Objectif 2016 : les religieux lancent leur plate-forme

Les chefs des confessions ont rendu publique, samedi dernier, leur décision de jouer un rôle de médiateur dans le cadre de l’objectif 2016. Cette décision est considérée par les observateurs comme une caution a l’organisation électorale mise en place par la Ceni d’Apollinaire Malumalu qui a déjà eu a piloter, avec les dégâts que l’on sait, les élections de 2006.

Depuis la naissance de la Commission électorale en 2003, les élections organisées dans le pays ont toujours été pilotées par des religieux : Malumalu en 2006, Ngoy Mulunda en 2011 et de nouveau Malumalu pour 2016. Toutes ces élections n’ont pas apporte le bonheur au pays. Bien au contraire, elles ont enfanté le Cndp, le M23 et d’autres groupes armés.

En se référant a ce passé, la volonté exprimée par les religieux de jouer un rôle de médiateur ne peut que susciter la perplexité.

 Peut-on encore leur faire confiance ? La Commission d’Intégrité et de Médiation électorale ou CIME qui a vu le jour le samedi dernier au Centre Interdiocésain a certes été saluée par la présence fort remarquée de nombreux hommes de Dieu dont particulièrement l’abbé Apollinaire MALUMALU, actuel président de la CENI, mais elle a tout de même réveillé la méfiance et le trouble dans les esprits de ceux qui gardent encore les stigmates des tripatouillages des élections de 2006 et 2011. D’autant plus que ce sont deux religieux qui avaient piloté les commissions électorales dont les résultats ont plus divisé et énervé les congolais au lieu de leur apporter la confiance dans les institutions et leurs animateurs prétendument issus des urnes.

Qui oubliera la fameuse déclaration faite par le cardinal L. MONSENGWO le lendemain de la publication des résultats des élections présidentielle et législatives de 2011 ? Ces résultats ne reflètent ni la vérité ni la justice, avait claironné haut et fort l’Archevêque de Kinshasa au grand dam de ceux qui croyaient avoir remporté ces élections. Il sera suivi par la plupart des observateurs internationaux dont la propre épouse du candidat malheureux à l’élection présidentielle américaine de 2008. C’est de là qu’est née la méfiance entre les populations congolaises et les milieux religieux. Comment peut-on les réconcilier et surtout convaincre les couches populaires à considérer cette plate-forme comme l’église au milieu du village ?

Il est établi que c’est depuis 2004 que cette méfiance a commencé à prendre des allures d’un océan entre les religieux et les populations congolaises. Or, ironie du sort, c’est l’abbé MALUMALU qui avait présidé à l’époque aux destinées de la Commission Electorale Indépendante et il sera remplacé en 2011 par un autre religieux en la personne du Pasteur Daniel NGOYI Mulunda de triste mémoire. Ce dernier n’ayant pas eu la chance, car son mandat sera écourté au profit de son prédécesseur.

Aujourd’hui, au moment où les débats font rage entre les partisans et les opposants à la révision constitutionnelle, voilà que ce sont des religieux qui reviennent sur le devant de la scène politique avec la Bible pour chloroformer l’opinion. L’un d’entre eux et qui n’est pas des moindres, car très proche du chef de l’Etat, a poussé l’outrecuidance jusqu’à déclarer la main sur le cœur que c’est au nom du livre saint qu’il faudra procéder à la révision constitutionnelle. Des déclarations qui ont jeté l’effroi et la consternation au sein des populations alors que la même constitution proclame que la RDC est un Etat laïc. Encore une fois, les religieux s’adonnent à un jeu qui n’est pas du tout clair mais qui, au contraire, provoque le trouble et la désolation au sein de la nation congolaise.

            Bientôt la Charia ?

            Qui peut faire confiance à ces religieux dès lors qu’ils font semblant d’oublier que la RDC est un Etat laïc ? Qu’adviendra-t-il le jour où appuyés par des pétrodollars, des musulmans en arrivaient à proposer à la nation congolaise de rédiger une nouvelle constitution basée sur le Coran ? Il est donc temps d’arrêter cette comédie qui n’honore pas les religieux, car leur rôle est de veiller aux intérêts des créatures de Dieu et non de courir derrière leurs propres conforts. Les congolais sont suffisamment mûrs et ils maitrisent mieux qu’hier la faune politique autant que les milieux religieux. Ces derniers devraient éviter de poser des actes allant dans le sens contraire des intérêts de la nation congolaise et surtout de ses valeurs. C’est à cette aune que la confiance renaitra entre les religieux et ceux qui seront appelés à participer aux élections de 2015 et 2016.

 F.M.

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