Peine de mort pour 5 « conspirateurs » !

Le procès des insurgés de la Pentecôte tend lentement mais sûrement vers son atterrissage. En effet, au cours de l’audience du jeudi 25 février, le ministère public, organe de la loi, a prononcé un long réquisitoire contre les 44 prévenus accusés de participation à un mouvement insurrectionnel, de vol et dissipation d’armes de guerre et meurtre, à la suite des événements survenus dans la nuit du 27 au 28 mars 2004. A l’issue de son attaque, le ministère public n’est pas allé par le dos de cuillère dans la demande des sanctions : la peine de mort pour 5 personnes ; 20 ans de réclusion pour 29 personnes ; 7 ans pour 13 autres et 6 ans pour un individu. Il a toutefois sollicité l’acquittement pour les personnes contre lesquelles aucune charge n’a été retenue. Il s’agit de Dieudonné Mbelema, Santos Koto Ngbunguma, Georges Tshibangu Wa Tshibangu, Lundi Bosenge Ingondo et Kasongo Tshitangu.

En ce qui concerne le lieutenant Bobo Toromina alias « Sergha », le ministre public a loué ses qualités intellectuelles, son sens de l’organisation et son courage dans la préparation de ce « coup », mais a fermement condamné l’idée d’une réclamation collective des conditions sociales prônée par l’ex Faz. « L’armée est une société organisée, structurée et caractérisée par la discipline. Quel que soit la grandeur de vos raisons, dans l’armée il est interdit de réclamer collectivement, même au nom d’une couche des militaires bafoués » a clamé le ministère public.

Rappelant les faits, l’accusation a déclaré que le lieutenant Toromina dit « Sergha » est un ancien de l’ex Division Spéciale Présidentielle( DSP) dont les idées noires ont commencé à traverser la tête depuis la prise du pouvoir par l’AFDL en 1997. Ainsi, il va créer un mouvement de revendication des droits dénommé « Comité Militaire de Restauration de la République » (CMRR) avec pour objectif principal de déposer les institutions puis de changer les conditions de ses congénères. C’est à Brazzaville qu’il va prendre des contacts avec des anciens dignitaires de la 2ème République dont le général Nzimbi pour le financement de son mouvement. « C’est ainsi qu’il atteindra le montant de 27.000 dollars et commencera le recrutement avec un noyau d’anciens éléments de la DSP et de l’ex Garde Civile. A chaque membre, il a donné un nom de code » a révélé l’accusation.

Poursuivant sa dénonciation, le ministère public a récusé l’argument des « conspirateurs » selon lequel c’est l’AFDL qui a enseigné à tout le monde de revendiquer ses droits, y compris les hommes en uniformes. Affirmant par ailleurs que les procès-verbaux des prévenus ont été dressés dans les normes, le ministère public a demandé des sanctions sévères contre les prévenus d’abord pour abstention de dénonciation. Ensuite, pour infraction de détention illégale des armes et munitions de guerre. Troisièmement pour prévention de meurtre, surtout à l’endroit de Jean-Louis Geremba dit « Gédéon » qui aurait abattu un militaire en service. Enfin, pour participation au mouvement insurrectionnel.

Face à cette diatribe, la défense a sollicité deux semaines avant de répliquer au ministère public. Le prochain rendez-vous est pris pour le jeudi 11 mars 2010.

Tshieke Bukasa

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