Osisa lance la promotion de la culture du débat

osisaAux multiples maux qui rongent actuellement la jeunesse congolaise, notamment la perte des repères, la baisse de l’esprit d’excellence, le manque de patriotisme, la démission face à la chose publique et plus encore la violence comme seule alternative et mode d’expression de ses revendications, il faut impérativement des solutions parmi lesquelles la formation passe pour un des catalyseurs principaux pour mieux opérer un changement des mentalités et de comportement des jeunes. C’est sur ce levier de la formation que l’ONG Initiative pour une société ouverte en Afrique australe ( OSISA), institution de défense des droits de la personne humaine, croit centrer son action. En effet, depuis sa création, OSISA place toujours la jeunesse au cœur de sa stratégie, estimant qu’il ne peut y avoir d’émergence d’Etats démocratiques, sans une jeunesse active et plus exigeante vis-à-vis d’elle-même, et vis-à-vis de ses dirigeants.

            A l’ouverture, hier mardi 4 novembre 2014, de la formation sur la promotion de la culture du débat au sein de la jeunesse, organisée par OSISA, dans la salle des conférences de la Paroisse du Sacré-Cœur à Gombe, à l’intention des étudiants de l’Université de Kinshasa, l’Université catholique du Congo, l’université protestante au Congo et de l’Institut facultaire des sciences de l’information et de la communication, le directeur-pays d’OSISA est revenu une fois de plus sur cet engagement de son organisation. Engagement par lequel Initiative pour la société ouverte en Afrique australe tient à promouvoir l’émergence de démocraties vibrantes et tolérantes où les peuples libérés des contraintes matérielles connaissent leurs droits et leurs responsabilités.

            Dans son discours, Nick Elebe soutient que les jeunes doivent être exigeants vis-vis d’eux-mêmes et à l’égard de leurs dirigeants. Car le sort de la jeunesse congolaise est diamétralement lié à la qualité des dirigeants élus ou à élire, ainsi que des politiques publiques élaborées et mises en œuvre dans des secteurs d’intérêts prioritaires pour les jeunes. Ces secteurs sont notamment l’éducation, le travail et la santé. C’est dans ce contexte que s’inscrit la présente formation qui vise en définitive, la création d’espaces d’expression et de débats dans lesquels les jeunes, a noté le directeur-pays d’OSISA, pourront contribuer à faire avancer leur société.

            A en croire Nick Elebe, ces espaces passent avant tout par l’identification d’une masse critique de jeunes désireux de contribuer de façon constructive au développement de politiques publiques plus justes. Ensuite, par la mise à disposition d’une formation adaptée au contexte congolais, mêlant la théorie de l’art du débat à la pratique. Et enfin, par le soutien à la création progressive de clubs de débat au sein des universités et instituts supérieurs, afin de contribuer efficacement à faire des universités, des centres d’impulsion d’idées novatrices et du savoir.

            Il espère que cette formation n’aura pas seulement vocation à doter les étudiants, de techniques leur permettant de devenir d’excellents orateurs ou de bons parleurs, mais bien plus encore pouvant les inciter à réfléchir sur leur société, à l’analyser et à conceptualiser leur société idéale.

            Auparavant, Roger Mvita, cadre d’OSISA, a dans son mot de bienvenue,  souligné qu’il est indispensable pour tout homme désireux de bien parler en public, de connaître les règles fondamentales de la parole. Nombreuses sont, à son avis, les personnes qui ont souffert, leurs études terminées, de la lacune que nous essayons de combler avec cette formation.

            Il a alors prodigué des conseils aux participants, les invitant à acquérir les fondamentaux de l’art oratoire, les techniques et la stratégie, ainsi que ceux du débat et de l’argumentation, avant de faire de distinguo entre voir, sentir et comprendre et  faire voir, faire sentir et faire comprendre.

            Roger Mvita a pour terminer paraphrasé les auteurs de l’ouvrage «  Tous orateurs ! Convaincre, négocier, s’affirmer au quotidien », soulignant que l’art oratoire n’est pas un privilège de naissance. Chacun, a-t-il fait savoir, peut devenir un bon orateur, à condition de le vouloir et de travailler.

            Enfin, il a présenté quelques formateurs dont Cyril Dilhay, Romain Decharne, de Sciences Po de Paris, ObulAdelard de l’Ifasic et Damien Mobinzo de l’Institut national des arts.

            Hier, les participants ont suivi quelques exposés introductifs devant les mettre dans le bain de cette formation qui exige une forte dose de compréhension, d’application et d’assiduité. La clôture de cette formation interviendra le vendredi 7 novembre 2014.

J.R.T.

Leave a Reply