Nord-Kivu : à quand la mobilisation générale ?

C’est depuis bientôt deux mois que le Nord-Kivu est à feu et à sang, à la suite d’une agression armée portant la signature du Rwanda. Alors que les morts, les blessés, les victimes des viols, des vols et ainsi que d’autres formes de violences font désormais partie du quotidien de nos concitoyens de cette partie de la République, la majorité des Congolais donnent l’impression de ne pas être concernés par cette nouvelle page noire de l’histoire nationale. A la veille du 52me anniversaire de l’indépendance, le climat semble plutôt à la fièvre des réjouissances qu’occasionne cette fête nationale.
Dans ce climat de manque criant de solidarité avec les frères et sœurs en difficulté au Nord-Kivu, l’on a tout de même enregistré, le vendredi 22 juin 2012 à la Cathédrale Notre Dame du Congo, dans la commune de Lingwala, à Kinshasa, un culte religieux catholique consacré à une prière pour le retour de la paix dans cette province. Dans un pays de près de 70 millions d’âmes, une seule messe pour le Nord-Kivu en deux mois de « guerre » est une catastrophe.
Il est temps que les Congolaises et Congolais, à commencer par ceux qui sont aux affaires, se lèvent comme un seul homme pour protester massivement et bruyamment contre les bruits de bottes planifiés par leurs voisins rwandais à l’Est du pays. Une mobilisation générale de la population et des gouvernants congolais devrait se traduire non pas par une seule messe mais plutôt des milliers de cultes religieux dans toutes les églises de toutes les confessions religieuses, sur l’ensemble du pays.
 
Concomitamment aux prières, des manifestations et marches de colère contre le Rwanda devraient être organisées, à fréquence régulière, aux quatre coins de la République. Les ennemis de la paix au Nord-Kivu devraient savoir que le peuple congolais en a marre de pleurer et enterrer ses morts à cause d’un voisinage belliqueux à l’Est et qu’il est prêt pour la riposte.
En 1998 lors de l’invasion du pays et surtout de l’occupation du barrage hydroélectrique d’Inga, au Bas-Congo, le peuple congolais avait montré sa capacité de résistance aux agresseurs rwando-burundais qui avaient tenté de prendre, sans son accord, la citadelle imprenable qu’est Kinshasa. En 2004, un large échantillon du patriotisme des Congolais avait fait peur au colonel rwandais Jules Mutebusi et à son alter ego Laurent Nkunda dans leur dessein funeste d’occuper militairement la ville de Bukavu.
 
Si ceux qui gouvernent la RDC en 2012 pouvaient lancer, avec force, des appels à l’auto-défense populaire, à la prise de conscience collective contre le péril de la balkanisation, à la sensibilisation de toutes les forces vives de la Nation contre la nouvelle « guerre » de l’Est, les choses pourraient sérieusement bouger sur le terrain. Parallèlement aux actions de protestation, la parole devrait être « libérée » afin de permettre aux débatteurs nationaux d’échanger, publiquement comme en privé, sur les tenants et aboutissants de l’agenda caché du Rwanda au Nord-Kivu, avec malheureusement la complicité de certains de nos frères et sœurs, patriotes de pacotille.
 
Kimp

Leave a Reply