Naufrage du Lac Albert : Muyej s’explique

A l’initiative de leur collègue Ernest Hamuli Kitsa, les Sénateurs ont reçu ce lundi 7 avril le rapport du gouvernement sur le naufrage ayant coûté la vie à 251 Congolais réfugiés en Ouganda. C’était au cours de la séance plénière consacrée à l’audition des membres du gouvernement, en réponse à la question d’actualité adressée à l’Exécutif national sur le sujet.

 

L’auteur de la question voulait, au nom de l’ensemble des Congolais, être éclairé sur les circonstances et causes qui ont entraîné la mort des compatriotes qui rentraient au bercail après quelques années passées en terre ougandaise suite à l’insécurité créée par des groupes armés qui écument l’Est du pays. Ernest Hamuli voulait également connaître le sort des rescapés et les mesures prises par le gouvernement pour que de tels drames ne se répètent pas dans l’avenir.

Trois membres du gouvernement étaient concernés par la question. A savoir : les ministres de l’Intérieur, des Transports, et celui des Affaires sociales et humanitaires. Il importe de signaler que le ministre de l’Intérieur était accompagné de son vice-ministre en charge de la Décentralisation et Affaires coutumières.

Répondant au nom de ses collègues, le ministre de l’Intérieur, Richard Muyej, a commencé par décrire le contexte qui a fait que les Congolais se retrouvent en dehors de leurs terres, avant de donner des explications sur le naufrage du samedi 22 mars 2014.

En effet, des compatriotes, notamment ceux du Nord-Kivu, avaient fui à l’époque l’insécurité grandissante provoquée des groupes armés qui n’hésitaient pas à donner la mort aux paisibles citoyens.

Parlant du naufrage, le ministre a dit que c’était de leur propre initiative que les réfugiés s’étaient arrangés pour louer une embarcation qui n’offrait pas de garantie de sécurité pour regagner le pays. Ce qui fait qu’il n’y a pas eu de manifeste à l’embarquement.

Toutefois, il a avancé le nombre de ceux qui étaient montés dans le fameux bateau de la mort. Sur les 292 personnes au départ, 251 ont trouvé la mort et 41 ont survécu.

Par ailleurs, il a dit que sur les 109 corps repêchés, 89 ont été remis aux autorités locales congolaises pour inhumation. Les autres en état de décomposition avancée, ont été enterrés en Ouganda. L’accident s’était produit du côté ougandais, a informé le ministre.

Quant à la description du navire naufragé, Richard Muyej a dit que c’était une embarcation de fortune, de type pirogue motorisée d’après des informations obtenues des autorités ougandaises. Le bateau de la mort n’offrait aucune garantie au plan de la sécurité. La surcharge aurait joué davantage en défaveur des voyageurs, selon les mêmes sources.

MuyejPour ce qui est des dégâts, hormis les pertes en vies humaines, tous les biens des victimes ont été perdus dans le naufrage.

En plus, a-t-il poursuivi, l’embarquement s’était passé dans la clandestinité, en dehors des services habilités pour donner l’autorisation de voyager. Le propriétaire du bateau avait opéré l’embarquement en dehors des ports officiels pour échapper au contrôle des services compétents.

Pour éviter la répétition de tels drames, la tripartite RDC-Ouganda-HCR a été mise en place afin de préparer un retour sécurisé des réfugiés congolais qui souhaitent rentrer chez eux, a-t-il annoncé. Une réunion se tiendra dans ce cadre, du 14 au 16 avril courant en Ouganda en vue du retour sécurisé des candidats volontaires au rapatriement le 21 avril prochain.

En outre, le ministre de l’Intérieur a annoncé l’ouverture prochaine par la République Démocratique du Congo d’un poste consulaire dans la localité ougandaise de Kasese.

Dom

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