiner, la localisation des correspondants et la vérification des faits allégués. Ce type de travail se fera en interne, sur internet. Le résultat ne sera connu du grand public qu’une fois approuvé par la hiérarchie de l’Omec et affiché.

            L’autre nouveauté de taille à signaler dans la page d’accueil du site de l’Omec est la mise à la disposition du public de plusieurs « numéros verts », dont l’utilisation est totalement gratuite. Ces numéros pourront servir à la fois aux dénonciations des dérives d’ordre éthique et déontologique ou à alerter l’Omec pour des cas des journalistes en situation difficile. Les correspondants de l’Omec peuvent être assurés que leurs messages vocaux seront enregistrés automatiquement et transmis au pool de monitoring pour traitement.

            Ce que tout le monde peut désormais partager, sans la moindre restriction, dans le site de l’Omec, ce sont les différents ouvrages qu’il a réalisés depuis sa création en 2004, notamment le « Code de déontologie et d’éthique du journaliste congolais » et le « Guide pratique du journaliste en période électorale ». Le même espace public affiche tous les communiqués, rapports de monitoring, rapports d’ateliers déjà produits par l’Omec. La même vitrine est appelée aussi à accueillir toute la production médiatique présente et future de l’instance d’autorégulation en RDC.

            Le monitoring électronique devrait, nous l’espérons, rapprocher davantage l’Omec des institutions publiques, des milieux diplomatiques et d’affaires, des professionnels des médias et de leurs organisations, mais surtout des consommateurs des médias.

            C’est le lieu ici de remercier le Programme Interbailleurs Médias pour la Démocratie et la Transparence en RDC pour son appui financier, la société « Altitude Concept » pour son concours technique ainsi que toutes les bonnes volontés qui s’investissent dans l’amélioration des contenus de nos médias.

J’ai dit et je vous remercie

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