Or : des pistes pour accroitre les recettes de l’État

Comment la production artisanale de l’or peut être orientée vers les circuits officiels et contribuer à accroître les recettes de l’État ? C’est pour répondre à cette principale interrogation que les activistes de la Société civile, délégués du gouvernement et autres experts ont cogité durant toute la journée d’hier mardi 28 octobre 2014 au cercle Elaïs à Gombe. 

A l’issue de la conférence, les participants ont recommandé, entre autres, d’accorder des moyens financiers et opérationnels aux services du ministère des Mines dans les provinces pour travailler efficacement, de réduire les tracasseries et de juguler la fraude minière ; de mettre en place une équipe interministériel pour soutenir les efforts d’assainissement du secteur minier ; de réduire à 1% la taxe à l’exploitation de l’or pour sortir les comptoirs de la clandestinité ; un  soutien du gouvernement et des partenaires internationaux d’appuyer un programme national décentralisé de formation de coopération (aurifère) ; d’encourager les initiatives de traçabilité de l’or initiée par la CEEC ; de poursuivre la mise en œuvre de six outils et d’inviter la CIRGL à encourager les autres Etats à faire de même ; etc.

Organisée conjointement par le ministère congolais des Mines, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), la coopération allemande (GIZ), l’Union européenne et SARW, cette conférence a examiné les questions fondamentales liées à « l’exploitation de l’or en RDC : défis et opportunités », au « trafic illégal de l’or congolais et ses conséquences sur la stabilité et l’économie de la RDC » et à la « certification de l’or artisanal pour un  commerce licite en RDC ».

Il convient de noter qu’au cours de leurs échanges, les participants à la conférence sur « la problématique de l’exploitation de l’or et la Certification de la CIRGL en RDC », ont observé que « le commerce illégal de l’or alimente les circuits maffieux qui pérennisent l’insécurité dans l’Est de la RDC ». A titre illustratif, au Sud-Kivu, les mines d’or de Misisi dans le groupement de Ngandja (territoire de Fizi) sont convoitées par des groupes armés qui contrôlent un trafic illégal de l’or à travers le lac Tanganyika. Il en va de même en Ituri (province Orientale), où les différentes milices « ont une mainmise sur les circuits d’exploitation artisanale et de commerce de l’or », et du Nord-Kivu avec l’épopée de l’avion arrêté en janvier 2011 à Goma, avec à bord 400 kg d’or et 1,8 million USD.

 Afin de mettre un terme au trafic illégal de l’or, la CIRGL a imposé une « traçabilité » de quatre (4) produits miniers dont l’exploitation maintient l’économie des guerres dans la région des Grands Lacs.

Il s’agit des 3T (coltan, cassitérite « dont la certification progresse depuis début 2014 » et wolframite ou tungstène) et de l’or.

Tshieke Bukasa

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