Paie des policiers à l’Equateur : la bancarisation entravée par l’enclavement de certains villages

Appelée à couvrir régulièrement toute la république, la bancarisation de la paie des agents et cadres de la Police nationale congolaise, connait dans l’arrière-pays, d’autres réalités et même des couacs qui ont été portés à la connaissance des instances supérieures de la PNC. C’est pour s’enquérir de ces problèmes pouvant démotiver la troupe, que l’inspecteur général adjoint Jean François IssiaBolofe, en charge de l’audit, investigations et évaluation, vient d’effectuer une mission de contrôle de deux semaines dans la province de l’Equateur.

            Il a regagné Kinshasa la semaine passée, avec dans sa mallette, un rapport détaillé sur les principales incohérences qui entravent cette opération et qu’entretenaient certains fonctionnaires de l’Etat, faisant partie de la chaîne de la paie en province. Le constat général est que des impaiements persistent. Et comme il faut remettre de l’ordre dans ce secteur sur l’ensemble du territoire national, l’inspecteur général adjoint Jean François Issia pourra poursuivre prochainement cette même mission dans d’autres provinces.

            A Mbandaka, comme il faudrait le rappeler, le commissaire divisionnaire adjoint IssiaBolofe a passé en revue toute la chaîne de la paie des policiers, de l’arrivée des fonds au chef-lieu de la province jusque dans les coins reculés aux guichets de banques ou des coopératives d’épargne. Non seulement, il a recueilli des explications des responsables des ressources humaines et ceux chargés de la paie pour tenter de déceler des incohérences à la base de nombreuses perturbations dans la libération de la solde due aux fonctionnaires de la PNC.

L’inspecteur général adjoint Jean François IssiaBolofe s’est trouvé confronté aux réalités de l’enclavement de certains villages de la province, non accessibles par voie routière à la suite de la détérioration très avancée des routes en terre battue non entretenues depuis des décennies. D’autres coins que l’on peut atteindre par des pirogues présentent entre autres problèmes, l’absence des agences et succursales de banques. Même des coopératives d’épargne ou des agences de transfert des fonds n’ont pas encore ouverts des bureaux de représentation, rendant la situation plus critique sur le plan des mouvements des fonds.

Le commissaire divisionnaire adjoint IssiaBolofe vient donc de réaliser que la bancarisation de la paie des agents et cadres de la police, a encore un long chemin à parcourir, surtout pour des coins enclavés qui attendent d’être reliés aux grands centres, ou par l’ouverture des pistes d’aviation pouvant accueillir de petits porteurs.

Nous apprenons d’autre part, qu’il en a profité pour lancer la campagne de vulgarisation de la loi portant organisation et fonctionnement de la Police nationale congolaise, loi qui régit ce corps chargé d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens.

Plus jamais des policiers au service des épouses des officiers

            Dans son intervention devant les représentants de forces vives de la province, l’inspecteur général adjoint Jean François IssiaBolofe a insisté sur les missions de l’Inspection générale de la PNC qui consistent en l’évaluation du respect des droits fondamentaux de citoyens, des droits de l’homme et de la protection des libertés individuelles et collectives, dans l’exercice de la fonction de la police.

Il a mis un accent particulier sur le contrôle de la gestion rationnelle des ressources humaines, financières et matérielles mises à la disposition de différentes unités et services de la PNC, avant de montrer les avantages introduits par la réforme de ce corps avec l’appui des partenaires. Ce qui tranche avec les antivaleurs du passé qui entretenaient les détournements des deniers et biens publics, ainsi que le détournement de la main-d’œuvre. Désormais, a-t-il fait savoir, un officier ne peut plus utiliser un policier pour accompagner sa femme au marché et transporter son panier.

L’utilisation d’un policier, devait-il souligner, devra faire l’objet d’un ordre de mission spécifiant de façon claire les tâches spécifiques que le policier doit accomplir dans un délai court.

C’est pour contrôler l’adéquation et la fiabilité de l’équipement des infrastructures mises à la disposition de la police, que l’Inspection générale de la PNC a été déployée sur toute l’étendue du territoire national. A ce sujet, le commissaire divisionnaire adjoint Jean François IssiaBolofe a fait remarquer que son unité est aussi chargée de contrôler et d’évaluer la formation assurée aux policiers, ainsi que de la mise en œuvre du code de déontologie du policier. C’est dans ce cadre que l’Inspection générale de la PNC est outillée pour effectuer l’évaluation des performances et des capacités opérationnelles et administratives des unités et services de la PNC.

Enfin, il a fait savoir que son unité est chargée d’ouvrir des enquêtes sur les manquements des policiers ou abus et dérapages des services, avant de proposer soit des sanctions administratives ou de transférer les dossiers judiciaires des auteurs de ces manquements devant les tribunaux et cours militaires, pour des sanctions pénales.  J.R.T. 

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