Politisation de la CENI et déséquilibre entre institutions

La Fondation pour une Société ouverte en Afrique Australe « Open Society Southern Africa » et Afrimap ont présenté  le mardi 30 novembre 2010 à l’hôtel Sulutani le rapport relatif aux premiers pas de la III ème République. Des parlementaires, représentants des ong internationales, des partis politiques, ministères… ont pris part à cette activité.  Qui    a été précédée par une  conférence de presse tenue  au siège d’Osisa,  le même mardi  à Gombe.  Le président du Sénat y a été représenté par son directeur de cabinet adjoint.

            Le premier à prendre la parole a été le numéro un d’Afrimap. Cette asbl  est  spécialisée dans la  recherche et le monitoring.  Le rapport publié ce mois ci  fait partie du projet de recherche  au niveau continental. Il a pour finalité de générer le dialogue  au niveau national.

            Le constat fait est que le problème de gouvernance se pose surtout au niveau de l’application des règles. Par ailleurs, c’est la participation populaire qui  fait avancer ce processus.

             Hubert Tshisuaka, une des têtes pensantes d’Osisa a pris le relais pour dire qu’ils sont présents dans dix pays d’Afrique Australe. Apolitiques, ils favorisent le dialogue entre différents acteurs de la société et  travaillent avec les acteurs sociaux et les institutions politiques.

            Roger Mvita, coordonnateur d’Afrimap a fait savoir que le projet Afrimap pour la RDC a commencé en 2007. Ils se sont surtout intéressés aux problèmes de la justice, de l’Etat de droit…. Et ont recouru aux consultants  à qui ils ont inculqué leurs méthodes de travail.

            Les prof Ngoma Binda, Otemikongo, la chercheuse   Moswa auxquels se sont joints des  célébrités  de la société savante ont rédigé ce volumineux ouvrage. Osisa et Afrimap ont apporté des moyens. 

 La sonnette d’alarme  d’Osisa et d’Afrimap 

            Résumant l’ouvrage, Roger Mvita, Pascal Kambale, directeur adjoint d’Afrimap…. ont  fait  remarquer aux médias dans la matinée  avoir noté des avancées notables lors des quatre dernières années. Les élections de 2006 ont contribué à la mise en place des mécanismes  de participation politique les plus légitimes des quatre dernières décennies.

            La Constitution de 2006 contient des garanties  les plus larges  d’une meilleure participation des citoyens aux affaires publiques. Elle jouit d’une large légitimité. La production législative  est relativement abondante.

Mais,  ils relèvent que l’effectivité des mécanismes de participation politique  est de plus en plus érodée. Il s’installe aussi un déséquilibre entre institutions au profit de l’exécutif et du Président de la République.

            Les rédacteurs de l’ouvrage déplorent également la politisation de la CENI, les défaillances au niveau du contrôle parlementaire, la multiplicité cancéreuse des partis politiques, le débauchage des membres de l’opposition. Ils s’inquiètent aussi  des velléités relatives à la révision de la Constitution.

            Comme principales recommandations, OSISA et son pendant demandent à l’exécutif et au parlement de s’abstenir de violer les dispositions intangibles de la Constitution, de définir des critères clairs  pour une mise en application immédiate de la loi sur le financement public des partis politiques  Ils demandent aussi à nos décideurs de rétablir le consensus national  sur les fondamentaux des élections  et au renforcement de la fiabilité du système électoral…. 

Jean- Pierre Nkutu

 

Leave a Reply