OBBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT : 1.200 villages déjà assainis

« 1.200 villages sur 15.000 prévus d’ici 2012 ont été assainis à ce jour sur l’ensemble du territoire national », a déclaré hier au Phare l’ingénieur Elias Bakambu-ba-Kionga, coordonnateur national du Centre d’actions pour le développement des communautés défavorisées (Cadecod). C’est l’une des ONG travaillant avec l’UNICEF pour la réalisation du programme gouvernemental consistant à assainir 15.000 villages dans le cadre des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Il est en charge de l’assainissement des villages à Kinshasa, à l’Equateur et dans le Bas- Congo. D’autres organisations opèrent ailleurs.

            A la question de savoir les critères retenus pour déclarer un village  assaini, le coordonnateur de Cadecod en a donné huit. En premier lieu, il y a la mise en place d’un comité dynamique.

            Ensuite, 80% de la population  ont accès à l’eau potable ; au moins 80% des ménages utilisent une latrine hygiénique ; au moins 80% des ménages évacuent des ordures ménagères ; au moins 60% de la population du village lavent leurs mains au moment critique c’est-à-dire avant de manger et après avoir été aux latrines ; au moins 70% connaissent  le schéma de la transmission des maladies à partir des matières fécales et les moyens clés pour les prévenir. 

Le septième critère est le fait de nettoyer le village une fois par mois. Le 8ème critère est de certifier que le village est assaini. Cette certification est consécutive au respect des critères énoncés ci-haut pendant une année. Il y a alors une cérémonie officielle au cours de laquelle on monte un drapeau au village et il y a remise des matériels aratoires pour les activités d’hygiène.

            La Rd Congo ayant une dimension continentale, les partenaires de l’Unicef sur terrain  doivent abattre un travail de fourmi pour aboutir à l’assainissement d’un village. Les villages ou les communautés de base font un parcours de combattant évalué à huit pas. Il y a d’abord le pas zéro. Ici, l’autorité médicale se trouvant dans la zone de santé est appelée à porter l’information à la population en lui signalant l’existence du programme du gouvernement dénommé « Village assaini » qui consiste à l’accès à l’eau potable, aux latrines et le fait de se laver correctement les mains. La zone de santé présente ensuite le superviseur et l’animateur communautaire du programme. La communauté écrit alors à la zone de santé pour signaler son adhésion. Il s’ensuit un accord établissant les obligations de l’Etat et celles du village. Le comité mis en place au niveau du village est formé à la gestion des ressources et des conflits.

            Les organisations partenaires de l’UNICEF entrent en danse à partir du 3ème pas. Ce pas est consécutif à la réalisation de l’enquête dénommée CAP consistant à savoir si les communautés connaissent la transmission de certaines maladies. Les partenaires procèdent alors à l’analyse des problèmes par la communauté elle-même. Cette dernière réfléchit et donne des solutions. Un plan d’action est établi, il y a son exécution par la mise en place de latrines s’il n’y en a pas ou de pompe manuelle pour donner de l’eau potable à la population.

            Compte tenu du parcours à faire, il serait difficile d’atteindre 15.000 villages d’ici 2012. Ce travail s’avère néanmoins important pour réduire tant soit peu le nombre de décès dus aux maladies hydriques. Il y a déjà des effets positifs, car selon l’ingénieur Elias Bakambu-ba-Kionga, 23% de la population rurale a accès à l’eau potable contre 50 à 60% de la population urbaine.  

Jean- René Bompolonga

Leave a Reply