Notation « B3 stable » de l’agence Moody’s à la RDC : le gouvernement remet les pendules à l’heure !

matata-palais-du-peupleLe ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Finances, Patrice Kitebi Kibol Mvul, est monté au créneau, hier mercredi 11 septembre 2013 dans son cabinet de travail, pour éclairer l’opinion sur la note de la dette souveraine attribuée par l’agence Moody’s à la République Démocratique du Congo. Dénommée « B3 stable », a-t-il expliqué, cela veut dire que la dette de la RDC présenterait un risque de crédit élevé mais n’est pas considérée comme de « mauvaise qualité » ou « présenterait un risque de crédit très élevé ». « On n’est pas le dernier de la classe, pas non plus le premier ! La situation va changer, mais pas à court terme…»a-t-il clamé.

En clair, développe-t-il, la meilleure note disponible chez Moody’s est la note « Aaa » qui signifie que les perspectives de remboursement sont excellentes. La pire note est « C », ce qui signifie que l’emprunteur est en situation de défaut de paiement. « S’il fallait classer les catégories des emprunteurs en 4 groupes, par ordre croissant du risque, la note de la RDC se situerait dans le 3ème groupe mais à la dernière place » a fait noter le ministre.

Concernant la perspective « Stable », le ministre fait noter que contrairement à une perspective négative et positive, elle signifie que l’agence ne s’attend pas à un changement significatif à court terme dans un sens comme dans l’autre sauf évènements non anticipés.

 Les critères de la notation

Avant de développer les raisons qui ont prévalu à cette notation, le ministre Kitebi a expliqué à l’assistance les motivations de recourir à une Agence internationale : la nécessité de mettre à la disposition des investisseurs des informations leur permettant d’évaluer le risque encouru par la détention de tel ou tel actif financier. « Par souci de crédibilité des informations, les emprunteurs, dont les Etats, évitent de se juger eux-mêmes. Ils recourent ainsi à une agence indépendante qui est censée a priori donner l’information la plus objective possible » a-t-il indiqué, révélant par ailleurs qu’une évaluation indépendante a été commanditée à deux de 3 agences qui ont notoriété internationale. Moody’s a achevé son travail d’évaluation et, en accord avec le gouvernement, les résultats ont été rendus publics en date du 6 septembre 2013 sur le site de l’agence. Quant à Standard and Poor’s, elle va se prêter au même exercice dans les prochains jours.

Au sujet des facteurs sur lesquels se base cette notation, le ministre Patrice Kitebi a cité la solidité de l’économie, critère qui interroge la capacité de l’économie à produire de la croissance et apprécie le niveau de vie de la population ; la solidité institutionnelle qui a trait à la qualité des institutions et, par conséquent, à leur capacité à gérer la production et l’allocation de ressources de manière soutenable.

Autre critère, c’est la solidité financière du gouvernement, se mesurant tant qualitativement que qualitativement par rapport à la situation budgétaire du gouvernement.

Enfin, le dernier test a porté sur la vulnérabilité de l’économie aux chocs exceptionnels. Ici, l’agence essaye de savoir dans quelle mesure l’économie du pays est susceptible de résister aux chocs politiques ou économiques internes et externes, c’est-à-dire ayant leur origine dans d’autres économies ou tout simplement concernant l’économie mondiale.

 Pourquoi le résultat « B3 stable » ?  

Selon Moody’s, rappelons-le, le résultat s’explique par 4 éléments. D’abord, l’économie congolaise est fragile malgré un potentiel de croissance très important ; ensuite, la grande précarité institutionnelle mais des perspectives d’amélioration sérieuses vu les réformes en cours. L’agence a aussi relevé la faiblesse des paramètres budgétaires avec une amélioration effective et attendue ; et enfin, que la vulnérabilité de l’économie congolaise est due à des chocs politiques, comme les conflits à l’Est, et économiques extérieurs, en particulière une baisse des prix des matières premières.

« Moody’s ne classe pas la RDC dans la toute dernière catégorie parce qu’elle reconnait les progrès réalisés par le pays et s’attend à des résultats effectifs découlant des reformes en cours » a-t-il martelé.

Des leçons à en tirer

Soucieux de mettre en avant-plan la transparence sur la gouvernance de la RDC, telle que prônée par le président de la République, le gouvernement comprend cette notation comme une traduction de cette volonté en la matière. « Nous n’avons pas à cacher nos faiblesses, mais il est dorénavant question de dire ce que l’on va faire, et de faire ce que l’on a dit, et ce, tout en se soumettant à l’appréciation objective des autres, dont les investisseurs »

            En présence des dirigeants des régies financières (DGDA, DGI, DGRAD, etc.) présents dans la salle, Patrice Kitebi a déclaré que la leçon a tiré de cette évaluation est d’être conscient de la fragilité de notre économie et des risques internes et externes auxquels elle doit faire face. « La meilleure stratégie est dès lors une gestion rigoureuse et prudente si nous envisageons d’améliorer cette note et attirer davantage d’investisseurs. Le chemin à parcourir est long, mais il faut maintenir le sacrifice et endurer les réformes » a-t-il conclu.

Tshieke Bukasa

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