Nos semenciers face aux exigences de la SADC

L’Association Interprofessionnelle des Semenciers du Congo « Aisc » en partenariat avec l’Association Africaine de Commerce des Semences «  Afsta » a organisé le lundi 27 septembre 2010 à l’Alliance Belgo Congolaise un atelier pour la mise en œuvre des systèmes harmonisés de réglementation  semencière  de la Sadc en RDC. La Présidence de la République y était représentée par le conseiller principal en charge de l’Agriculture et Développement Rural. Emmanuel Libendele.  Willy Maingolo, conseiller chargé d’étude  était là pour le compte du ministre de tutelle.

 Faire un état des lieux  des  systèmes d’homologation , certification  et des mesures phytosanitaires en RDC, élaborer un plan d’action pour le renforcement des capacités des acteurs de la filière semences… sont trois des objectifs assignés à ce rendez-vous. 

Harmonisation des  réglementations  semencières :  Système de la Sadc, harmonisation des réglémentations  semencières  de la Sadc : mise en œuvre en RDC et compétitivité  de l’agriculture congolaise  dans une économie africaine intégrée : cas de la filière semence, Aisc : dans le secteur  semencier congolais… sont quatre des interventions retenues au programme. Kandu Kasongo, coordonnateur du Service national des semences « Senasem », Aimé Makombo, secrétaire général de l’Aisc, Pierre Bukasa, président des semenciers congolais ont développé les modules cités ci-haut…

            L’Aisc existe depuis 2004, a-t-on entendu.  La  RDC  étant membre de la Sadc, l’intégration à ce regroupement économique et politique a  comme conséquence la circulation des semences comme d’autres biens dans cet espace régional.  Par ailleurs, la différence des normes est un obstacle majeur à une intégration effective. La RDC a déjà ratifié le protocole d’accord relatif au problème des variétés des semences.

            Néanmoins pour qu’une variété soit homologuée  au catalogue régional, elle  doit d’abord être reconnue comme telle au niveau d’au moins deux pays. Et cela au terme des tests ( épreuves de valeur culturales…)

Or, il se  fait que la RDC n’a pas encore la loi semencière.   Le chemin à parcourir pour faire inscrire une variété au catalogue régional est long. L’introduction du dossier, les frais à payer, le dépôt des échantillons…, sont les étapes à parcourir pour faire cataloguer une variété au niveau régional. Par ailleurs, notre réglementation technique bien que révisée en 2008, doit être actualisée de nouveau pour répondre aux exigences des pays de la SADC. En ce qui concerne la germination, le pourcentage requis est de 80 ou 90 pour le mais, et 75 pour l’arachide.. L’inexistence de la loi semencière cause d’énormes soucis aux semenciers.

            Le conseiller principal du Chef de l’Etat en charge de l’Agriculture, Développement Rural a apporté la précision selon laquelle l’avant projet de cette loi était parvenue au niveau du Conseil des ministres. L’ayant jugé moins bien ficelé, on l’a retourné au ministère de tutelle pour des  retouches. Emmanuel Libendele a promis aux semenciers de tout mettre en œuvre pour faire accélérer ce dossier.

             La RDC a 61 millions d’habitants  sur les 247 millions que compte la Sadc. Sa population représente 18 %  de celle de l’ensemble des pays du Comesa. Mais son Pib, ou encore ses exportations sont négligeables par rapport aux pays comme la République Sud Africaine, l’Angola….

            Ayant déjà pris place à bord de l’espace « Sadc », nous risquons d’être écrasés si nous ne parvenons pas à refaire notre retard.

            Les intervenants ont plaidé pour l’équipement en chambre froide du Senasem. Cette chambre froide servira au stockage des échantillons en vue des tests à faire pour les différentes variétés reprises dans le catalogue national. Ils ont déploré le peu d’empressement des paysans et autres personnes à adhérer aux comités provinciaux des semences ou encore au Comité national des semences « Conasem ». C’est dans quatre des onze provinces du pays que les semenciers sont relativement actifs. La recherche est peu efficace. Elle se fait à l’université et à l’Inera. Par ailleurs, l’agriculture en RDC tarde à être professionnalisée.

            En se retrouvant ensemble, les semenciers et experts des problèmes agricoles vont donc cogiter sur les enjeux liés  à l’intégration régionale. Et par la même occasion étudier des voies et moyens pour accroître la compétitivité  de la filière semence en RDC. De nos jours, nous  recourons souvent aux importations massives des semences pour des raisons évidentes.

            Les exposés ont été suivis des travaux en groupes et d’une conclusion. 

Jean- Pierre Nkutu

Leave a Reply