OSISA : le travail décent, un pari difficile pour la RDC

osisaLa République Démocratique du Congo est comptée  parmi les pays qui ont un taux de chômage très élevé. Ce taux de chômage avoisine les 71% de la population congolaise. A cet effet, Open Society Initiative for Southern Africa (Osisa en sigle) a organisé une matinée d’échanges dont les participants étaient essentiellement constitués des membres des organisations de la société civile. Elle était animée par les deux directeurs  du département de l’emploi au ministère de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale  ainsi  que Angélique Kikudi, directrice générale de l’Office National de l’Emploi (Onem en sigle).

Cette matinée d’échange avait pour thème : « la présentation des forces, faiblesses et défis à relever en matière de création d’emplois décents  en République Démocratique du Congo ».

La problématique de l’emploi étant une matière très vaste et complexe dans le monde en général et au Congo en particulier, les interventions étaient focalisées sur les sous-thèmes suivants :

-les forces et faiblesses des politiques publiques  en matière de création d’emplois décents ;

- la capacité des stratégies mises en place pour l’accès à l’emploi décent durable pour tous ;

- les défis à relever par le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Prévoyance sociale, dans la concrétisation de sa politique.

Dans leurs interventions, les orateurs ont livré à l’assistance les réalités vécues quotidiennement au sein de leur ministère. Ils ont souligné que les forces de la RDC en cette matière de l’emploi sont essentiellement basées sur la stabilité institutionnelle et macro-économique, l’existence de la main-d’œuvre et des secteurs porteurs d’emplois (notamment l’agriculture, hydrocarbure, etc.), l’instauration du guichet unique pour la création d’entreprise (cette instance permet à tout celui qui veut ouvrir ou créer une entreprise d’obtenir les documents le plus vite possible et dans un cours délais).

Faiblesses

Les intervenants ont relevés les faiblesses majeures suivantes : inadéquation entre la formation et les offres d’emplois disponibles, l’insuffisance de la main-d’œuvre qualifiée, le désintéressement de la population aux métiers techniques (entre autres la menuiserie, maçonnerie, etc.), le refus de quitter une province pour une autre pour des raisons de travail, etc.

Défis

A cet effet, il faudrait relever les défis suivants :

-améliorer le climat des affaires ;

-renforcer les capacités des personnes œuvrant dans le secteur formel ;

- finaliser le document de la création d’emplois ;

-accroître les investissements public et privés ;

-développer et renforcer les services de l’Onem ;

-faciliter la transition de l’économie informelle à l’économie formelle ;

-implanter les tribunaux de travail dans toutes les provinces (parce qu’il en existe que trois sur toute l’étendue de la république), etc.

Si l’on parvient à relever ces défis, la RDC pourra peut-être lancée un ouf de soulagement avant de rechercher l’excellence.

Onem, instance limitée

En R.D. Congo, l’Etat a mis en place l’Office National de l’Emploi (ONEM en sigle). Ce service a pour rôle d’enregistrer les chômeurs congolais (les chômeurs de longue date comme ceux qui  viennent de sortir fraîchement de l’université).

Ces personnes sont enregistrées dans une banque de données selon la formation faite pour que lorsqu’une opportunité se présente, l’Onem fasse appel à la personne qui répond au profil, a expliqué Angélique Kikudi, directrice générale de l’Onem.

Cependant, le pouvoir de l’Onem se limité à la présélection de l’individu à l’entreprise. Quant au traitement que subira la personne au sein de ladite entreprise, cela ne relève plus de sa compétence. A ce moment là, il doit recourir aux instances habilitées.

Objectifs de la rencontre

Vu, la pertinence de ce problème sur terrain, cette rencontre avait pour objectifs de :

- permettre un dialogue ouvert entre dirigeants et gouvernés sur l’impact des politiques publiques en matière d’accès à l’emploi et défis à relever ;

- permettre aux organisations de la société civile œuvrant pour la promotion de la justice économique et sociale, d’accéder à l’information à la source sur les stratégies du gouvernement en matière d’accès à l’emploi ; et

- contribuer à amplifier la collaboration et le partenariat  entre le ministère du Travail, Emploi et Prévoyance sociale et les organisations de la société civile actives dans le secteur.

Selon les objectifs du millénaire pour le développement à l’horizon 2020, chaque pays est censé créer près d’un million d’emplois par an afin de réduire la pauvreté et promouvoir le développement. Le Congo est loin de gagner le pari bien que plusieurs réformes sont en cours en matière d’assainissement du climat des affaires, puisqu’une bonne partie de sa population travailleuse vit dans une précarité extrême.

En outre, un fonctionnaire de l’Etat est incapable de nouer les deux bouts du mois à cause du maigre salaire qu’il perçoit auprès de l’employeur qui est l’Etat que tous les jours, on ne cesse de nous parler de la stabilité macro-économique. Une stabilité qui n’a pas de répercution sur la vie sociale de la population.

Dorcas NSOMUE 

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