PCR/Kinshasa : permutations !

missionL’heure est aux permutations au sein de la Police de Circulation Routière (PCR) de la ville de Kinshasa. Selon des sources proches de cette unité spécialisée de la Police Nationale Congolaise, officiers et éléments sont réaffectés progressivement dans des carrefours et bureaux des districts autres que ceux où ils opéraient auparavant. Depuis deux semaines, la cour intérieure de l’Etat-major de la Police de Circulation Routière, au croisement du boulevard du 30 Juin et de l’avenue du Port, des centaines de policiers de « roulage » et leurs « chefs » attendent impatiemment leurs nouvelles destinations vers les districts de Lukunga, Funa, Tshangu ou Mont-Amba.

On laisse entendre que ce vaste chambardement vise à casser les mauvaises habitudes qui gangrènent la Police de Circulation Routière. La hiérarchie voudrait voir disparaître des antivaleurs telles que le rançonnement systématique des conducteurs des bus, taxi-bus et taxi sous la pieuse formule de « Mabonza » (pourboires obligatoires), les ristournes entre policiers, la « rétrocession » d’une partie des « mabonza » aux officiers, les arrestations arbitraires, le verrouillage des carrefours par des meutes de « roulage », le blocage du trafic pendant la collecte des « mabonza ». Il y a aussi la recrudescence d’incidents avec des conducteurs, des officiers de l’armée et de la police, des agents des services de renseignements, des autorités politico-administratives sans escorte, etc.

A cause d’abus divers, notamment l’érection des « mabonza » en système et la perception illicite d’amendes illégales, la Police de Circulation Routière a très mauvaise presse à Kinshasa. Les usagers de la route ont de plus en plus le sentiment que lorsqu’il y a plein d’agents en uniforme au niveau d’un carrefour ou d’un parking pour véhicules commis au transport en commun, le trafic automobile connaît de sérieuses perturbations. A l’inverse, les automobilistes subissent moins de tracasseries quand les éléments de la PCR règlent correctement la circulation, sans chercher à la faire la chasse aux conducteurs. L’on rencontre d’ailleurs moins d’embouteillages à Kinshasa sur les tronçons peu fréquentés par les « roulages ».

 Les permutations des officiers et éléments de la PCR seraient également dictées par le souci de casser le copinage entre ceux-ci et les conducteurs des taxi-bus, bus et taxis, qui foulent systématiquement aux pieds le Code de la route, car assurés de ne pas être inquiétés par tous ceux qui vivent de leurs « mabonza ».

La grande inconnue reste à savoir si le changement des mentalités tant espéré chez les « roulages » pourrait s’opérer à la faveur des permutations en cours. Cela ne pourrait être possible que si la hiérarchie ne se compromet pas dans l’entretien des « maisons commerciales » au sein des bureaux de la PCR, selon les termes du ministre des Transports et Voies de Communications, qui avait en son temps condamné énergiquement les pratiques maffieuses ancrées dans ce corps. L’émergence d’une nouvelle PCR implique le contrôle permanent des actes que posent les agents sur les routes et leur sanction par la hiérarchie, sans oublier le dépoussiérage les dossiers privatisés par des OPJ et autres galonnés. En fait, la réhabilitation de la PCR comme partenaire incontournable et honnête des usagers de la route exige, de la part de ses cadres et agents, une nouvelle approche de leur utilité sociale comme service public tourné vers l’apostolat et non la recherche aveugle du profit.

Kimp

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