Opération d’identification : vers la maitrise des effectifs réels de la police

D’une pierre deux coups ! On a profité de l’inauguration du nouveau bâtiment administratif de l’Inspection Générale de la Police nationale pour procéder au lancement de la collecte des données de tous les policiers de la RDC. Les travaux de la réfection de ce bâtiment ont été financés par l’Union Européenne dans le cadre de la réforme de la police, a indiqué le général de Brigade Charles BISENGIMANA, inspecteur général ad intérim de la police nationale. 

            Cette opération, a-t-il soutenu, constitue la première étape du processus de la réforme de la Police Nationale dont l’importance consiste en « une opération de collecte des données qui débute ce jour par la connaissance et l’enregistrement des effectifs qualitatifs de la police pour une meilleure gestion des ressources humaines ». Pour ce faire, chaque policier devra exhiber trois documents, notamment son identité, ses origines et ses compétences intellectuelles. Cela permettra de donner une plus grande crédibilité et une meilleure image à ce corps qui est chargé de la sécurité des personnes et leurs biens.

            Le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Adolphe LUMANU a pour, sa part, insisté sur le fait « qu’il sera désormais beaucoup plus aisé de classer le policier ainsi identifié dans une fonction qui correspond à ses compétences. Celui dont la fonction sera établie sur la base de ses compétences pourra, dans le même temps, bénéficier de formations en relation avec son parcours professionnel. Il devrait en résulter, à la fois, une revalorisation de la profession, une plus grande crédibilité et une meilleure image de la police nationale ».

            Pour ces opérations de collecte, Kinshasa la capitale va bénéficier de onze sites identifiés et vingt-quatre équipes de collecte déployées à travers toute la ville-province, a signalé le vice-premier ministre en charge des Affaires Intérieures. Cependant, a-t-il ajouté, une équipe mobile sera mise en place pour prendre en charge les agents de la Police qui résident dans des zones les plus éloignées de la capitale et ceux des unités spécialisées. 

Dénoncer les manipulations des mouvements politico-militaires

            Selon bon nombre d’observateurs, cette opération d’identification arrive à point nommé. Dans la mesure où si elle est menée avec objectivité et expertise, elle sera une occasion rêvée qui permettra aux autorités de maitriser les effectifs réels des tous les agents de la Police Nationale, de connaître leurs compétences, leur cursus scolaire et académique et leurs origines pour un équilibre géopolitique, surtout pour les officiers supérieurs.

            D’autre part, cela sera aussi et surtout une aubaine pour dénoncer les faux chiffres exorbitants avancés par les mouvements politico-militaires pour gonfler leurs effectifs respectifs en vue de maintenir la tension et le suspense pour une exploitation politique. On sait par exemple que certains anciens mouvements politico-militaires avaient poussé le culot jusqu’à avancer le nombre de 70.000 hommes des troupes dont la moitié était composée des éléments de la police. Les caisses du Trésor Public furent saignées à blanc au profit de ce qui est convenu d’appeler « opération retour », l’une des sources privilégiées d’enrichissement illicite au profit de certaines complicités qui font peur. C’est ce qui a révolté le général de Brigade Marcellin LUKAMA lors de son discours de réception de nouveaux éléments de l’administration militaire accusés de favoriser ce genre des opérations qui privent le trésor public des moyens pour payer correctement les hommes des troupes.

F.M.

 

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