Nouvelle initiative pour lutter contre les violences sexuelles : policiers, militaires et juristes… cibles d’Inagosi

inagozi_genevieveLa ministre du Genre, de la Famille et de l’Enfant, Geneviève Inagosi Bulo Ibambi, a officiellement lancé, hier mardi 1er avril 2014 à l’hôtel Memling de Kinshasa, un programme dénommé « Femmes et Hommes, progressons ensemble », en vue d’appuyer le gouvernement et les populations locales à adopter une nouvelle approche des relations hommes-femmes visant une société congolaise plus harmonieuse et prospère. « Son objectif est d’abord de contribuer au changement des normes sociales et comportements individuels et collectifs pour favoriser une nouvelle perception de la masculinité et de la féminité dans trois provinces du pays : Kinshasa, Bandundu et Maniema » a souligné la ministre.

Programme financé par l’Union Européenne, l’Unicef et la Coopération allemande(GIZ), il vise aussi de contribuer à une meilleure répartition du pouvoir économique et du rôle social des hommes et des femmes dans les zones ciblées ; de renforcer les capacités des partenaires actifs dans la lutte contre les violences basées sur le genre(Etat et Société civile) ; et d’appuyer les secteurs sécuritaires (police) et judiciaires afin d’offrir un cadre protecteur amélioré pour les victimes des violences.

Quelques stratégies efficaces sont concoctées par les animateurs de ce projet en vue d’atteindre lesdits objectifs. Il s’agit, entre autres, de mener des investigations sur les violences basées sur le genre et d’analyser les relations de cause à effet en vue d’agir sur les causes profondes ; d’orienter les actions appropriées auprès des territoires ciblés ; de renforcer les capacités de coordination des institutions étatiques et de la société civile impliquées dans le programme ; de cibler les besoins non suffisamment couverts, etc.

Projet favorablement accueilli par les partenaires au développement, ceux-ci ont évalué un budget de 25 millions USD pour sa concrétisation.

Occasion pour l’ambassadeur de l’UE en RDC, Dumont, de témoigner que ce programme est une étape importante dans le combat pour l’égalité entre femme et homme en RDC. Ainsi, a-t-il indiqué, son organisation est déterminée à s’engager concrètement pour que cessent les violences et éclose l’émancipation féminine.

Quant à la directrice de l’Unicef, elle a évoqué quelques chiffres illustrant les disparités entre garçons et filles en RDC. Par exemple, 32% de filles sont en dehors de l’école par rapport à 26%. Alors que 40% de filles abandonnent les études, les statistiques révèlent seulement 30% chez les garçons. « Le travail dans ce programme visera à promouvoir les attitudes valorisantes dans la société afin de combler ces écarts… » a-t-elle soulignant, tout en appelant les différents acteurs à mettre ensemble les efforts en vue de renforcer l’autonomisation des filles.

Structure impliquée depuis 2008 dans l’exécution des programmes de renforcement de la police, la GIZ a réaffirmé sa volonté de travailler davantage dans ce nouveau programme « Femmes et Hommes, progressons ensemble », afin d’offrir un cadre protecteur amélioré pour les victimes des violences basées sur le genre. Comme résultats attendus des hommes en uniformes, on cite notamment la professionnalisation de traitement des dossiers d’investigations criminelles, le renforcement de la PNC en matière de lutte contre les violences basées sur le genre, le renforcement des structures de la PNC au niveau de prise de décision et l’amélioration de l’accès des groupes vulnérables à la justice.

Il convient de souligner qu’un comité de pilotage est déjà mis sur pied dans l’optique de conduire ce programme. Il est composé des représentants du ministère de Genre, de l’Ordonnateur national(COFED), de l’UE, de l’Unicef et de la GIZ. Ce comité, a-t-on appris, est susceptible d’être ouvert aux représentants d’autres services de coopération et d’autres bailleurs.

Tshieke Bukasa 

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