Pétition de la Société Civile pour la paix au Nord-Kivu

Société CivileLes populations des territoires libérés du Nord-Kivu se consacrent aujourd’hui, timidement, à leurs activités agricoles, minières, de pêche et économiques. A la base de leur peu d’enthousiasme les affres de multiples guerres, les séquelles des exactions, de violences et viols, ainsi que la montée de l’insécurité avec les anciens miliciens et les démobilisés des groupes rebelles. Dans cette ambiance d’incertitude du lendemain, la société civile ne cesse de déplorer la précarité de la situation sécuritaire avec des anciens miliciens divagation et les risques majeurs de voir les démobilisés des groupes rebelles abandonnés à leur triste sort dans les centres de DDR, reprendre le chemin de la rébellion.

 Ces populations encore traumatisées, comme il faudrait le signaler, réclament au gouvernement, plus de sécurité dans les territoires libérés où persistent quelques poches d’insécurité. C’est pour répondre à ces besoins sécuritaires  que le Réseau pour la Réforme du Secteur de Sécurité et Justice a lancé le vendredi 25 avril 2014, à l’Institut professionnel de la Gombe, la campagne de plaidoyer en direction du gouvernement. La collecte de signatures est intervenue ce jour-là avec des organisations de la société civile et devra se poursuivre jusqu’à atteindre le nombre requis.

Le coordonnateur national du Réseau pour la Réforme du Secteur de Sécurité et Justice a justifié la démarche en s’appuyant sur les plaintes des paysans, des opérateurs économiques, des jeunes, des exploitants miniers artisanaux et des femmes… des territoires jadis sous la coupe des groupes rebelles et des miliciens Maï-Maï. Plaintes relatives à l’insécurité grandissante avec les nombreux miliciens ayant déposé les armes et renoncé à leurs activités insurrectionnelles et devenus des marginaux, donc un danger pour la population. Il y a aussi les démobilisés des groupes rebelles qui attendent les instructions des responsables des Fardc avant d’être pris en charge et formés dans les centres de DDR.

 Priorité : placer les territoires libérés sous la protection de la police de proximité

Faute de moyens de subsistance et d’être vite insérés dans un programme de formation adéquat, a-t-il fait remarquer, les éléments  de ces groupes rebelles habitués à vivre de l’exploitation des mines artisanales, seront tentés de reprendre les armes et la nostalgie de se lancer dans une nouvelle rébellion. Il est temps que le gouvernement prenne vite la mesure des défis sécuritaires qui se posent aux populations et de la situation sécuritaire délétère dans tous les territoires jadis sous occupation des rebelles.

Le Réseau pour la Réforme du Secteur de Sécurité et Justice propose au gouvernement d’envisager dans les plus brefs délais, le départ des éléments de la Légion nationale d’intervention basés dans ces territoires, pour la mise sur pied d’autres services de police capables d’assurer la protection des personnes et de leurs biens, en recourant en priorité aux éléments formés à la doctrine de la Police de proximité. Ces derniers éléments, fera-t-il remarquer, pourront, grâce à leurs solides connaissances de résolution des conflits, au partenariat avec la population et de la mise en application des autres principes de fonctionnement de la police de proximité, garantir une cohabitation harmonieuse avec la population locale pour mieux gérer collectivement les problèmes de sécurité. Autre avantage : ces unités de la police de proximité sont outillées pour la sécurisation des processus électoraux futurs (législatif, présidentiel, sénatoriaux, provinciaux et locaux ).

Aussi dans leurs recommandations au gouvernement, les organisations de la société civile qui accompagnent la réforme du secteur de sécurité et justice lui demandent de dépêcher la police de proximité dans toutes les zones jadis occupées par le M 23 et d’autres groupes armés, et ce, avec l’appui et l’expertise des partenaires techniques et financiers qui se sont investis déjà dans l’expérimentation de cette approche, notamment le DFID, la Mission Eupol, le Pnud et l’Unpol.  En outre, elles recommandent à l’exécutif national d’assurer le maintien de l’expertise policière d’Eupol et d’Unpol, ainsi que d’autres partenaires impliqués dans la réforme de la police pour plus de consolidation des acquis.

            Signalons qu’une campagne de sensibilisation sur la police de proximité modérée par le pasteur Madifuta, expert de la société civile au CSRP, avait précédée l’opération de collecte des signatures. Elle a été animée par les experts du Comité de suivi de la réforme de la police, les commissaires supérieurs Daniel Makakuna, Jean-Rémy Kanga, le commissaire supérieur adjoint André Musangu, Mme Betty Mweya, et Tabo Cebuluzi, expert du ministère du Plan. Ces orateurs ont entretenu les participants sur la police de proximité, sa doctrine, son organisation, son évaluation, les défis et les perspectives d’avenir, et l’organisation et le fonctionnement des conseils locaux de sécurité de proximité et des forums de quartiers.

                                                                                                               J.R.T.

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