Négociations de Kampala : Kinshasa- M23 : le message de Sassou

 

Pendant que le déclic se faisait encore attendre à Kampala pour le redémarrage des négociations entre le gouvernement de Kinshasa et la rébellion du M23, après la trêve intervenue le 21 décembre 2012, un message spécial est parti de Brazzaville en direction des « frères ennemis » congolais. Son auteur : Denis Sassou Nguesso, président de la République du Congo et virtuel président en exercice de la CIRGL (Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs).

Celui qui fait désormais partie du cercle fermé des sages du continent africain a pris prétexte de la présentation des vœux aux ambassadeurs accrédités dans son pays pour se rappeler à la mémoire collective de ses frères et sœurs du Congo démocratique. Appelé à prendre incessamment le relais du président ougandais Yoweri Museveni, dont le mandat à la présidence tournante de cette organisation vient d’expirer, celui qui devrait assumer la charge de nouveau médiateur dans la crise devenue congolo-congolaise a donné de la voix pour exhorter les « négociateurs » de Kampala à privilégier le dialogue.         

          Selon Denis Sassou Nguesso, le règlement pacifique de la crise congolo-congolaise est l’unique challenge valide pour préserver la paix et la sécurité dans la sous-région des Grands Lacs, sans préjudice de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo. Très cité comme le sapeur- pompier tant souhaité par l’opinion intérieure congolaise, le président du Congo / Brazzaville a délivré un message qui fait penser que le temps n’est plus loin où il va prendre en charge le brûlant dossier congolais. La passation des pouvoirs entre lui et le président Museveni est vivement souhaitée, compte tenu de la méfiance qu’inspire ce dernier à des millions de Congolaises et Congolais, au regard du rôle actif que joue l’Ouganda dans la déstabilisation de la RDC, en synergie avec le Rwanda.

          Nombre de nos compatriotes pensent que Denis Sassou Nguesso répond au profil de médiateur neutre capable de travailler réellement pour le retour de la paix dans la partie Est de notre pays.

Une sortie médiatique pleine de sous-entendus

La sortie médiatique du président du Congo/Brazzaville semble pleine de sous-entendus. En insistant sur le dialogue et le règlement pacifique de la crise congolaise dans le cadre de la CIRGL, n’annonce-t-il pas les couleurs de son futur et tout proche mandat à la tête de ce forum Sous-régional ? Tous ceux qui souhaitent le voir récupérer sans délai le dossier congolais considèrent d’ores et déjà Kampala comme une parenthèse destinée aux réglages relatifs à la mise en œuvre du règlement intérieur et de l’ordre du jour.

          Le vrai dialogue congolo-congolais, en grand format, est-il réservé pour Brazzaville, comme le souhaitent depuis longtemps plusieurs sources ? D’aucuns sont tentés d’y croire. On voit en effet mal Denis Sassou Nguesso laisser les délégués congolais jouer d’interminables prolongations dans la capitale ougandaise, au moment plusieurs fronts militaires sont ébullition en Province Orientale, au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et au Katanga.

          L’avenir de la RDC parait de plus incertains, à la lumière de l’activisme de plusieurs groupes armés dans les parties Nord et Est du pays, dans un schéma qui fait penser à l’exécution d’un plan de balkanisation territoriale concocté de longue date. Le « ventre mou » de la République bouillonne à une cadence qui accrédite la thèse d’une crise interne fondée sur un nombre incalculable de divergences, auxquels sont désormais étrangers les régimes de Kampala et Kigali. L’insécurité ambiante dans de vastes espaces du territoire national serait-elle liée à l’exigence du M23 d’obtenir un cessez-le-feu, alors qu’en principe les armes se sont tues au Nord-Kivu depuis le 1er décembre 2012, date de son retrait de la ville de Goma ? Cette demande de cessation d’hostilités continue de paraître suspecte car les FARDC ne sont pas à l’offensive. Au contraire, elles sont l’objet d’attaques surprises de la part des « forces négatives » internes qui paraissent avoir souscrit à la cohabitation pacifique avec les troupes loyalistes, dans la perspective de leur intégration par le processus de « brassage » ou  « mixage », selon le cas. Leur inimitié soudaine à l’égard des FARDC donne à penser qu’elles seraient manipulées à partir de Kigali ou Kampala, pour barrer la route à la paix.

Kimp

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